1.10.10

Charles VII, le Roi Con, cinquième.

Février 2055 : C'est tout ce que j'ai apporté. Peu de choses à faire. Ne plus venir que l'après-midi ? Charles VII est un ouvrage palpitant. De 1413 à 1416, émeutes à Paris, situation royale en difficulté. Il semble que jamais le roi Charles VI n'ait assis son autorité. Le futur Charles VII à 16 ans n'est pas respecté. Ses deux frères sont morts à 18 et 19 ans. Des rumeurs circulent également (on parle de Louis de Boisredon) sur ses relations avec la reine – comment ? onze enfants, et couraillant encore ? La politique était si agitée. Pourquoi ne parle-t-on plus de ces périodes ? Pourquoi ne pas considérer comme vraiment peu de choses les tribulations de nos vies politico-journalistiques d'aujourd'hui ?
Peut-on tuer le Prince ? Peut-on commettre des attentats ? Problème insoluble. C'est une pièce de théâtre. J'entends des conversations téléphoniques. Des gens qui remuent. Mon chat à récupérer à 18h 45. Ma femme enfin levée (...)
Salut mon pote. Ça fait longtemps qu'on ne s'était pas vu pour se dire des conneries. Genre « cher journal » « Charles VII, qui pète sec », disait mon père. Et ça me faisait beuacoup rire. Je lis des choses sur le roi, maintenant. Et mon chat vient de sauter sur la table. J'ai décidé de vivre puérilement, de faire nécessité vertu. De ma timidité mépris. Tous les rouages sont nus. Je l'ai fait exprès, par impuissance. Le livre lu-même sur notre souverain me plaît beaucoup, comme toutes les monographise bien épaisses. Et il ne s'agit pas ici de faire une critique destinée à la radiophonie. Parmi les évènements de ce long règne (Jeanne d'Arc y est présentée comme une paysanne épaisse et prétentieuse, sans grand intérêt), la bataille de Castillon en est à ses prodromes.
Il est expliqué que les envoyés du roi se conduisent en Guyenne comme en pays conquis; et que les marchands, vignerons et autres, aimeraient bien que fussent respectées les conventions : pas de taxe. Le pognon, le pognon ! Les envoyés d'iceux échouent dans leurs négociations : Charles VII veut du pognon, encore et toujours du pognon. Beau patriotisme de part et d'autre ! le refus du roi de leur prêter l'oreille va mettre le feu aux poudres. Encore aujourd'hui, non loin d'ici, les autorités locales reconstituent la bataille de Castillon, hors de prix, devant gradine et en musique. Total une blessée par chute de cheval, dans le coma (puis sauvée). Une année plus tôt, j'entendais un père qui dépoétisait la reconstitution : «Tu vois, les chevaux, là, ilsne chargent pas vraiment ; ils vont aller au bout du champ et revenir – voilà, qu'est-ce que j'avaisdit ? » - et le gosse, tout fier d'être initié aux secrets de sécheresse du père.
Et « la fois du coma » : « Ils ont choisi de la musique moderne » - pas très fameuse en effet, « Le grand Talbot est mort » en façon de complainte 1960 - « alors qu'il y a tant de musiques médiévales » - mais pauvre con, profite, profite du spectacle au lieu de nous le gâcher ! L'entrée de je ne sais quelles troupes à Montpazier : « Ah mais je l'ai déjà vu à Foix, c'était exactement la même mise en scène, et ça ne rapportait pas le même évènement» (« tout ça c'est de la blague et de l'inexactitude, pas de la vraie reconstitution » - va te faire reconstituer le cerveau pauvre tache). Bref, nos Aquitains voulaient jouir en paix de leur pognon. Personne ne leur donne tort. Et si je méditais avat d'écrire ?
Au lieu d'anecdoter comme un blogueur ? C'est Jacques Douai qui parlait de concentration avant la scène, afin d'être vrai, profond ? A tenter, à mes risques et périls. Véritablement oui, à tenter. Lire, certes, puis méditer sur la lecture en question. « Je le note », comme disait Léotard, le politicien (caricaturé par le Bébêtes Show) – ce fut merveille de voir avac
quelle mauvaise humeur tous les habitants apprirent cette nouvelle. Ce qui me permettrait, par uen telle méthode (approche) de moins souvent recourir à ces citations du texte de départ. Il faudrait aussi que cette méditation ne portât point sur les applications du texte de base à ma personne, afin de sortir du Moi. Qui étouffe en effet comme une plante en pot. De là sortiraient des bribes de fictions. Ne pas tenir compte de l'âge. MODIFIER EN CE SENS L'EMPLOI DU TEMPS (cela m'est venu par erreur en majuscules ; je laisse subsister). Ce qui m'a le plus frappé dans ces dernières pages concerne les ruses du dauphin, futur Louis XI, afin de se soustraire aux volontés de son père : il se conduit en Dauphiné comme un souverain véritable, n'envoie pas de troupes afin de reconquérir la Normandie, en propose pour celle de la Guyenne, avec la ferme intention de la garder.
Il me reste une minute. Je commencerai la prochaine fois... Dernière chose : ne pas craindre les états seconds. Ne pas attendre de réalisations ou de reconnaissances externes, :mais poursuivre un idéal d'approfondissement désintéressé. Déjà sur la bonne voie avec mes lenteurs et méticulosités concernant Gaston-Dragon et Gardien stagiaire.
Mars 2055
David sympathique même si je ne comprends pas ce qu'il dit en informatique. Celle-ci n'a pourtant plus rien de séduisant. Ma foi si. Mieux vaut une moche qui accepte qu'une belle qui refuse. Des années d'action. Des pets contre le bois. A 47 ans, après 12 maternités, elle est devenue énorme et la ménopause n'a rien arrangé. Pauvre Isabeau. Plus gaspillarde et nuisible que Marie-Antoinette. Bien pis qu'en 1789. Le nez sur l'époque, pas de guide, pas de rythme : perspectives invisibles. La peur d'être surpris, le temps qui passe, une décision à prendre : Elle se déplace en chaise roulante. Ce qui a bien failli arriver à Schulmann ; très, très pâle, très faible. Je ferme les yeux, la masse musculaire est atteinte – Mais elle n'a pas abandonné tout espoir de jouer un rôle politique. C'est une rêverie sans fond. Resserrer la discipline. Tout par calcul.
En parler dans un contexte apaisé. Pour cela, contrôler son fils est le meilleur moyen. L'Histoire est insondable. Quant à ma théorie de la littérature, c'est le meilleur moyen de ne me jamais sentir responable. Il faut pourtant bien que je me rende compte de ce que je ressens. La susceptibilité, le caractère ombrageux, ne font plus partie de mon lot. Maintenir la lucidité. Charmes trouve à Vincennes de quoi épanouir sa jeune sexualité, au milieu des dames très compréhensives qui entourent Isabeau. Le fossé entre les rois et le peuple ! Juste consolider son pouvoir ! Aucun programme ! Les plaisirs de la chair sont dès cette époque un des besoins fondamentaux du dauphin, et resteront jusqu'à la fin un des traits marquants de sa personnalité. Moi ça ne me je ne dirais pas débecte mais désoriente.
Désappointe. Tant de risques. Les inconnues se pressent au portillon. Je vois venir. C'est malgré tout passionnant.

Aucun commentaire: