9.5.08

Singe Vert N° 18 - Cette fameuse école...

DER GRÜNE AFFE
LE SINGE VERT
N ° 18
Bernard COLLIGNON
4 Avenue Victoria 33700 MERIGNAC
Courriel : colber1@wanadoo.fr

CETTE FAMEUSE ECOLE QUE VEULENT TOUS LES FRANCAIS
Eh bien la v'là !
Une école où les maîtres tremblent comme des lapins en errant de classe en classe pour demander si on veut bien recevoir un cours et ne me frappez pas s'il vous plaît.
Une école où les élèves s'assoient en attendant que ça se passe, et demandent à l'enseignant de les intéresser. S'ils ne veulent rien faire, c'est la faute du prof, il est payé pour nous intéresser. S'ils ne remettent pas leurs devoirs c'est la faute du prof, il n'a qu'à nous expliquer mieux. S'ils n'apprennent pas leurs leçons c'est la faute du prof, il n'a qu'à nous donner envie de les apprendre.
Et attention coco, les parents, si on peut appeler ça des parents, ils embrayent à fond la caisse. C'est leur petit qui a raison. A tous les coups. Si le fiston éprouve des difficultés, c'est la faute du prof, il ne sait pas les intéresser. S'il y a le bordel en classe, c'est la faute du prof, il n'a qu'à se faire respecter. Si les notes sont mauvaises, c'est la faute du prof, il note à tort et à travers, quand ce n'est pas à la tête du client.
Tas d'abrutis, nous notons trois points au dessus de ce que ça vaut, systématiquement, pour en pas mécontenter les fils d'électeurs. A tous les examens nous recevons des consignes pour ne pas traumatiser ces chers petits en les saquant. Même si nous corrigions dans l'anonymat des élèves qui ne seraient pas les nôtres, nous serions tout de même obligés d'obtenir tant pour cent de réussite, en faussant les notes, tête du client ou pas.
Depuis trente ans qu'on nous rebat les oreilles en nous disant que l'école c'est ennuyeux, que ça ne sert à rien, que les profs sont des cons, ça a fini par faire son chemin et nous avons à présent des élèves qui n'ont qu'une envie : se croiser les bras en attendant que le prof soit capable de les intéresser. Pas question du moindre effort, l'effort c'est fasciste. Sauf en sport bien entendu. Bande de nazes, vous croyez que c'est en tapant n'importe comment dans des boîtes à conserve que Zidane est devenu champion du monde ? Il a dû se faire chier, parfaitement, s'entraîner, parfaitement, à longueur de journées et de semaines avant de remporter la coupe du monde avec les autres. Ca, vous le comprenez, à la rigueur. Toutes les télés nous bassinent avec l'effort physique et sportif, qui n'est pas méprisable, tant s'en faut.
Mais l'effort intellectuel, alors ça, pas question, c'est prise de tête, c'est fasciste, ça sélectionne - parce qu'on ne sélectionne pas en sport, peut-être ? On le fait bien plus qu'avec les pauvres examens qu'on vous demande de réussir pour vous intégrer, à l'école. Votre pauvre con de prof vous en demande infiniment moins que l'entraîneur, en français le coach, d'une équipe de foot-ball ou de natation.
Vous verriez un peu comment ils se font engueuler les sportifs quand ils échouent de peu à une épreuve surhumaine. Et ça, vous le supporteriez, mais la moindre réflexion d'un prof et tout de suite vous vous mettez à incendier une maternelle, bande de voyous nazillons. Seulement volià, quand un prof se fait traiter de fils de pute, c'est l'expression d'un malaise social qu'il faut respecter.
Quand un prof se permet de donner un zéro pour devoir non remis et se fait traiter de grosse merde, c'est la faute du prof qui n'a pas pris en compte la détresse existentielle du pauvre élève, et qui encore une fois ne se fait pas respecter. ASSASSINS. JOURNALISTES ASSASSINS. Bardés de diplômes paraît-il et qui répandez l'idée que le diplôme c'est traumatisant, que l'école ne sert qu'à sélectionner, que les profs sont retardataires et autres fariboles. ASSASSINS IRRESPONSABLES.
