23.2.08

Singe Vert N° 27 - Hommage à Saint-Flour

ELOGE DE ST-FLOUR, ARLEMPDES ET AUTRES LIEUX


Il me prend des envies de tout plaquer, famille, collègues, femmes - ô combien ! - pas beaucoup - et de me retirer dans un bled complètement pourri genre St-Flour, Arlempdes (il y a "pd" dedans) ou St-Chély-d'Apcher. Pourri : personne à voir. Bonjour-bonsoir avec les commerçants, des grognements de voisins, et puis tout de même l'Interréseau, la Toile, pour me sentir au centre du monde, mais sans contact réel, par pitié, sans contact réel. Il me reste mettons vingt ans, trente ans à vivre, je voudrais les vivre tranquille, sans me faire enculer tout en me faisant engueuler parce que j'oublie de sourire.
Pour les femmes eh bien je ferais comme les femmes : une bonne branlette de temps en temps pour l'hygiène, elles tiennent la vie entière avec ça et elles n'en font pas toute une histoire. Les femmes qui aiment les hommes, c'est bon pour les films ça, ou pour les bouquins; Un couple qui s'embrasse, tu vois ça à l'écran. Pas ailleurs. Ou alors les très jeunes, ça les chatouille un an ou deux. Je parle des femmes. Les hommes s'imaginent que ça peut durer. Ils se sont vus dans une glace ? non mais ils se sont vus ?
Passons. Là-dessus, il y a les maires des communes ci-dessus qui vont m'assigner en justice pour avoir dit du mal de leur pays. Mais non j'en ai dit du bien de ton pays, maintenant tu t'encaisses des procès pour n'importe quoi, tiens, tu as le nez au milieu de la figure, eh bien ça évoque une pine, c'est obscène et tu dois te le cacher sous un - cache-nez, précisément. Je suis sûr que ça se plaide, et que ça se gagne. Vu comme les femmes sont devenues connes ces derniers temps. Ce que je veux dire, c'est qu'à St-Flour, au moins, si tu fermes les yeux il ne se passe rien.
Je m'en fous moi des festivals de moto-cross, des circuits pédestres où tu rencontres un Parisien en short tous les 500 mètres quand ce n'est pas une bande de scouts qui gueulent, des boîtes de nuit et des autoroutes "pour désenclaver le Massif Central". Je n'en ai rien à taper moi du désenclavement. Tiens je suis allé à Marvejols par les petites routes dernièrement. Eh bien il y avait foule dans la rue, j'ai entendu parler anglais, allemand, plus d'autres langues hurlées d'un bout de la rue à l'autre, ils étaient chez eux, tous chez eux, et moi avec ma langue française j'avais l'air d'un con, elle est où, l'authencité touristique ?
A Florence en 70 même chose : que de l'anglais et de l'allemand aux terrasses, et les Italiens qui s'adressent à moi en français, et les Français qui hurlent leur anglais au pied même de la Giralda de Séville, bande d'assassins. Maintenant le Massif Central c'est devenu un rendez-vous à touristes ("Nous voulons - du pognon ! Nous voulons - du pognon !") - les Auvergnats, tu m'étonnes... Moi ce que je veux c'est un bled pourri, sans plan d'eau, sans festival, sauf La Chaise-Dieu peut-être, sans pédalos, sans Tour de France, sans hommes.
- On voit bien que c'est pas toi qui y vis toute l'année !
- J'm'en lambre.
J'étais une autre année (parce que je voyage, moi, faut pas croire) à Châteauneuf-de-Randon (où est mort Du Guesclain, mais tout le monde s'en tamponne). Il faisait moins cinq, extraordinaire, de la neige et toute la solitude, j'entre au bistrot, la tenancière en train de râler que l'autoroute allait passer en bas sans monter à son village, que c'était la misère, qu'il faisait froid - "Au moins moins dix ! - Mais non Madame je vous assure, moins cinq à tout casser" - c'est qu'elle me regardait de travers c'te conne, et que je te geins, et que je te geins. Mais ma pauvre, cours-y vite à Pantruche, tu verras des foules et des gensses comme à la télé qui invitent l'ami Ricoré !
Vous habitez un pays magnifique et vous n'en êtes pas dignes, voilà ce qu'il fallait dire. Vous avez le pot d'habiter un bled sinistre, au sommet de sa colline, battu des vents, avec des pierres noires, personne dans les rues, un beau cimetière à crever, des kilomètres de désert, le chauffage, la télé (choisissez mieux vos émissions), de l'électricité, un chien trois chats, et personne à qui parler ! Putain le pied ! Qu'est-ce que j'en ai à glander de votre pays l'été, où pullulent les panneaux partout, château de ceci, menhir de cela (près de Roquefort, un mètre cinquante le menhir, tu parles ! mais un vent nom de Dieu, un vent !
Sublime...) Moi, moi-même, cloporte dans le vent, et Dieu, qui avait créé le petit cloporte et qui lui parlait à même les tympans... Je ne veux plus voir personne. Partout des sites touristiques. Le management, comme vous dites en français. Ici une petite source, ici un gros chêne, ici une bergerie, on ne peut plus trouver un buisson sans tomber sur un bar à frites, un tourniquet de cartes postales et du rock and roll, tu ne peux plus trouver un buisson pour chier tranquille, putain ça pue le Massif Central, 40 balles l'entrée au chaos de Montpellier-le-Vieux près de Millau, t'es averti au dernier, au tout dernier moment, après 14 kilomètres de lacets, tu as juste un petit espace entre deux pierres pour faire demi-tour si tu es radin, mais vraiment juste au dernier moment pour bien passer pour un plouc et un Harpagon.
Vous me faites tous pitié avec votre aménagement touristique, voyez ce que ça devient du côté des Volcans, bravo Giscard, pour le pognon t'es jamais le dernier, pour photographier un arbre bientôt tu devras casquer au propriétaire. A Millau, des panneaux gigantesques à travers toute la ville, dans les Pyrénées les Cathares à toutes les sauces, et musée dela noix, musée du fer-blanc, musée de l'insecte à St-Léons dans l'Aveyron, où tu étais pourtant bien tranquille en 98 encore, tu as tout le temps l'impression d'être à l'école, musée de la machine agricole, musée des feuilles, musée des écorces, musée des crottes de biques, eh ! oh !
...Je suis en vacances moi ! ou plutôt non ! j'y habite ! j'y crève, j'y suis venu pour ça ! un pays où crever, vieux, tranquille, pépère, avec des bouquins et une radio ! Et pas de téléphone, surtout pas de téléphone ! ou alors, un sacré répondeur... Un filtrage fé-roce... Et je ne tiendrai pas le coup... Je le sais j'ai essayé. C'était en plein été, à Paris. Des potes m'avaient passé leur appartement pour huit jours. Tranquille isolé à fond dans la foule, deux millions d'anonymes. Au bout de trois jours sans adresser la parole à personne, je commençais à monologuer dans la rue, puis à gueuler tout seul, j'apostrophais les passants dans ma langue, le djungo, un truc que j'ai inventé, je fais croire que c'est un dialecte juif de Moravie, mais c'est un code que je me suis fabriqué.
Remarque, à Paris, tu peux débloquer en public tant que tu veux, personne n'ira te faire chier, tu peux même crever à même un escalier de métro, les passants te contourneront sans s'occuper de toi, ça a été filmé, parole, ils t'emmerdent pas. Mais toit tu vois des gens, des filles coincées sur leurs masturbations (une par jour minimum, j'insiste), qui te traversent du regard surtout que tu commences à te faire vieux, et tu disjonctes, forcément, malgré les -bénies soient-elles ! - cabines pornos. Notez que depuis ce temps-là, je me suis payé Lisbonne tout seul, huit jours, à errer sous le soleil.
Une langue extraordinaire de sensualité : le portugais, avec toutes les chuintantes, tout le monde qui te fout la paix (toujours dans les métropoles), et pas un instant d'ennui, une errance perpétuelle, des livres en français et en portugais, si je n'avais pas promis de revenir chez moi j'y serais resté ; finalement depuis Paris j'ai progressé, je pourrais tenir. Je disais St-Flour au début, mais je me méfie : Renaud Camus (je vais me faire mal voir !) dit qu'au Puy-en-Velay, maintenant, les alentours sont tout défigurés par les panneaux publicitaires et les super-marchés.
A St-Flour, j'ai regardé sur la carte : c'est au carrefour de quatre ou cinq nationales, le Syndicat d'Initiatives tu peux en être sûr a encore fait des ravages en croyant bien faire, il reste encore Ste-Urcize... St-Flour me rappelle cette étape que j'y ai faite en 1976, où j'ai écouté en pleine nuit le transistor collé à l'oreille oreille une extraordinaire, une poignantissime chanson arabe, une voix de femme franchissant les espaces, tantôt si proche, tantôt si lointaine, et qui me parlait à moi sur mon petit lit d'hôtel... Je revenais de voir un de ces films si répugnants, si naturels, où Jane Birkin manqua perdre la raison en se vautrant dans les bras gluants d'une pieuvre rouge.
Dégueulasse.
Voilà où je dois finir mes jours : à St-Flour, excellent souvenir, no future. Qui est-ce qui me parle de recoller à la vie, de rafistoler mes vêtements, de renouveler mes chaussures provenant de l'armée des ombres, de racheter des pantalons neufs, sans trous, avec mon argent - vous autres, non-fonctionnaires et si fiers de l'être, ne pouvez pas comprendre, concevoir cela : notre vie, c'est tant par mois, ni plus, ni moins. Que je travaille, que je ne travaille pas, aucune possibilité d'amélioration de quoi que ce soit, le tournage incessant de la noria pour la pitance, et toujours la même chose, la même chose, sans espoir, jusqu'à la retraite, quels que soient les efforts qu'on fait ou qu'on ne fait pas.
Les moments de bonheur que j'éprouve me surviennent au volant, sur cette petite route à présent constellée, ponctuée de ces petits bonzhommes sinistres (l'orthographe, c'est exprès, pour t'apprendre à prononcer tête d'ignare) dressés le long des routes, comme les croix du Pérou à quatre mille mètres d'altitude au bord des ravins. L'âme des morts plane au-dessus de moi, sous le ciel infini des Landes, tandis que je me rends à mon travail, qui étaient-ils ? Je pense à cette jeune infirmière morte de s'être retournée vers le siège arrière, où son petit enfant était assis. Qu'est-ce qu'elle pouvait me trouver, ma mère ?
Je vais moins vite. Mais je ne change pas d'itinéraire. Je préfère mes compagnons de bois peints ("Sur cette route, 15 morts en ans sur 11,5 km" - à vos calculettes, les instits !) à ces hideux panneaux publicitaires qui défigurent l'autre itinéraire, plus fréquenté, moins dangereux paraît-il. J'ai l'impression de partir en vacances, même si je ne fais que rejoindre mon lieu de travail. Les morts, ça me connaît. Ils m'accompagnent, comme un voile noir et familier qui flotterait tout au-dessus de ma tête, une serre de fraises périgourdines en crêpe de deuil. Pour me donner un genre, je fais un signe de croix. Les camions me croisent. Un jour, je serai perdu à l'est du Cantal, aux confins de la Haute-Loire. Moins glorieux que l'Islande. On fait avec le fric qu'on a. Fonctionnaire. Retraité.
Ils tireront tous jusqu'à la corde sur ma résistance physiquepour bien profiter de mon pognon. Puis d'un coup ce sera la retraite. La misère. Et je me tirerai. A l'est du Cantal. Pas trop loin. Mais s'il y a trop de touristes, je ferais peut-être mieux de choisir une campagne où personne ne va? le Pas-de-Calais, la Meuse, la Haute-Saône ? J'ai fait mon plan. A force de devenir loup, j'aurai une envie de recroquevillement, de crevaison. Je deviendrai vieux très vite. Je désirerai mourir, qu'on me foute la paix. Depuis des années je me rends compte que ce n'est pas moi qui commande dans mon cerveau, que le tatou s'adapte à tout. Alors un jour, forcément, tu t'adaptes à la mort. Les hormones on te dit.
De mon vivant, je voulais bouger tout le temps. Seulement voilà, il n'y a pas qu'à l'intérieur deton cerveau que tu n'es pas le maître : en fait c'est partout. Quand tu n'as pas de couilles, tu n'as pas de couilles et c'est tout. Point barre. Les circonstances, mon entourage, mon manque de fric, ma mentalité de cloporte - "Se battre ! toujours se battre! Même quand on gagne, on perd", et c'est Marilyn qui le dit dans les "Misfits" - pour une fois qu'elle ne disait pas de conneries - m'ont férocement empêché de voyager, d'errer, soyons plus franc : de foutre le camp, ça n'a rien de mystique. Alors crever. Pas de fric ? Eh bien, voyage intérieur.

Je me sentais heureux, jadis, de mon vivant (j'insiste), dès que je passais une frontière: c'était moche, une montagne pelée, quelques agglomérations misérables, mais la frontière était dans mon dos, j'échappais aux poursuites, je n'avais plus rien à prouver, que j'étais un écrivain, que j'étais un homme, avec des couilles, ces fameuses couilles, plus rien, j'étais un étranger, un inconnu, tout le monde s'en foutait, de mon existence, je chantais, je hurlais dans ma voiture, dans des langues que j'inventais à mesure, car ce qu'il y a de plus drôle, c'est de passer pour un autre étranger que celui qu'on est : pour un Israélien à Carthagène, un Finlandais en Autriche, un Polonais en Hongrie.
A St-Flour pour rien du tout. Rien que des grognements. Une tombe à Queyssac (Cantal) : "Untel, homme de lettres" - comme disait Favretto, c'était peut-être le facteur. Je m'étais bien payé une pinte de bon sang devant cette épitaphe - et puis non, à présent, elle me semble la plus glorieuse qui soit : "Le Singe Vert, homme de lettres", avec toute une oeuvre derrière lui dans ses placards, un mollard à la face du monde, indifférent, pléonasme. Alors me fatiguer, reprendre du poil de la bitte, hop hop ! hop hop !
C'est ce que dit Dutronc dans le film "L'important c'est d'aimer" de Zulawski, vous vous souvenez, "hop hop ! hop hop !" - à peine levé, mouvements de gym, petit-déjeuner, bille de clown, même pas le temps de pisser (vous avez remarqué dans les films, on se lève et la caméra ne vous lâche plus, quand est-ce que le personnage pisse? ) Et justement, dans le film, Dutronc se suicide aux barbituriques dans une pissotière, il bave en donnant des coups de pied dans un urinoir vertical, vous vous souvenez ? Alors revivre, recommencer votre comédie sinistre HOP HOP ! HOP HOP! où c'est toujours les mêmes qui gagnent et qui s'amusent, HOP HOP !
Non merci, non merci. Ce film est un chef-d'oeuvre : "L'important, c'est d'aimer" : tout bien net, bien cruel, bien à travers la gueule, c'est dans un mon,de comme ça que j'aimerais vivre, finies les conversations où tu as besoin de peser tous tes mots, toutes tes mimiques, pour nep as vexer les autres, ces fameux autres qui m'ont empêché de vivre - il y a des gens qui prennent leur plaisir comme ça : enfoncer les minables, ils voient un type bien gentil, bien concon, allez hop on l'écrâââse, putain le pied - pauvres connards...
J'ai vingt ans, si Dieu veut, ou vingt mois à vivre, s'il te plaît Dieu - un Dieu un visage humain bien sûr, un Dieu à mon échelle, où t'as vu que c'était obscène de convoquer Dieu pour se mêler de tes petites affaires ? je te parle du Dieu des couillons moi - allez vingt mois, vingt ans pour crever à St-Flour, terré, parmi des gens qui ne m'ont jamais vu, qui se foutent de moi pourvu que je paye mon pain et mon fromage, juste pour me donner un genre, et envoyer mon petit Singe Vert à des tas d'inconnus, du courrier, de l'Internet, mais plus de vie humaine s'il vous plaît, plus de visage sauf à la télé quand je pleure devant une femme que j'aurais aimée, mais dès qu'on ouvre la bouche c'est cuit parce que la femme elle veut te voir faire ton petit galop d'essai pour voir si on couche ou non, son grand plaisir à la femme c'est de voir si le mec il ne se couvre pas de ridicule, avec moi c'est gagné, moi j'ai autre chose à foutre, les gens à la télé m'émeuvent, je me sens leur frère, mais les gens en vrai, dès que j'ouvre la bouche c'est foutu, ils te jugent, tu les juge, c'est foutu.
Par écrit ça va.
Dans un film porno ça va.
Là je les sens bien.
Autrement je me méfie. Qu'est-ce qu'ils vont encore me demander. Qu'est-ce que je vais encore leur demander. Avec leur morale. Avec mes préjugés. Je ne demande pas grand-chose. Une bicoque chauffée. Un chien trois chat. Internet. La télé. Des disques. Ma bibal. Du courrier. Une bagnole. Une carte bleue, ma petite pension, et un supermarché. Pas de femme surtout, pas de femme, par pitié, arghh... A St-Flour ou ailleurs. A Forbach. A Moulins. A Irkoutsk. Je ne tiendrai pas trois jours. On peut rêver.
Parfois j'éprouve un sentiment de bonheur. C'est toujours au volant. Des choses assez bouleversantes, devant le paysage cent fois vu de mon itinéraire de boulot, malgré, ou plutôt y compris les petites silhouettes noires fraternelles de macchabées - je m'exalte, un soleil levant, une lumière rasante, je ne suis pas exigeant - des spots, en français, des petites flaques de bonheur, comme ça, gratuits.
Pour le malheur, l'homme peut toujours trouver une multitude de raisons : je suis
malheureux, parce que... cela peut aller à l'infini. Mais pour le bonheur, c'est gratuit ; c'est un instant de grâce, comme on dit, "à la grâce de Dieu". Il n'y a aucune, absolument aucune raison d'être heureux. Mais retomber dans le "plan de vie" ? Merde alors. J'ai donné. Aux suivants, à ceux qui ont des couilles là, hop-hop ! hop-hop ! Pas de projets, surtout pas de projets ! On m'a assez eu avec ça ! Ils n'aboutissent jamais, les projets, ou alors, au centième de ce qu'on avait prévu, je ne vais tout de même pas repiquer à la fatigue, au remue- ménage, hop-hop ! hop!
Vous savez quoi ? Imaginez qu'une femme me propose - c'est une pure imagination - de me soumettre à un test de dépistage HIV - pas pour coucher, nous n'en sommes plus là ! - mais par pure amitié : ça va pas, non? Pour quoi faire ? Pour vivre dans l'angoisse du résultat ? Pour bomber le torse en me disant "moi, je suis courageux les mecs, je prends (et là ma voix qui s'enfle et qui me prend plein la bouche) mes Rrrresponsabilités ?" Et après, j'attends de crever, je me soumets au traitement, je deviens une épave ambulante ? Et les autres ? Ah mais c'est qu'ils sont vachement sanctifiés les Autres à présent, coco, pour ce qu'ils m'ont fait chier, pour ce qu'ils m'ont entravé, pour ce qu'ils m'ont empêché de vivre, je leur dois bien ça !
Eh je m'en fous des autres, je n'ai qu'à faire comme les femmes : je ne baise pas, je me branle, qu'est-ce qu'elles savent faire d'autre, je ne contaminerai personne, pas besoin d'avoir peur ! Tuy peux ranger ta bitte avec ta leçon de morale.
C'est fini tout ça mon vieux, il faut crever, dégager le plancher mais à mon rythme, vingt ans de solitude, pas plus, et vu que la solitude c'est-pas-bon-pour-les humains gnagnagnèèèèère, eh bien je ne tiendrai peut-être pas plus que deux trois ans, toujours ça de gagné, qu'est-ce que vous avez tous à me faire chier à vouloir "sauver, sauver, sauver", je n'ai rien demandé au téléton moi, je n'en veux plus de vos "projets de vie", j'ai l'impression de vous avoir tous dépassés - allez, on ne va pas vous vexer, d'avoir déjanté de vous d'au moins dix kilomètres, ce que vous me proposez, c'est tout rien que de la resucée, j'ai déjà vu tout ça, c'est merdouille et compagnie, qu'on me foute la paix, c'est tout, sauf quand j'aurai envie d'emmerder les autres, haha ! haha ! HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !
Cent ans à tirer...

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