27.4.08

Singe Vert N° 21 Célébration du porno

Quelle ne fut pas ma surprise ! Ca alors ! Même Charlie-Hebdo, ma publication favorite, entonnait la rengaine du porno "qui n'est pas du cinéma", qui est "ennuyeux", qui avilit la femme, le corps et la sexualité en général" - je ne cite que de mémoire. Merde alors ! le contempteur du "retour à l'ordre social" se met à emboîter le pas aux curés, aux bonnes femmes du Womens Lib et à toutes les bonnes femmes en général d'ailleurs, car le porno, c'est comme le foot : à 90% masculin.

Parce qu'à Charlie-Hebdo, les rédacteurs je suppose se la joue couillu éternel, la baise franche et joyeuse, y a qu'à se baisser, les filles c'est facile et la peinture à l'eau c'est salaud. Nous avons remisé toutes ces vieilles pétaineries pudibondes au rancart, tout le monde se regarde droit dans les yeux et se fait son contrat baise d'homme à femme ou de femme à femme etc (x possibilités).

Bref l'éternel, le sempiternel, le gerbatif Y A QUA. C'est exactement comme trop souvent la prétendue éducation sexuelle encore maintenant : aucun renseignement de la part des parents, et à partir &un certain moment "Oh ben vous devez être au courant de tout, maintenant" - que dalle ! Maintenant que la grande révolution (le 'Y' est un lapsus ordinatoris, mais il est trop beau) sexuelle disais-je est accomplie, les filles se baladent à poil y a qu'à leur demander, les mecs pareil tu leur fous la main à la braguette et hop (ou pas hop).

Quant à toi qui te plains dans ton coin avec tes airs d'épagneul, tu n'as pas su t~ prendre nananère. Et entre filles m'a dit ma femme (si invraisemblable que cela paraisse, le Singe Vert possède une Guenon légitime), c'est pareil ! Mais enfin moi je vous parle du côté vergé, cela fait deux mille ans que j'entends la même rengaine. Jamais vous m'entendez, jamais je n'ai entendu autre chose, que le mec soit petit, gros, intello, rugbyman, employé, militaire, prof, étudiant, éboueur, autre chose que des récits de "coups faciles".

JAMAIS tu n'entendras le récit d'une défaite, jamais un garçon, un mec ne te dira en face "Oui, celle-là, j'eusse aimé l'avoir eue, mais il n'y a pas eu moyen", encore moins J'AI SOUFFERT (ça c'est l'obscénité suprême) - à moins que tu ne sois vraiment, mais vraiment devenu ami, ce qui s'appelle ami. Quand tu es tout seul avec ta queue en berne, tu es tout seul mon vieux, et ce n'est ni un homme, ni une femme, surtout pas une femme &ailleurs, qui viendra te tirer (de là).

Eh bien à en juger par les chiffres de recettes du porno, je ne dois pas être le seul. Pourtant il n’y a jamais personne dans les boutiques de sexe, les revues porno ne s'achètent pas dans les bureaux de tabac (elles sont placées trop haut, tout le monde vous verrait vous hisser sur la pointe des pieds), les cinémas sont vides (je vous épargne la plaisanterie sur les queues d'attente) MAIS ça continue, sur Internet parait-il (le Singe est sur Internet, mais c'est un copain qui s'en charge, le seul avec qui peuvent s'échanger des confidences d'échecs ... )

Il y a même des Américains qui vont se faire soigner pour être "sex-addicts", ne plus pouvoir faire autre chose que de regarder du cul sur leur site - pourquoi ? Mais tout simplement parce que nous sommes tous des frustrés, je ne vois pas quelle honte il y aurait à l'avouer en face ! Vous trouvez ça honteux, vous, d'être un éjaculateur précoce, une peine-à-jouir ? mais nous sommes des millions, nous sommes Légion!

Nous sommes des millions d'hommes (pour les femmes, je ne sais pas : terra incognita, tout le monde n'est pas Virginie Despentes ; en tout cas la seule femme que j'ai vu dans un sex-shop avait pour principale préoccupation de faire en sorte que surtout, pas un client ne l'approche, ce qui me mit sur le moment dans une fureur extrême) à s'hypnotiser sur les films porno, et comme me disait l'un de mes innocents interlocuteurs "Je n'ai jamais pu regarder un porno jusqu'au bout" et pourquoi donc, gros malin ?

