23.2.08

Singe Vert N° 26 La vertu poil au cul

Rédacteur : Bernard Collignon
qui tient absolument à se faire prendre pour un con.
"Il y a quelque chose de désagréable pour le lecteur à se voir ainsi imposer
son propre point de vue."
Réponse du Singe Vert :
"ta gueule"

DER GRÜNE AFFE - RESPECTEZ POIL AU NEZ LA VERTU
La vertu j'en ai marre. C'est comme les pédés, j'en ai plein le cul. On me dit que je suis puéril j'en ai plein le cul. Ca fera deux culs. Que ça ne se fait plus. Je m'en fous. Que je n'intéresse personne. Tu jettes ce torchon, tu ne vas pas plus loin et tu fais pas chier.
Que je suis vulgaire. Ta gueule.
Bon, tu as continué ? Je continue.
J'ai cinquante-six ans, plus rien à perdre (si, ma maison ; tu n'as a qu'à me faire un procès, parce que j'ai le nez au milieu de la figure par exemple : ça marchera, tu trouveras toujours quelqu'un pour me faire condamner. "On vit une époque formidable". )
Il y a des histoires de viol qui commencent à me faire gerber. Des types se font condamner pour avoir commis des saloperies. Ca m'interpelle coco. Ces types-là n'appartiennent plus au monde des hommes, il souillent la virilité. Le viol ça fabrique des lesbiennes. Tu me diras que ça ne change pas grand-chose, vu ce que c'est de toute façon que les femmes, on les fait déjà vomir, alors un viol en plus tu parles. Ce qui ne veut pas dire qu'on peut y aller. J'ai pas dit ça. Maintenant il y a viol et viol.
Un viol pour moi c'est un cassage de gueule, une menace, avec une arme, ou trois hommes contre une femme, ou un salopard contre un enfant. Pas de pitié. Un adversaire de la peine de mort, c'est un type qui aimerait choisir ses condamnés - les frères Jourdain, on peut leur casser la tête sous un tas de pierres, je ne viendrai pas pleurer.
Mais là où je ne marche plus, c'est quand on brise la vie d'un mec pour des "attouchements". C'est quoi, des attouchements ? C'est de la tendresse. Qui fout toute une vie de gosse en l'air. Faut croire que c'est balourd, comme tendresse, que ce n'est pas très affûté, comme argument. Mais je voudrais bien établir une différence : c'est que tant qu'il ne s'agit que de caresses, sans violences, sans pénétration, sans gosse qui se débat en criant "Non, non" - il n'y a pas lieu de foutre la vie d'un pauvre type en l'air.
Une fille qui se fait caresser par un homme, ce n'est pas grave. Désolé. Plus tard, elle devra bien se faire toucher par un homme elle aussi. Elle le demandera peut-être. Ce sera son choix. Son apprentissage n'aura peut-être pas été de première fraîcheur, mais ça ne l'aura pas engagée dans une mauvaise voie. Et puis si elle devient lesbienne, franchement, vous pensez vraiment que ça fera une différence avec une femme ordinaire ? Tandis que je suis partisan de la dernière sévérité lorsque ces attouchements auront été le fait d'un homme sur un petit garçon ou sur un jeune garçon.
Car quoi qu'on en dise, quoi qu'en disent les femmes en particulier qui ne connaissent rien, mais alors strictement rien à la question ("Au moins avec les pédés, on est sûres de ne pas se faire emmerder", avec ça elles ont fait le tour de la question, bravo les filles vous êtes intellos et tout et tout) - il est beaucoup, il est infiniment, il est inimaginablement plus traumatisant pour un jeune homme de se faire désirer, violer, par un homme que par une femme. Il risque d'être engagé dans une voie irréversible, et de se voir contraint à l'homosexualité, d'une façon répugnante, avec jouissance de la souillure.
En revanche, s'il a été tripoté par une femme, c'est tout bénéfice. Moi aussi j'aurais bien voulu me faire initier comme on dit par une femme plus âgée. Je n'aurais peut-être pas été obligé de courir les putes comme j'ai dû le faire. Ne parlons pas d'une petite fille initiée par une femme, ça n'existe pas, et même, il n'y a rien de meilleur pour une femme que de trouver une partenaire du même sexe.
Je suis désolé, il est toujours aussi ultra-difficile de vivre dans la société d'aujourd'hui dans l'acceptation de son homosexualité masculine. Quant aux femmes, elles se font ça tellement souvent et sans y penser plus à mal que si elles buvaient un verre d'eau - que je ne vois pas où est le problème pour elles.
Mais qu'on ne vienne pas mettre dans le même sac un cochon d'ecclésiastique qui tripote ses enfants de choeur mâles, je te lui foutrai douze ans ferme sans barguigner, et un homme mûr plein de tendresse pour des lolitas en mini-jupe qui se branlent cinq fois par semaine et qui trouvent leur compte de tendresse flatteuse et distinguée dans les attentions délicates d'un hédoniste raffiné avant de porter plainte, excitée dix ans après par des rombières avides de castration.