C'est la culture, c'est la civilisation que vous assassinez. L'école n'est pas marrante ? Merci, on le savait, depuis la nuit des temps. Mais on va vous changer tout cela, vous mettre le foie à gauche et le coeur à droite. On est MODERNES, coco. Vous croyez donc que votre époque est autrement que les autres ? Qu'elle va déboucher sur la Solution, sur l'Eternité ? Impudents croquants, elle finira dans la fosse commune de tous les passés, comme les autres.
L'école est inadaptée à la vie réelle ? Quintilien le disait déjà au temps de Cicéron, mais vous ne savez plus qui est Quintilien, et vous prenez Cicéron pour un empereur romain. Tas d'ignares. Pas de culture ! surtout, que du pratique, de l'immédiatement utilisable ! Apprenez à rédiger un curriculum vitae (tiens ? du latin !) - et ne vous fatiguez plus les méninges à rédiger des dissertations "prises de tête" et fascistes !
D'ailleurs on va la supprimer, la dissertation, les élèves ne sont plus capables de la faire. Pas question bien entendu de leur demander l'effort de s'y mettre. De toute façon ils ne lisent plus. Quatre exemples authentiques (mais vous pouvez toujours nier qu'ils le sont, c'est plus commode) .
1) Un élève ne savait pas (en première !) ce que c'était que de la botanique. 2) Un autre a contesté le fait que Le Havre soit en Normandie (je vous cite son nom, je vous donne son adresse quand vous voulez) 3) Un élève de première ne savait pas ce que voulait dire le mot "banal" ("Non, là, vous exagérez. - Je n'exagère pas, ta gueule.) 4) Une élève de seconde : "Madame, c'est où, l'Europe ?"
Je vous donne quand vous voulez le nom de l'élève, son adresse, le nom du prof, la date et l'heure de la classe.
La réflexion, la culture, c'est fasciste! Ca fait vieux ! Les élèves sont incapables de me citer Le Puy ou Gap ! ("Ah si, j'y suis allé en vacances !")
On ne va tout de même pas demander aux élèves de regarder une carte de géographie pour se distraire, non ? Ni pour rêver, vous déconnez ou quoi ? Le mec qui m'avait mis la Tasmanie en haut de la carte de l'Australie, au nord, "parce que ça faisait plus rigolo, comme un petit chapeau", je cite, vous n'allez tout de même pas lui demander d'être cultivé, d'être curieux, parce que c'est ça la culture, la curiosité - je préfère toujours un ignorant qui demande à savoir qu'un qui sait tout qui ne demande plus rien.
Et maintenant, vous savez à quoi on les reconnaît, les ignorants ? A ce qu'ils ont tout lu, tout su, sans avoir besoin de bouquins qui ne servent à rien. Ils savent tout. Tu les entends sans arrêt tonitruer dans les bistrots.
Allez, sans transition, histoire de rigoler un peu. Dans la rubrique "y a qu'à", "faut qu'on" - chacun y va de sa petite solution, pourquoi pas moi ? parce que ma revue est gratuite ? D'une part, je te rétablirais vite fait l'uniforme ou la blouse pour tous les lycéens. Plus de racket. Plus de blouson luxueux. Et, le nom de l'élève sur la blouse. Fini les insultes courageusement anonymes, les insolences par groupe de quatre et par derrière. Comme les employés de banque, mon vieux - et la banque, ça, tu respectes, non ?
Tu sais le nom de l'employé qui t'a fait une couille au guichet, tu peux le retrouver, tu peux l'engueuler directement. Et puis j'ai une troisième idée : pour résoudre définitivement tous les problèmes de discipline, chacun devant son ordinateur, et hop! Contrôle d'assiduité par l'électronique, ça doit être facile, y a qu'à, tout le monde chez soi et on boulonne, ça marche en Australie pourquoi ça ne marcherait pas ici.
La vie en groupe ? Je t'en foutrai de la vie en groupe. Ca n'apprend qu'à se conduire comme des rats. Moi dans les groupes je servais de souffre-douleur, parce que j'avais l'air con. Encore maintenant j'en ai rien à foutre de la vie en groupe. Des gens.
Profs, votre ennemi, c'est le parent d'élève. Il faut fermer l'accès de quelque instance que ce soit à ces gens-là. Les empêcher d'intervenir en faveur de leur petit chouchou fatigué - depuis trente ans qu'on leur bassine que leur gosse est fragile, il l'est devenu. Nous en avons marre d'être polis. Les braves petits articles en langage bourgeois que j'ai lu ne résoudront rien. Ces gens-là, c'est-à-dire le peuple français, ne comprend que les engueulades et les coups de pied au cul.
Certains parents d'élèves agissent avec les profs pour que leurs enfants puissent travailler sans se faire agresser par une bande de nazis racistes : tiens donc ? tiens donc ! ça bougerait, par hasard ? Est-ce que je ne serais pas en train de calomnier les braves citoyens ? Mais j'espère bien, que je suis un calomniateur! Mais j'espère bien, que j'ai tort ! Mais alors pourquoi l'ensemble de ceux qui sont censés nous informer ne filtrent-ils, ne retiennent-ils systématiquement que ce qui va dans le sens de leur modernité ?
Ce sont les journalistes qui décident, à présent, de ce qui doit être moderne et de ce qui ne l'est pas ! Ils sont à la fois juges et partie, coco ! Ils ont déjà un pied dans le XXIIIè siècle, ils savent déjà ce que l'on dira de nous dans 200 ans ! s'il y a encore quelqu'un pour dire... Bientôt ils nous diront les informations de l'an 3000, et à peine une élection finie, les voilà déjà à pronostiquer les résultats de la suivante !
Alors, tout ce qui ne va pas dans le sens que Messieurs les Journalistes ont décidé que ça devait aller, eh bien c'est ringard, c'est dépassé, désuet, et je refuse d'utiliser l'horrible anglo-saxisme "obsolète". Et voici le tableau de la modernité, tel que je l'ai vécu.
Exemple : je me fais traiter d'enculé une fois par trimestre. Je suis un professeur moderne.
J'invite les flics en cours, pour expliquer aux élèves ce qu'ils risquent en fumant et en trafiquant. Je suis un professeur moderne.
J'accompagne ma classe en week-end de poterie et de poney. Je suis un professeur moderne.
Je n'exige pas de devoirs de mes élèves, surtout pas à date fixe, pour ne pas les traumatiser. Je suis un professeur moderne.
Je transforme chaque cours en psychodrame pour deviner pourquoi Dugland ne veut pas sortir son stylo. je suis un professeur moderne.
Je transforme le cours suivant en psychodrame pour expliquer pourquoi Dugland ne veut pas cette fois sortir son livre. Je suis un professeur moderne.
Je transforme le cours suivant en psychodrame pour comprendre pourquoi les élèves archaïques voudraient bien "travailler" au lieu de se demander pourquoi l'élève Dugland empêche son voisin de participer à l'oppression générale en écrivant la date sur son classeur.
J'explique pourquoi les parents m'écrivent que je note à tort et à travers, je décide que chaque élève se donnera à lui-même sa propre note : je suis un professeur moderne.
Depuis des années d'ailleurs j'obéis aux injonctions démocratiques du gouvernement et du rectorat m'enjoignant de noter trois points au-dessus mes devoirs, afin que les statistiques de réussite fassent apparaître un nombre suffisant de candidats reçus : je suis un professeur moderne.
Je comprends très bien que l'élève Dugland, ayant des problèmes familiaux, n'ayant pas pu se coucher avant deux heures du matin pour préparer son exposé sur le rap, arrive en retard de deux heures, sans avoir pu faire son exposé qui constitue une surcharge de travail considérable. D'ailleurs les explications et le plan que je lui ai fournis n'étaient pas suffisants, je m'en repens profondément, je suis un professeur moderne.
Et puis ils étaient trois à préparer cet exposé, c'est Trucmuche et Duglu qui ont tout fait, mais il n'y a pas de raison pour que Dugland, qui n'a strictement rien fait, n'ait pas exactement la même note que les autres, d'ailleurs qu'est-ce que c'est que cette manie fasciste de mettre des notes tout le temps.
L'élève m'a envoyé son poing dans la gueule, j'ai mal su le prendre, il est à un âge difficile, j'ai dû manquer de diplomatie, je suis un professeur moderne. De même ce matin j'ai salué la petite Martine de façon un peu trop aimable, il est donc tout à fait logique que les parents portent plainte pour attouchements, je ne dois pas regarder les jeunes filles qui :me sont confiées, cela pourrait les traumatiser que je regarde leurs jambes pudiquement dénudées jusqu'à la touffe, je suis un professeur moderne.
L'école est une violence infligée à l'enfant. Il serait mieux dehors à se battre à coup de battes de base-ball sur la pelouse défoncée, où à s'instruire en lisant les tracts des sectes qui rôdent autour du bâtiment. La liberté, c'est le monde extérieur. Vous ne trouvez pas que ça serait passionnant d'initier l'enfant au monde contemporain, à la vraie vie du dehors, au lieu de le raser avec des trucs du passé qui ne servent plus à rien ? Je vous donne quand vous voulez le nom et l'adresse de la mère d'élève qui m'a dit ça un jour. L'école, c'est une prison. ASSASSINS. ASSASSINS DE JOURNALISTES, DE PSYCHOLOGUES, DE SOCIOLOGUES DE MES COUILLES.
Apprentis sorciers. Fourriers du fascisme, du véritable cette fois, de la Bête Féconde. Et fécale, on n'en est pas mauvais jeu de mots près. Assassins. Introducteurs de l'islamisme au nom de la laïcité '"Le foulard, ça leur apprendra la différence - Bon, je mets ma croix gammée, j'ai bien le droit d'être différent, merde!). Faites des prières pendant les cours. Distribuez des tracts syndicaux et politiques, allez-y, discutez des prochaines élections, parlez-nous de la Bosnie, les spécialistes pullulent, l'école c'est fait pour être rigolo, rigolo, rigolo. On n'est pas sur terre pour se prendre la tête, on est là pour rigoler, hahahahaha, et celui qui ne rigole pas est un fasciste.
Nous sommes, nous autres les profs, des combattants d'arrière-garde. Dieu est une bande dessinée, il porte des chaussures Nike (ta mère), il est Allah page. La philo, ça s'apprend en deux ou trois formules. Freud n'existe pas, il est mort, la preuve qu'il avait tort, c'est qu'il n'a pas appliqué une méthode scientifique, il ne s'est servi que des observations sur sa propre personne, et moi je suis un type vivant, je sors en boîte et je m'éclate et je dégueule mon Malibu, la boisson branchée, bientôt il y aura un panenau Coca-Cola sur Mars, ceux qui le déplorent sont des ennemis de Bénetton, des merdes agonisantes et des rabat-joie mous de la nouille, autrement dit des profs.
Qu'est-ce que c'est que cet enseignement qui se fait encore en français alors que la langue of the future is l'english, qui se fait encore de bouche à oreille, ah ! les organes obscènes, une bouche c'est fait pour sucer pas pour parler. Suck it babe, suck-suck. Et tous le monde à l'Internet, "combien de pays sont-ils traversés par le Danube", ça c'est le summum de la géographie coco, "combien par la Tisza" ça c'est de la subversion mon con, on supprime.
Tous dehors pour la manif tous ensemble pour gueuler contre l'insécurité dans les cours surtout toi, et toi, et toi, qui semez précisément l'insécurité dans les cours, petits anges de mon cul, et qui déconnez d'une part en classe d'autre part dans la rue contre le déconnage, on ne vous a pas foutus à la porte parce qu'il faut préserver vos chances pour l'avenir, vous êtes nazis mais vous pouvez toujours évoluer, vers l'islamisme par exemple, c'est très mode. Toi la fille ta gueule. D'ailleurs t'es tellement conne que t'as été détruire les centres de planning familial pour rester une vraie femme bien confortablement soumise. C'est pas la même fille ah bon pardon - gourance.
C'est tout ça qu'il faut dire à notre belle jeunesse et ne pas lui bourrer le mou avec Molaire, Mollard, Molière, comment y s'appelait déjà ce Vieux, beurk - comme chantait Jean-Yves Simon "Dans la rue y avait la guerre On leur apprenait Molière", qu'est-ce que tu veux mon con, distribuer des fusils aux gosses ? T'as gagné, va au Libéria, va à Belfast.
On ne modernise pas l' "Education Nationale", moi je préférais l' "Instruction Publique". On ne "modernise" pas Dieu en lui foutant des chaussures de basket et une casquette à l'envers. L'instruction, c'est sacré. C'est le rapport sacré de confiance entre une classe et un adulte qui transmet le savoir. C'est éternel, c'est depuis la nuit des temps. Tout le reste c'est de l'habillage, c'est du bidon, c'est de la couille.
PREMIERE CHOSE : ON ARRETE DE TAPER SUR L'ECOLE, DE TAPER SUR LE SAVOIR.