(sur l'air du "Petit rat de l'Opéra)

Essuie tes mains - ploum, ploum

Au Sopalin - ploum, plourn

Et quand je regarde un porno, je ne me relève pas pour prendre une bière, parce que je ne peux pas me relever, et parce que je suis vraiment occupé à autre chose. C'est à ça que ça sert le porno. Tout simplement. "Ce n'est pas du cinéma" : bien sûr que non ! C'est juste destiné à produire chez vous un réflexe d'ordre sexuel, immédiat ou retardé, mais en tout cas à visée nettement masturbatrice, ou disons stimulatrice, pour celles qui regardent le film en couple (ou à trois).

Le porno, effectivement, n'est pas plus du cinéma que le téléphone n'est de la marche à pied, que Chevènement n'est le Marquis de Sade (qui a dit "quoique" là ? franchement c'est d'un goût ... ) - ou la Sainte Bible un catalogue des feues Manufactures de St-Etienne, lesquelles tiens justement n'étaient pas de la littérature (sauf chez Pérec), mais une incitation à consommer. Finissons-en avec ce procès hors sujet.

Le nombre de garçons et de filles, jeunes, beaux, modernes, à la page, up to date, que j'aurai vu s'offusquer que l'on pût s'extasier devant un porno ! et vanter comme une vieille mémé les délicatesses des films érotiques, où on ne voit pas un poil ! Moi désolé il me faut des poils, des sexes ouverts, des cours de gynécologie carrément. Je suis un malade ? Oui mais moi au moins je le reconnais.

... Et pourquoi selon vous ai-je besoin de voir cela ? Parce qu'il m'est absolument impossible de le voir ailleurs. Je suis marié certes, mais j'aurais besoin aussi de variété - je crois que les femmes commencent à l'admettre, mais quand je les vois dans la rue, elles n'en ont pas l'air. Et comme ça fait bien longtemps que je n'ai pas tapé sur les bonnes femmes, allons-y dans dix ans ce sera interdit: il ne faut draguer ni dans la rue, ni au travail, ni dans les moyens de transport ni dans les lieux publics, bref il faut faire ça clandestinement dans des endroits faits pour ça, les boîtes (très chères, bruyantes et réservées aux jeunes), c'est intime c'est privé c'est secret, putain c'est aussi sale que d’aller aux chiottes, dites-le donc une fois pour toutes.

Tenez, la seule fois où l'on indique nettement la différence des sexes, "Hommes-Femmes", c'est pour séparer les toilettes des uns de celles des autres - franchement ! Moi je croyais que c'était pour flirter: "Ici vous trouverez des hommes -des femmes" - eh bien non... Et l'amour dans les toilettes ben non franchement, pas vraiment je vous en prie n’insistez pas voulez-vous lâcher ça voulez-vous lâcher ça ou j'appelle la police.

Merde alors.

Tu exagères Singe Vert il y a des bordels, des petites annonces des sites internet - oui, mais si je suis un frustré moi, je fais quoi ? Si je n’ose pas, si je suis lâche, si ça me fatigue à l'avance, tout ce parcours du combattant que les femmes imposent, avec la hantise de commettre la moindre gaffe, une fois il y en a une, j'avais déjà sa langue dans ma bouche qui s'interrompt pour me dire "Et puis non finalement on voit bien que tu n'en as pas envie" de quel droit tu me dis ça ?

Tu es sur le point de "conclure" comme on dit dans les Bronzés qui ne fait pas dans la dentelle, et paf ! tu sors une connerie, tu racontes une histoire graveleuse, tu as l'air trop raide, tu as une crotte de nez, tu as une infime lueur de doute dans le regard, ou tu es trop sûr de toi un quart de seconde et hop ! Recalé. Vous trouvez ça encourageant vous ? Parce que je le répète, la femme, en face de vous, qui vous fait courir pour voir le "galop d'essai", elle n'en a rien à foutre de coucher avec vous ou non.