On me parle de "domination" de l'adulte, de "manque de choix" de l'enfant, ce sont des arguments tout de même qui ne se jettent pas à la poubelle à la légère. Soit. Evitons la généralisation, et jugeons très minutieusement, au cas par cas. Mais la domination, c'est tout de même bien le lot commun. Vous croyez que je choisis, moi ? Que je ne suis pas soumis à la domination castratrice, tout adulte que je suis, des gonzesses qui se mettent à ricaner dès qu'elles voient sur ma tronche l'ombre d'un soupçon de désir ou de simple tendresse ?
Parce que je suis vieux, moche, impuissant et très con ? Et tous les hommes qui manquent de séduction ou de pognon alors, ils ne sont pas dominés peut-être ? Et les boudins méprisés par les mecs ? Elles ont le choix, peut-être ? Et toutes les femmes qui deviennent cons comme des balais parce que les hommes les ont prises pour des déversoirs à couilles ? Vous me croyez assez con pour mettre toujours tous les torts du même côté ?
...La morale en ce moment, c'est "Faut tout leur couper". La bite, ça fait mal, le sperme, c'est dégueulasse. La vertu, j'en ai marre. Je récapitule : d'un homme sur un petit garçon, le maximum ; d'un homme sur sa fille, inceste, gros salopard, espèce de porc dénaturé, le maximum et plus si possible ; d'un homme sur une fille, s'il y a violence, le maximum ; s'il y a attouchement et tendresse, indulgence, domination ou pas, vous entendez, indulgence ; même chose sur une femme, selon le degré de violence.
Je maintiens que si les femmes étaient un peu plus attentive à la demande masculine, un peu moins coincées, un peu plus conscientes que tout simplement, mais oui Mesdames, "mon Dieu comme c'est bizarre et quelle curieuse coïncidence", les hommes fonctionnent différemment des femmes, et que là où la femme se contente de se masturber pendant des années sans entrevoir même où est le problème, l'homme a besoin d'un vrai contact - quelle bestiale primitivité n'est-ce pas ? un corps d'homme, beûrk ! "Qu'y a-t-il de plus laid qu'un sexe masculin?" - entendu à "Bouillon de Culture" - d'ailleurs je suis bien d'accord, c'est carrément répugnant - eh bien nous verrions diminuer du moins je l'espère dans mes fantasmes de malade optimiste, le nombre d'agressions sexuelles de tout ordre...
Ce sont les femmes honnêtes qui font les viols, les putes et la pédophilie. Tout ce parcours du combattant qu'elles imposent à tous les hommes qui mendient un peu de tendresse, avec ces complications psychologiques, pour ne pas dire ces sacs d'emmerdements qu'elles appellent "l'amour" - je revomis du Montherlant, là, d'accord, ce n'est pas terrible - "Le Singe Vert ne nous apprend rien !" - eh, spèc'eud nulle, je m'en fous d'apporter du nouveau moi, je m'en contrefous d'être banal et je t'emmerde, qui t'a parlé de "solution" ?
...Je laisse ça aux donneurs de leçons, les politiques et les lectrices du courrier du coeur... Moi je n'ai pas, j'espère bien ne jamais avoir de "solution" à proposer, "la bêtise consiste à vouloir conclure" dit à peu près Flaubert -C'est qui Flaubert ? - Ta gueule." (Tu ne vois pas que je m'amuse ? que je comble ? faut tout leur dire... - Ben alors pourquoi qu't'écris ? - Je ne sais pas. - Ben pourquoi tu nous emmerdes ? - Tu jettes le journal, tu écoutes Bach, ça ira mieux. - Pourquoi tu m'envoies ça, à Moâ ? - Pour te parler. Par fraternité. Si ça ne te plaît pas, voir plus haut) - bref, la morale, j'en ai plein le cul.
Quant aux agressions de femmes sur des hommes, alors là on navigue en plein phantasme, les mecs. Les femmes n'en ont rien à foutre, des hommes. Comme disait la soeur de mon gendre, "Quand je veux des hommes, je tape du pied sur le mur et il en tombe des masses." Il y a quelques scénaristes malades, c'est tout. J'estime que s'il y a des "agressions sexuelles", c'est bien des femmes qu'elles proviennent, avec leurs robes à ras la touffe et défense de toucher, que dis-je ? de regarder.
La main aux fesses,c'est une insulte à la sensualité féminine, qui a besoin de longs et délicats prélilinaires (pas seulement physiques, mais sociaux, ce que j'appelle "le parcours du combattant") et jamais un type n'est parvenu à quoi que ce soit avec ce procédé de bidasse. Mais le cul à l'air avec défense de regarder, "gros obsédé", c'est également une insulte à la sensibilité sexuelle masculine, qui veut, elle, du concret, et que l'on castre. Tu donnes aux yeux, tu donnes à la main, point.
C'est banal. J'enfonce des portes ouvertes. Dénoncer la faim dans le monde, c'est enfoncer des portes ouvertes. Réclamer la paix au Moyen-Orient, c'est enfoncer des portes ouvertes. Brailler contre les saloperies qui séjournent dans nos assiettes, c'est enfoncer des portes ouvertes. Mais reprocher aux autres d'enfoncer des portes ouvertes, alors là, c'est bien l'enfonçage de portes ouvertes le plus banal, le plus rebattu, le plus connard qui soit. Alos comme ça, les autres auraient le droit d'enfoncer des portes ouvertes, et pas le Singe Vert ? Ben merde alors.
