22.11.11

Mon therlant, ton therlant, son therlant



la RELEVE DU MATIN  



Musique militaire de rigueur pour notre rantanplan national, je veux parler d'Henry avec un y de Montherlant. Il est facile d'ironiser, je ne m'y é tendrai pas, sur les écrivains qui n'ont pas eu l'heur et le bonheur de passer par la fili re obligatoire surr alisme- r sistance-gauchisme. Notre critique portera donc sur des crit res plus solides, nous l'esp rons, que la coupe de cheveux ou les orientations politiques.

"‹La rel ve du matin‹" comprend plusieurs textes sous forme de m ditations descriptives. C'est le premier ouvrage qui a tabli la renomm e litt raire de Montherlant, ce fut publi en 1920, l'auteur avait 24 ans, et moins encore quand il le r digea, pendant la guerre.

Il d dia cela tous les jeunes morts qui sont tomb s au champ d'honneur sans autres souvenirs que des souvenirs de coll ge, dit-il.

Cette chose est indispensable savoir pour bien replacer le texte au sein de la conjoncture historique. C' tait ne l'oublions pas l'é poque de Rostand et de son esprit cocardier, Dé roulè de n'é tait pas loin. Les poilus sont partis au front avec le sentiment d'accomplir un devoir sacré .

Avec le recul nous nous sommes rendu compte qu'ils é taient morts pour la peau et les inté rêts des marchands de canon. Mais il ne faut pas cracher sur la grandeur du suicide pour une grande



cause qui fait bien rigoler maintenant, la France.

Ne croyez pas que je vais me jeter incontinent dans un dithyrambique et inconditionnel éloge de la prose montherlantienne. L'auteur d'ailleurs ne parle pas tellement de guerre, elle est simplement là , pré sente, comme un mufle dans l'ombre, un mufle endent é dé voreur de jeunes gens. Et Montherlant ayant dé claré que la plus grande horreur de la guerre, il avait ma foi raison à cette é poque, é tait que les femmes y fussent é pargné es, il est logique sans même évoquer ses pré fé rences sexuelles que ce soient les garç ons futures victimes qui aient re u l'aubade de ses attendrissements.

En ce temps-là , le coll ge, catholique et fran ais s'entend, tait l'antichambre de la mort, et l'on sortait en culottes courtes pour enfiler le pantalon de l'uniforme des morts. Et les anciens qui revenaient en perme dans leur vieil tablissement consid raient avec motion leurs cadets, future chair canon, sans leur parler beaucoup, car ils avaient la pudeur et la honte de leurs souffrances.

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