Elle aura toujours mieux que vous à se mettre sous la dent, elle préférera toujours une bonne branlette à une mauvaise baise, pour les mecs c'est exactement le contraire, vous voyez bien que nous sommes des êtres primitifs. Et sans film porno la gonzesse ! Elle en a déjà plein dans la tête, bien plus riches et intéressants que vos méprisables images sur pellicule ! Qu'est-ce que j'en ai marre de cette différence des sexes...

Naguère, je croyais encore que la femme avait tort, et qu'elle "n'avait qu’à" se conformer à la sexualité de l'homme... Je me fais pitié, comme d’habitude... Ce que j'aimerais, c'est abandonner ce ton de perpétuelle gouaille qui m'a fait dire que j'écrivais comme écrivaient les satiriques des années soixante -dix (salut, Charlie flatteur, certes, mais cet imparfait nom de Dieu...

Je voudrais me remettre à ce bon vieux ton lyrique et exalté pour parler de ce que je trouve de plus beau au monde voire avant la cathédrale de Chartres : le film porno. Le ton lyrique est &ailleurs exactement l'inverse du ton rigolard. Voir les chroniques de Rémond dans Télérama...

La première fois que je vis un film porno, c'était en cette année bénie 74. Je ressentis une émotion extraordinaire, je voyais enfin l'acte le plus beau et le plus émouvant, dans une ferveur quasi mystique, au sein de ce cinéma comble (tout nouveau, tout beau). Tout en moi se dilatait, et pas seulement (bon pour le lyrique tu repasseras) certaines parties... J'avais l'impression d'assister à la Messe des Messes, dans le plus parfait écuménisme (j'orthographie comme ça pour cesser d'entendre cette connarde prononciation meuglée dl "Heûûûcuménisme").

Mon copain (je n'étais pas seul) est sorti de là dédaigneux, "Je ne suis pas un voyeur" - c'était lui aussi un adepte du "Y a qu’à", "Tout est facile", "Ben voyons Singe Vert tu ne sais pas t’y prendre" (c'est cela, oui, le seul qui ne sache pas s'y prendre des Cinq Parties du Monde et depuis l'homme de Néanderthal). Mais moi j'avais vu la chose la plus éblouissante, la plus délivrante, la plus exaltante qui se pût voir : l'amour, en gros plan, sans fard, avec 'des comédiens qui font semblant certes, mais qui au moins le font.

Parce qu'à regarder les tronches des gens dans la rue tu en arrives à te poser des questions, putain c'est comme en Chine, comment font-ils donc pour se reproduire en se tirant des gueules comme ça... D'ailleurs quand je croise des amoureux dans la rue, je n'arrive pas à y croire, je pense aussitôt à une erreur de casting, ces deux-là se sont trompés de film - ça ne m'est jamais arrivé à moi depuis des lustres, "ai-je passé le temps d'aimer" La Fontaine.

Bon, ça existe, il faut en prendre son parti et bien savoir que j'en suis exclus, comme des milliers d’autres. Et même en admettant que je sois placé, là, soudain, direct, dans la possibilité de faire l'amour, je serais paralysé, même avec une fille que j'aimerais, j'aurais une barre de fer dans les bras, un fer à cheval d'acier dans les épaules, et l'air con, et je vous le répète, ne comptez surtout pas sur la femme pour faire le premier pas, on leur a dit en deux mille avant Jésus-Christ que ça ne se faisait pas, elles ont compris elles n’ont pas bougé d'un pouce depuis six mille ans, on n'est pas des objets c'est beau le féminisme, c'est d’avant-garde on vous dit.

Si ! Si, un jour, une femme a posé langoureusement sa tête sur mon épaule ! c'était devant quinze personnes qui regardaient, quand elle était bien sûre qu'il n'y avait pas le moindre risque ! Surtout pas de risque ! "Si on avait attendu les femmes pour faire la révolution, on en serait encore à l'âge de pierre", Gramsci, ce n'est plus &actualité, mais celle-là je n'ai pas pu y résister...