Vulgaire ? Se donnant toutes les peines du monde pour être original et vulgaire ? Et alors ? Nous en sommes tous là sur la terre à vouloir nous faire remarquer, mais comme nous sommes plus de six milliards nous y éprouvons bien du mal. Comme d'être bien poli bien mouché et tout et tout ça ne donne rien, eh bien je fais dans le vulgaire. Si vous voulez des articles bien chiadés avec de la grammaire et des points de vue nuancés, voyez Duhamel et Gérard Minc. Ou les éditoriaux de Sud-Ouest, ou du Dauphiné Libéré, ou de Nice-Matin.
Si ça se trouve - si ça se trouve ! - ils sont encore plus vulgaires que moi. - Mais tu n'es pas drôle ! - Et qui a dit que j'étais le larbin chargé de te faire rire ? - Mais tu n'es pas intéressant ! - Ca c'est ton problème mon vieux. Tu me largues et on n'en parle plus. Mais la morale, j'en ai plein le cul. Wagner appelait ça un Leitmotiv. - Ben mon vieux t'es pas Wagner. - Tant mieux. Mit der Morale habe ich den Arsch voll.
...C'est comme la censure de Renaud Camus, tiens ; vous croyez que ça ne me fait pas braire de lire une "version expurgée" de son tome de "Campagne de France" ? Déjà qu'il faut à ces mammouths ineptes de l'édition un délai de cinqs années entre la rédaction du texte et la publication - t'en fais pas, ce serait la vie sexuelle (en a-t-elle une ?) de Laetitia Casta, on te torcherait ça vite fait en trois mois et en promo - mais en plus s'apercevoir qu'il manque des demi-pages entières, des fins de phrase après virgule suspendue dans le vide, c'est quoi, ça ?
C'est comme dans les éditions scolaires alors ? Bibi-la-Grillade propose à Gervaise dans "l'Assommoir" de s'asseoir sur ses genoux parce que ça serait plus tendre, allez on sucre pour ne pas effaroucher les pucelles à cinq branlettes par semaines et on continue le texte - alors nous, pauvres puceaux d'imbéciles de connards de cochons de payants de lecteurs, on n'est pas capables de s'apercevoir quand Renaud Camus écrit des conneries et quand il est super ?
Nous n'avons donc pas assez de discernement, nous autres lecteurs adultes de la fin du XXè siècle, pour nous apercevoir que les expressions "race juive" et "français de souche" sont parfaitement dégueulasses, il faut qu'on nous les supprime, qu'on les ôte de devant nos chastes yeux pudibonds? Ces blancs dans le texte sont une insulte au lectorat, à son discernement, à son intelligence. J'entendais l'autre jour madame Maud tabachnik proposer que l'on inscrivît sur les livres douteux, de Renaud Camus, de Drieu la Rochelle, de Brasillach, "attention, produit dangereux", ni plus ni moins que sur des paquets de cigarettes, pour avertir le lecteur de son caractère nocif - de qui se fout-on ?
Est-ce que sur les éditions de Shakespeare et de Walter Scott ("Ivanhoé" !) on
va imprimer : "Attention, passages antisémites ? sur celles de Flaubert, "Attention, ce dangereux réactionnaire a regretté qu'on n'ait pas exécuté deux fois plus d'ouvriers après la Commune de Paris en 1871" (c'était pas au programme, va refaire du rap et fais pas chier) ? En bas des oeuvres ce Villon "Ce dangereux individu a poignardé un prêtre" - aussi bourré que lui, mais passons... Eh oui je me répète, eh oui le Singe Vert radote, mais il y en a besoin croyez-moi.
Revenons à Renaud Camus - et non pas "Camus*" tout court, comme on lit dans le courrier de Marianne : "...ce que sont les Juifs pour Camus", eh, oh, Renaud s'il vous plaît, pas Albert,et pas le chanteur non plus, il y a les torchons, les serviettes et les serpillières - merde ce que les gens sont devenus cons c'est pas possible, tu dis n'importe quoi tu auras toujours quelqu'un pour comprendre le contraire - eh bien, il semble que des notes en bas de page auraient suffi, non ? si l'on y avait absolument tenu !
Comme Molière, tenez, quand il fait parler son sublime athée appelé "Don Juan", et qui a cru bon, et ce l'était ! hélas ! ce l'était ! d'imprimer en bas de ses répliques les plus audacieuses : "C'est un scélérat qui parle !" - car il a risqué le bûcher notre Molière, parfaitement ! C'est l'abbé Rouillé - des noms ! des noms ! - qui menaçait de le faire brûler en Place de Grève ! Bon, Renaud Camus n'est pas Molière, tant s'en faut, il est même souvent parfaitement chiant, mais n'attendez longtemps "qu'à ce refrain ne vous remène" : la vertu, j'en ai plein le cul.
SIGNE LE SINGE VERT.

Aucun commentaire: