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Affichage des articles du février, 2012

Godot et Godeau

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Plus stupéfiant est sa pièce intitulée "Le faiseur", que nous appellerions "Le magouilleur", où le héros, un certain Mercadet, fait patienter ses innombrables créanciers en leur faisant croire qu'un certain GODOT, purement imaginaire, de retour des Indes où il a fait fortune, viendrait leur rembourser toutes ses dettes. Et toute la pièce durant, il faut "attendre Godot", ce qui semble annoncer quelque chose. Il me semble invraisemblable que Beckett, homme de théâtre, n'ait pas eu vent du théâtre de Balzac, même si de son propre aveu il détestait les constructions romanesques dudit, qu'il trouvait sans doute surchargé. Or les découvreurs de cette coïncidence ont voulu borner là leurs investigations, et ne la mentionner qu'en passant, car il n'est rien de plus éloigné du désespoir sec de Beckett que l'amour foisonnant de la vie grouillante d'Honoré. Mais peut-être n'aurait-il pas voulu, notre Irlandais, que l'on connût

Crever selon Vian

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BORIS VIAN “JE VOUDRAIS PAS CREVER”       Nous avons tous en nous peut-être pas quelque chose de Tennessee mais en tout cas, in France, de Boris Vian. Une tendresse pour cet éternel jeune homme qui n'a pas eu le temps de dépasser 39 ans, mieux que John Lennon, n'allez pas voir le film. Les attendrissements n'étaient pas son fait, son cœur battait deux fois plus vite que la moyenne, d'où une vie divisée par deux également, bien remplie, au triple galop, que je n'ai pas l'intention de résumer ici car j'ai jeté l'article (merci tout de même au cercle de défense de la Langue française et au Dr Bergaud). Tout ce qui a été dit ou écrit par Boris Vian, nullement issu des milieux antitsaristes d'après 1917, fut pieusement et à juste titre recueilli.     Sachez qu'il fut aussi capable des pires déconnades, des virtuosités les plus époustouflantes, des poussées de larmes les plus efficaces dans son “Arrache-Cœur”, des raisonnements les plus réjouissammen

(E)ULENSPIEGEL

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    Ulenspiegel vit d'expédients, fauchant saucisses et bonnes femmes consentantes, Goedzak se maintenant en état de chasteté afin de retrouver sa femme infidèle disparue. Mais ils risquent tous deux leur vie, servant d'agents de liaison entre les différents acteurs de cette révolte, où il faut distinguer les nobles, pas toujours sûrs, et les gens du peuple ou de la bourgeoisie, comportant aussi leurs traîtres.     Ulenspiegel possède une fiancée qui l'attend, telle celle de Peer Gynt, jusqu'à ce qu'il revienne de ses aventures, triomphant ou  menacé. Je crois bien qu'il est exécuté, mais qu'il se redresse avec sa fiancée dans les bras, proclamant son immortalité dans les âmes et les cœurs belges. Peu importe. La vérité historique est cernée de fort près, l'indignation serre le cœur du lecteur à la vue de toutes ces injustices inévitables : tous les mauvais pressentiments se vérifient, les religieux de ce temps-là ne sont que des bourreaux plus hypocrit