Vous me direz que j'aurais pu la revoir ultérieurement, reprendre la conversation et le frotti-frotta où nous l'avions laissé, mais j'ai eu peur, merde ! vous ne comprenez donc pas ? et puis ces occasions-là ça ne revient pas, et puis les femmes ça mesure tout à son aune, ne croyez pas que ce soit un travers purement masculin, si l'homme est paralysé, c'est qu'il ne veut pas, qu'il n'a pas envie !

... Et ça ne vous ferait rien de nous forcer un peu la main? Nous aussi on a besoin de tendresse, bordel ! Et puis j'ai peur. De toute façon ça va rater. Elle va se foutre de ma gueule (elles né Polit jamais fait). Bon sang la prochaine fois j'essaierai. Je m'y prendrai comme ci, comme ça. Il n'y a pas de prochaine fois.

Je veux éviter la sueur, l'odeur, les crampes, la perte de souffle, l'éjaculation précoce, l'air con que l'on prend quand on désire, en un mot le risque. Une fois que j'ai dit cela, je me répands en poésie sur ces visages lisses, généralement blonds platinés, sur ces corps qui jouent malgré eux, ces cheveux (le mouvement le plus innocent et le plus troublant est celui de ces mèches que l'on rattrape machinalement pendant la saccade).

Surtout, l'émotion, le soulagement, l'émerveillement de voir enfin ce que les femmes vous ont à tout jamais interdit de voir, de constater que oui, elles sont comme ça en dessous, quels que soient leurs airs bêcheurs, et je me souviens bien du petit air satisfait avec lequel sur les trottoirs parisiens je regardais les femmes, qui passaient corsetées dans leur bunker de morgue habituelle ( les yeux vagues, la tronche) en pensant :

- Ce n'est pas la peine de tirer une gueule comme si tu étais la Princesse de Clèves, on sait comment tu es faire, il n'y a pas de mystère ! Tu n'es que cela, et je ne suis que cela. Le porno, en quelque sorte, remet la femme à sa place. L'homme aussi d'ailleurs, car enfin il se fait prendre lui aussi que je sache, les anciens disaient obscènement "baguer", aussi bien que la femme, et je ne vois pas pourquoi l'on s'obstine à estimer que la femme est plus "humiliée" que l’homme - toujours cet exaspérant angélisme.

Rien de plus exemplaire au sujet de la "remise en place" que la sodomie de la femme., Elle ne règne plus. Elle comprend enfin que son rôle est de faire jouir l'homme, et que chose extraordinaire ! elle y prend aussi du plaisir. Quelle merveilleuse chose que de pouvoir se faire pénétrer de la sorte sans passer pour un pédé, alors quà nous autres hommes on en fait toute une rhétorique de honte...

Je voulais être lyrique, je n'y parviens pas - juste à être vaguement vulgaire, vaguement banal. Pourtant j'étais pénétré, mais de respect, devant ces corps lisses qui mimaient si consciencieusement le plaisir. Il n'y a qu'entre femmes, comme on le soupçonnerait, que les scènes ont l'air de s'accomplir dans une relative béatitude, tant il est vrai que les femmes ressentent tout à l'inverse de nous, rien n'étant si grave entre femmes, tout étant si déshonorant dès qu’un homme s'y mêle.

Quelles drôles d'âmes...

Je pensais faire l'éloge de la pornographie, voilà que je fais celui de la masturbation - là encore une pensée envieuse pour les femmes, qui ne laissent pas de traces : changeant mes draps dans un hôtel, j'eus la désagréable surprise d'entendre marmonner une femme de ménage: "Ca doit être un malade ; il a dormi tout seul, et pourtant il y a des traces de ça" - mais chère Madame, si ç'avait été une femme, elle l'aurait fait deux fois plus et il n'y aurait pas eu de taches - les taches de femmes pouvant être attribuées à toutes sortes de causes...

Ah les veinardes... Se masturber sans taches... Se gougnotter entre elles sans la moindre réprobation, sans aspect extérieur qui vous trahisse... Pouvoir se faire sodomiser en réalisant encore plus sa féminité, alors que l'homme sort de son sexe... Pouvoir se dire "Je couche " ou "Je ne couche pas" selon le jour de son cycle menstruel, ou selon son choix parfaitement libre, sans une de ces pulsions qui vous jettent sur l'autre avec un air bestial et parfaitement ridicule...

