28.2.16

Quand on voit ce qu'on voit...

    Hier à 17h est un autre jour, un autre univers. Cjaque matin je scrute le carnet d'une autre année, en suivant. Cela n'apporte pas grand-chose, juste l'impression d'une étoffe qui traîne (eines schleppenden Stoff). Hier il a venté, il a plu. A 17h je travaillais à mes petits fragments de vie, ce qui gît sur les pages de la noria. Bien dissimuler que je suis nul. Il me fallait mon Facebook tout chaud. Puis je téléphonai au garage : une voix juvénile me répondit, la voix tripotait un ordinateur. Explorateur futur, tu ne peux imaginer ce que cette application a bouleversé la vie quotidienne de chacun. Certains se ruent sur leurs contacts sociaux, dès le matin, sans avoir même pissé encore.
    Ma vie est comme celle de tout le monde. Il faut à tout prix "faire intéressant", sans pudeur. C'est alors que je suis allé au garage? Trajet à pied, pas vif, autobus qui me rattrappe, brave femme qui le conduit " - Madame. - Monsieur". Ce que l'on dit, c'est qu'un euro 50. pour deux statrions, c'est cher. "C'est clair". Alors voilà, je me décide pour un coussin-fesse, mais il ne s'agit que d'un échantillon. Courage, un professeur m'a dit "je reconnais tout de suite vos copies à votre style". Ce coussin-fesses se glissera entre mon trou du cul réel et le trou du cul sur le siège, immense, déchiré comme une mer d'Aral. Dans "Mer d'Aral" il y a merde.
    Grand honneur : la Patronne me montre l'endroit précis où je peux trouver de vrais de vrais coussins, qui remontent le long du dos et recouvre tle siiège entier. Voilà une nouvelle. Voilà qui remplit les pages de Fesse-Bouc (plaisanterie éulée), sans compter les blogs sur la couleur du temps chez moi et l'envie de chier chez moi. Mais ce qui m'a troublé, voyez-vous, c'est moi-même, comme vous. Comment j'ai tremblé devant les jeunes gens nouvellement embauchés.  Comment j'accentuais cela pour en faire un numéro. Je forme une entreprise qui n'eut point d'exemple. Ce serait mieux de pas trembler, de ne pas raconter sa vie à propos de l'aspirateur d'intérieur, de ne pas haleter.     Tu crois faire ainsi pour te donner une contenance, et cela ne sert qu'à passer pour un con, un demi-fou, même pas de ceux qu'on enferme. Il ne faut pas qu'on me prenne pour un fou, pour un prétentieux, pour un mépriseur. Cela s'appelle, Lazarus, avoir le souci des autres, ce qui est louable. Regarder ses qualités dans le miroir, c'est vanité. Mais y scruter ses points noirs et défauts, pour que les autres n'en souffrent pas, c'est de l'altruisme. Ao final, Mon Allume-Cigare n'a toujours pas été examiné, je ne peux toujours pas utiliser Mon Aspirateur, il faudra revenir jeudi. En espérant que l'ordinateur de Renault ne sera plus en panne, car il me faut aussi retringler l'intérieur de ma portière.
    Mais ces entourloupettes où nous nous débattons, alors que nul ne sait plus lire, en 2100 ! tous kwéoles ! - ne nous renseignent pas sur le Branle Pérenne du Monde. Ce que je pense de l'immigration, ou de l'invasion ? Voyez Fesse-Bouc, mon cher : juste de petites invectives, l'adoption d'un camp plutôt que d'un autre : moi je gueule contre l'invasion, sans charité aucune, sans en recevoir chez moi, quand les autres vantent leurs vertus, sans en recevoir chez eux. C'est petit, c'est mesquin. Alors ? ça, ou le garage ? médiocrité ornée ? merde couronnée d'épines en platine ? Une vidéo montre une grosse vulgaire à croix sur les nichons, lisant devant une caméra, pestant contre les immigrés qui seront 80 à Buzançais (Indre) ?
    Elle ne sait que répéter qu'ils vont "foutre la merde" - madame... - et que Buzançais (Indre) "ne doit pas devenir Calais". "80, c'est disproportionné" - Frau Merkel, vous disiez "je ne peux pas comprendre qu'une communauté de 508 millions de personne ne puisse absorber un million d'émigrés" mais la question n'et pas là, Frau Merkel ! Le chiffrre, comme ils disent, le nombre, en bon la France, ne fait rien à l'affaire ! 80 suffisent, installés en centre ville, pour démolir la vie de toute une cité ! ...et cela vous intéresse plus que mon garage ? que mon allume-cigare, fait pour un homme qui ne fume point ? Tenez : la Guerre 14 par exemple  - mieux, mieux : une Fâme, bénévole bien nourrie, se presse au secours des pôôôvres réfugiés : "Ils n'ont rien ! je leur donne !" - et d'ajouter, en substance, qu'elle se sent libre, heureuse, épanouie, ressentant la vraie vie !
    Dans un roman, Germinal peut-être, une femme' jette dans la cour un vêtement que lui apporte une brave jeune bourgeoise : "Ca leur fait plaisir de nous voir dans la misère, à ces gueuses !" - et là-dessus, le vieil abruti se lève de son fauteuil pour étrangler la petite madame... oui, Germinal...
      

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