Redonnez la confiance et vous aurez effectué toutes les réformes du monde. Regardez où on en est arrivé avec vos conneries. Admirez ce document qu'une de mes collègues est obligée de faire circulet et signer dans une classe pour remettre un peu les pieds sur terre à la populace - ce serait déjà un premier pas, LE premier pas indispensable. (Document inclus)
Vous vous rendez compte du point où on en est ?
Et vous ne savez pas le plus beau : il y a eu des parents pour venir soutenir mordicus leur progéniture en tapant du poing sur la table, avec la copie à la main pour refaire les corrections ligne à ligne, pour soutenir qu'on pouvait fort bien venir en classe et suivre sans apporter ses affaires, et que la prof n'était pas ouverte au dialogue?
Il faudrait donc discuter à chaque fois avec Monsieur le Fils ou Mademoiselle la Fille pour voir si ça ne les dérangerait pas trop de faire cours ?
Sales profs, sales profs, rétrogrades, vieux pantins, punisseurs, brimeurs de la jeunesse, flemmards, tous pédophiles à leurs moments perdus on sait ce que ça cache la vocation pédagogique, même racine pédo-pédé, sauf les femmes bien sûr qui sont des petits anges c'est bien connu mais ceci est une autre histoire, du courage les filles, les femmes, "les précieuses à l'assaut des banlieues" parfaitement, virez les nazis, virez les nazis, les connards à casquette, les connards à insultes, ne leur laissez aucune chance, je m'en fous de virer les trublions, qu'on les foute dans des établissements spécialisés.
Un jeune, un éducateur, un flic ; un jeune, un éducateur, un flic. Autrefois c'était un enfant, un papa, une maman. C'est ringard, "papa-maman". Alors un jeune, un éducateur, un flic. Comme ça on aura la paix. Et je te ferais signer, moi qui vous cause, moi le Singe Vert complètement dingue, je te ferai signer un papier aux parents, un déclaration qui les engage à élever leur enfant dans le respect d'autrui et de la démocratie, et défense de procréer si l'on n'a pas signé fidélité à l'Etat et à la Constitution, bon d'accord je déconne, on dirait du Staline, je ne le referai plus. Et quand on n'a pas de conditions de vie suffisantes, quand on n'a pas le niveau de culture, c'est-à-dire de tendresse suffisant, pour élever un enfant, eh bien on n'en fait pas.
Résistons. Eduquons. On ne baisse pas les bras, allez allez, ça fait quatre mille ans que le monde est en décadence, rien à foutre, ah ! salauds de journalistes qui ne voulez voir que l'instant présent, le catastrophisme présent pour mieux vendre leur camelote sur papier, salopards de présentateurs télévisés, je t'en foutrais de l'échec scolaire, je t'en foutrais des avalanches de calomnies perfides, un jour le journaliste fera l'événement, c'est Balzac qui l'a dit, ce vieux con.
Tous ensemble pour la culture, contre vents et marée, Attila est déchaîné, même au plus fort d'Attila il y a eu des lettrés pour passer le flambeau, nous sommes de ceux-là, nous résistons aux injonctions criminelles et destructrices des éboulis de réformes qui nous tombent sur le calbar, je jure qu'en l'an trois mille nous aurons encore des Hommes qui connaîtront Mozart, Mickey l'Ange et Julien Gracq, je le jure, Juro, Juro, Juro.
Mais délivre-nous des fascistes mon Dieu, toi le Vieux là-haut qui n'existe pas, délivre-nous du mal, délivre-nous du fasciste, tu le reconnaîtras à sa batte, à sa casquette et à son pitt-bull.
Dans la rue. Dans la rue les profs, sauvons la Civilisation , ne nous laissons pas submerger par les complexes comme ils disent, relevons fièrement la tête, nous sommes modestes, ma parole que nous sommes modestes, comme des prêtres, sauf certains, mais ce qui passe à travers nous, ce dont nous sommes les modestes tuyaux conducteurs, les modestes fontaines, c'est la Civilisation, la Culture, l'Homme, et tutti quanti, je vous jure que nous sommes tous des minables, de modestes mortels, des hommes comme tout le monde, sans un poil de supériorité sur qui que ce soit, sauf sur la Bête, mort à la Bête, mort à la Bête, amen, amen, amen.

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