19.11.15

J'ai rêvé cette nuit-même... (air connu)



62 03 07     Me suis aventuré en Algérie. Occupe une chambre minable, hôtel minable. Deux serveuses, une blonde et une brune, très aimables, parlant français sans accent. Un meurtre s'est produit dans la chambre d'à côté. Mais elle a été fréquentée, piétinée, des sandales y ont été abandonnées. On la mure, et je baise plus ou moins la plus blanche de peau alors qu'elle "refusait" un garçon blond dans la rue. "Chaque fois que j'en vois un beau, il faut qu'un homme le repère avant moi. Tu es intéressé ?" Je feins de l'être, car je me suis répandu en admiration. Un enquêteur vient pour le meurtre, tout est à nouveau bien ouvert.
    C'est Raspail. Je me mets dans son axe pour qu'il me voie et me reconnaisse. L'affaire sera traitée négligemment. Sur le route j'essaye d'envoyer un texto à mes parents : "Suis en Algérie, ça n'est pas trop cher" mais il faut diriger l'appareil vers un point d'eau, dans le creux de la main. Parviens à un bistrot rudimentaire où va se transmettre un match de championnat, contre une équipe anglaise. Je lis cela de biais sur le journal d'un voisin, article en espagnol. Les murs se garnissent de spectateurs. Je consulte mon portable sur le comptoir dans le dos du barman qui évolue à mi-longueur.
    Un peu de musique, des appareils là aussi difficilement utilisables. Pour ne pas être coincé par la foule, avant qu'elle ne devienne compacte, je ressors, et reviens à mon premier hôtel. La fille blonde y est toujours et me sourit ; je l'avais crue morte dans une fusillade. C'est la première fois que je rêve d'une Algérie profonde, campagnarde, presque européenne, dans une contrée fertile     grande comme la Limagne. Et le bistrot du match retransmis était contre la guerre. Mais j'aurais bien voulu m'enfuir, ne me sentant vraiment en sécurité nulle part.

62 03 09
    Accompagne avec d'autres (Santiarez) un voyage scolaire alpestre. Notre établissement se trouve aussi dans les Alpes, et le réfectoire se prolonge par une supérette qui suit la pente de la montagne, et comporte des étalages de grosses tomates bien fermes. Le patron est un peu bourru voire débile, mais favorable à ma présence. Ensuite, avec les élèves, nous gravissons une oblique à travers la roche grâce à  un ascenseur longiligne (cf. Roc-Amadour) ; mais le voilà qui retombe en arrière. Tous s'en sortent, je dois regravir les escaliers, dernier du groupe, et regagne le restaurant des élèves, là-haut, très essoufflé.

62 03 11
    Anne et moi venons d'emménager à Tours dans une grande maison claire. Nous avons dû descendre deux tracteurs perchés sur une estrade dans une grange, à l'aide d'un plan incliné. Le beau-père nous a aidés. Puis Jean Dépont et Tarche nous ont invités dans la maison de ce dernier, à flanc de colline : vue sur un terrain de camping, herbeux, où vit aussi un sculpteur écolo qui aligne des têtes sur son établi en nous regardant d'un air soupçonneux. Mais Anne ne vient toujours pas, je raconte à quel point mes rêves se sont développés quand j'ai vu que ma femme ne sortirait pas des siens.
    Mes hôtes reconstituent, à même deux tables de bois vernies, les éléments d'une structure en forme de flèches de grues à peu près symétriques. J'essaye d'y ajouter une structure à moi, mais j'y aurais inclus un élément de plastique susceptible de moisir : ils me la font enlever. Je me demande s'ils font cela habituellement ou si ce n'est pas un passe-temps pour cacher leur ennui. Ils me suggèrent de reprendre la route vers La Roche-sur-Yon : d'après la carte, ce n'est pas loin, et ce que je prenais pour
Tours ne devait être que Luçon. Je vais donc là-bas, et me demande ce qu'est devenue une lettre sur la chaudière, que nous avions envoyée à l'administration.
    Bien que je m'adresse directement, à l'étage, je suis reçu aimablement, on cherche une madame Würger ("L'Etrangleur"). Et l'employée supérieure vide une corbeille à papier où se retrouve une vieille carte Michelin des années 30, bleu foncé, portant la mention "Germany" - mais mon affaire "suit son cours".     *
62 03 15
    Au nord de l'Angleterre avec une petite fille; moi-même petit garçon, le long d'un canal gris et froid, où nus devons nous tremper sans cesse pour poursuivre notre route. Des petits garçons s'interpellent: "Est-ce qu'il est au courant ?" Ce qui veut dire : "Est-ce que tu (est-ce qu'il) fait partie du jeu ? Tout le monde s'exprime en français. Enfin la fillette et moi parvenons au bord d'un grand jardin ; Aline est en contrebas. Nous y attend un petit chat blanc et uu ballon. Nous jouons en bas de la pente ; mais la maman de la petite fille la rappelle de tout en haut  : nous n'habitons plus ici, nous devons abandonner le chien.
    Je hisse la fillette et divers jouets et vêtements, elle me les demande, sans tenir compte que mes affaires à moi restent en bas. Je lui en fais reproche. Alors qu'elle est sauvée, avec sa  mère, en haut et à l'extérieur, je dois ramper encore sous la barre de fer atteignant presque le niveau du sol. Je recaresse  quand même le chien que je ne reverrai plus jamais plus jamais. La maman reviendra habiter ici toute seule. Je dois quitter ce paradis triste. J'aime tant ce petit chien blanc, et je ne sais si j'aurai la force de regravir cette pente si raide d'où nous nous éloignons.


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