16.11.15

France et Pologne après la guerre

Après la guerre en effet, il n'y a qu'une opinion, comme après toute période de décolonisation. Sauf en France, mon général, où les partis se sont petitement reconstitués, avec leur petite soupe dans leur petite cuisine.
    Et Staline : Je peux vous exposer pourquoi la situation du gouvernement polonais de Londres a baissé. Celui de Mikhaïlovitch je suppose. La chance de la France fut d'accepter le retour du général de Gaulle, sans qu'un puissant voisin ait eu l'idée de lui proposer, puis de lui imposer une autre solution, où sa souveraineté eût été remise en cause ; c'est ce qui lui est arrivé sous l'Occupation avec Laval, mais en 1944 c'est la Pologne qui se trouve dans la situation de la France pendant la guerre : deux gouvernements, deux légitimité. La population polonaise voyait l'Armée Rouge poursuit en substance Staline s'avancer, battre les Allemands, remporter des victoires. Les Polonais n'avaient presque pas de contacts avec Londres ; les Français, si. Le prestige du général ne faisait que croître, celui de Mikhaïlovitch, inféodé aux soviétiques, n'en avait aucun dans le peuple. A côté de l'Armée Rouge, elle voyait les troupes polonaises se battre. Est-ce exact ? Comment se fait-il que les Polonais aient reconstitué une partie significative de leurs forces pour lutter avec leurs alliés, alors que les Français ne disposaient que de troupes vaillantes, mais irrégulières et dépenaillées – à en croire de Gaulle ?
    Américains et Russes, en fournissant leur aide soigneusement mesurée à leurs peuples récemment libérés par eux, n'avaient-il pas les mêmes visées à peine cachées ? Il faudrait alors expliquer l'histoire par la géographie : la solution de continuité territoriale entravait l'annexion à l'ouest, l'appartenance à une même plaine facilitait les appétits de l'Union Soviétique. Elle se demandait : « Où est le gouvernement polonais de Londres ? Très loin, messieurs de Pologne. Impossible à capter par radio.  Formé de politiciens pragmatiques, sans un de Gaulle pour les impulser. Pourquoi n'est-il pas dans la Pologne libérée ou qui se libère ? La France avait pu respirer sous l'Occupation, un tout petit peu ; les Polonais, non.
    Ce qui accrédite certains propos de notre sulfureux Jean-Marie Le Pen... Un autre moment dans le déclin du gouvernement de Londres a coïncidé avec l'échec de la prétendue insurrection de Varsovie – prétendue, mon général, prétendue ?? S'il nous fallait conclure, mais peut-on conclure, nous dirions que le général de Gaulle fut un trublion, qui parvint, par la force du verbe, à redonner à la Fance, à grands coups de baratin, la place qui lui revenait. Qui fixa bien des choses avec clairvoyance. Qui sut tenir la dragée haute à nos alliés qui ne cherchaient rien tant qu'à nous écraser, au Liban
     De Gaulle est notre dernière nostalgie, à l'exception de pas mal de gens dont votre serviteur, qui se souvient des années de plomb où l'on ne pouvait rien faire d'immoral. Ce roc fut incontournable, il prolongea notre existence agonique durant quelques dizaines d'années, qui viennent de s'écouler ou de s'écrouler. Nous espérons encore ne pas devenir qu'une peuplade, avec un os dans le nez. Ce que nous avions bien failli devenir après la guerre de 40. Tout fut dit sur De Gaulle, comme sur Nietzsche, comme sur la Bible, et bien des gens,bien des cons, bien des héros l'invoquèrent. Sachons à présent clore ces immenses pages, les siennes par la gloire, les nôtres par la taille de leur bavardage, et VIVE LA REPUBLIQUE, VIVE LA FRANCE ! 
particulièrement. Qu'à nous humilier, à nous réduire à notre Pernod pour Arthur et à nos jérémiades.

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