24.9.15

Cris et reniements

- Va te faire enculer.
- Qui a dit ça ?
- C'est pas moi !
- Vos noms !
- On le dira pas !
- Livret scolaire !
- J'en ai pas !
- Donne ton sac !
- Lâche ça connard !
Terence fonce chez le Principal.
- A cette heure-ci le Principal mange, monsieur Elliott.
Un mois de congé. Bout du rouleau.
Vous avez la sécurité de l'emploi.
Prenez-le donc mon “emploi”. Je vous donne quinze jours, pas un de plus, pour supplier à genoux de retourner au chômage. Votre langâge, monsieur Elliott, votre comportement. Les parents ne sont pas contents du tout, du tout. Vous dites bite et couilles vous ne vous habillez pas comme il faut, trois fois la braguette ouverte monsieur Elliott trois fois il y a des choses qu'on ne fait pas qu'on ne dit pas devant les jeunes filles même si elles se branlent trois fois par jour – à cet âge fragile (“où l'on s'interroge sur son corps”, il connaît par coeur) – mais alors pourquoi donc se mettent-elles à rire ? - Vous connaissez mon sentiment à ce sujet - par coeur, par coeur...
     Quand Terence était petit Tonton lui faisait répéter TROUDUCUL répète après moi TROUDUCUL à dix ans Terence était le plus mal embouché du village ; Elliott est un clown à présent. C'est lui qui descend un étage sur la rampe, lui qui brandi dans la cour un Kleiderbaum (porte-manteau sur pied) en criant gourou-gourou ! gourou-gourou ! - les élèves effarés tassés dans les coins de la cour ça fait tièp  j'étais fou Monsieur l'Inspecteur j'étais fou tout arrive. 


XX
Courrier reçu par Terence :
    "Monsieur,
    J'étais un garçon craintif et rondouillard. Je viens de découvrir Le cercle des poètes disparus. Vous m'avez éveillé aux Belles-Lettres. Je vous exprime ici ma reconnaissance". Je délivre mes élèves de leurs tensions Foutez de ma gueule ? disait l'Inspecteur Adjoint ; j'ai dans ce tiroir un paquet de plaintes écrites, sans parler de ce qu'on rapporte dans toute la colonie française" - plus tard Terence apprend qu'il faisait perdre de l'argent à l'Etablissement  : Mettez-vous à ma place monsieur Elliott mettez-vous à ma place  (N.B. : bannir toute irruption de cette expression qui signifie je vais te la mettre) -  Prenez un congé Sir Elliott ce sera mieux pour tout le monde - avec du  Normison  10  Normison 20 vous serez en forme pour la rentrée (de préférence ailleurs)  et hop ! (et hop…).
     -Freud, dans “Le mot d'esprit - Der Witz und seine… - Laissez là Le mot d'esprit : , votre rôle est d'enseigner... - ...de troubler ! 
    - ...de troubler - mais selon le programme, Monsieur Elliott, selon le programme !" (et hop). Un mois de congé. Renouvelable. Rentré chez lui, Master Elliott interroge sa femme :
"...Qu'en penses-tu Magdadalena  ? La femme répond : “Réfléchis”.
- C'est comme si tu ne disais rien.
- Tu toucheras toujours ton salaire.  Mais tu vas tourner en rond.
    Elliott répond que “les chefs savent s'y prendre pour enculer” ; que les troubles psychiques ont bon dos ; qu'il ne se sent pas responsable. 
- Nous en avons déjà parlé, dit Magdalena. Nous trouverons de quoi t'occuper : en premier lieu, tout repeindre ici, sans exception, en blanc.
- C'est inexorablement inepte : les meubles au centre sous les bâches, les murs tout blêmes et le sol jonché de journaux.
- Ta gueule

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