La femme gère sa sexualité. Et si ça foire, c'est toujours la faute de l'autre, de l'homme... Ah les veinardes... Et quand tu parles de cela avec l'une d'elles, voilà qu'elle te dit que ce n'est pas du tout cela, que les hommes projettent leurs fantasmes sur elles qui n'ont rien demandé, que c'est aussi difficile pour elles que pour nous, et autres...

J'aimerais consulter un de ces ouvrages spécialisés où l'on traite de la persistance de la doxa, du préjugé, après que son contraire vous a été dûment démontré... Comment faire acquiescer le coeur après le cerveau ?... Les femmes auront été dans ma vie comme une couronne de figures lointaines, entrevues à travers tout un réseau, tout un voilage - tout un brouillage de présupposés, de préjugés, de peurs...

Savoir, de façon absolument certaine, qu’en cas de subit afflux ("les pilules Bitaflu") de virilité en moi, me poussant à refaire ma vie, à tout reprendre à zéro, à moi les vraies conquêtes et vous allez voir, savoir que là, juste entre les épaules et descendant le long des bras, se reglissera, se réincrustera inexorablement ce bloc physique de paralysie, que tout, même à trois doigts de la panique de la mort ("C'est ta dernière chance, profites-en !") le Flic, le Père, le Pape qui m'obstrue tout le cerveau se remettra sans état d’âme à resserrer ses infâmes menottes sur mon corps...

Alors les petits connards qui me parlent de volonté, qu'est-ce que je les encule... Les tout petits psychanalystes de salon, surtout des femmes bien sûr, enchantées de se débarrasser d’une bite en vadrouille, qui me disent que je suis "pédé refoulé", qu’est-ce que je les embrène, tout ceux qui me proposent une solution, qu'est-ce que je les tringle, et si je vous raconte tout ça, improbables lecteurs, c'est que peut-être je rencontrerai l'un ou l'une d'entre vous qui sera passé lui aussi, elle aussi, par les mêmes affres éculées, et qui se dira : "Je ne suis plus seul(e)".

Egoïsme et lâcheté, refus de toute solution.

Absence totale de l'amour, qui est avant tout confiance -mais je ne peux pas avoir confiance en une femme. Elle te prend tout : ton emploi du temps, tes amis ("Comment, tu continues à fréquenter des gens aussi cons ?"), ton pognon mais ça c'est secondaire, ton lieu d'habitation (c'est elle qui en décide), tes spectacles ("Jamais je n'irai voir ça, c'est trop stupide"), et dès que tu es gentil avec elle, la femme aussitôt te demande un service, une corvée, quelque chose de bien chiant.

Mais je termine dans la jérémiade de gosse, ma parole.

Je voulais être féroce.

Je disais donc : le porno me. fascine. C'est mon conte de fées à moi. Enfin je vois, de mes propres yeux, des femmes qui baisent, chose dont je finissais par mettre en doute l'existence. Je respire largement. Mon visage est rouge, mais personne ne le voit. Tous les pores de ma peau, tous mes vaisseaux sont dilatés, brûlés comme au siège de Troie, je prends un pied super, je suis enfin délivré, libre, je sais ce que c'est qu'une femme, ne pensant pas encore pour l'instant que dès le lendemain, je retrouverai dans les rues, à mon travail, partout autour de moi, ces êtres indifférents, glacés, calculateurs, limite hargneux dès que tu t'avises de montrer le moindre bout &oreille de désir, ces forteresses cadenassées que l'on appelle "les femmes".

Et n'oublie pas : les hommes, tous les hommes, même tes soi-disant amis, se foutront de ta gueule.

Et si par hasard, si par malheur, si par catastrophe un jour les puritaines de tout poil parviennent à supprimer la pornographie, voire la prostitution (en Suède, même les clients sont à présent passibles de poursuites ! les dingues ... ) - il ne faudra pas que les mêmes connes viennent se plaindre de la recrudescence des viols et de la pédophilie, qu’elles auront tout, mais alors tout fait pour promouvoir.

A moins que d'ici là, ce qui est déjà en bonne voie, elles ne soient parvenues tout simplement à nous couper les couilles...

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