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Affichage des articles du octobre, 2012

Alain J. et Michèle D.

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Elle s'appelle Michèle Delaunay : tel est le titre du DVD, signé Dominique Blanchard, qui accompagne l'ouvrage paru en 2007 aux Editions du Bord de l'Eau : cette phrase fut prononcée pour compléter les dires d'un journaliste, qui commentait une défaite d'Alain Juppé, « battu par sa concurrente ». Mais le nom de la concurrente, ô vil courtisan ! n'apparaissait point. Aussi quelqu'un de l'assistance, indigné, compléta l'information : « Elle s'appelle Michèle Delaunay » - c'est un comble tout de même que le nom du vaincu éclipse le nom du vainqueur. Oui, c'est la fille de M. Delaunay, qui fut préfet de région en Aquitaine. Mais cela ne suffit pas à fonder une « dynastie », car l'élection eut lieu tout à fait démocratiquement, selon les mérites de chacun. Or les mérites de M. Juppé, à en croire ce livre intitulé quant à lui L'éphémérité durable du blog , sont minces. Michèle Delaunay – je vous avais promis une grande histoir

Mourir pour Dantzig, non, mais tout de même...

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Il continue : « Le réel! Le réel ! Il y en a vingt, cent, un million deux cent six mille. Le réel du natif de Paris par rapport à celui de Toulouse, en encore, quel Paris, celui du VIIe, mais quel VIIe, le Gros-Caillou ou Rue du Bac, et Toulouse, Toulouse – rue Ozenne ou Toulouse – La Ramée, et... Il y a autant de réels que de songes. On ne peut pas opposer le réel à la fiction, car la fiction est aussi réelle, dans nos esprits, que ce qu'on appelle « le réel », et qu'on confond avec la vie matérielle » - concon ? vous avez dit « concon » ? espèreriez-vous, par la médiocrité de votre style, jeter un voile sur le confort de votre conformisme ? « La réalité artistique s'ajoute à la réalité matérielle pour composer la vie, spirituelle plus matérielle » - décidément, il est bien difficile d'être original. « Le réel de l'art est si réel que l'art ne naît pas de la vie, mais de l'art. « L'espèce de maniaquerie qui fait voir à chaque écrivain des détail

Dantzig m'énerve

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7. Ceux qui se seraient insurgés contre l'Occupation, d'après eux, sont parfois les mêmes qui défendent à présent la bourca au nom de la liberté des femmes : c'est qu'il s'en dit, aussi, des conneries, en notre brave époque. Je n'admirerai jamais assez, encore une fois, tous ceux qui savent spontanément, comme ça, ce qu'il convient de penser, où est le bien, où est le mal. « Ces fanfaronnades finirent par créer un préjugé presque favorable à quelqu'un qui ne le méritait pas » - oh la belle dérobade Herr Dantzig ! On dirait du moi. « Drieu n'était ni si poli, ni si élégant. Cet idéologue a pour argument la vie privée : ceux qui ne pensent pas comme lui sont homosexuels ou impuissants » - dit-il du mal pour dissimuler (mal) son attirance, ou bien joue-t-il sur ses ambiguïtés ? Je préfère en tout cas les eaux troubles d'un Dantzig aux consternantes pétarades d'un Bégaudeau qui refuse de lire Céline en disant « C'est un facho, pas

Le fantôme de Combourg

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Nous connaissons ce fantôme qui selon C. parcourut les escaliers venteux du château de C. - bourg ignoble, où les châtelains manquaient de richesse. Ce revenant, capitaine, coula en octobre 55 du siècle seize au large de St-Malo : l'Atlantique s'était dérobé sous sa quille, engouffrant les diamants. Borgne et unijambiste, souffle court, le capitaine fit de sa jambe de bois, fabriquée au Brésil, retentir les voûtes. L'accompagnait un chat, qu'on entendait sinistrement miauler. Le capitaine une nuit disparut, dans un repli d'éternité : tout fut abandonné au chat : c'est lui que l'on montre encore, mâchoires béantes jusqu'à démantibulation, retrouvé dans l'épaisseur du mur, dans la coulée de mortier où il fut comprimé, moulé gueule ouverte dans l'épouvante ; ainsi Jean le Poète porta-t-il mentonnière sur son lit de mort, le cadavre bâillant sans qu'on le fasse clore - panique pour les visiteurs devant la bouche ouverte, noire et malodor

Les réflexions du mollasson

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Nous voici donc tenté d'un vibrant parallèle entre la Chute de l'Empire Romain (Decline and Fall...) et la petite époque où nous grouillons – en vérité, chaque siècle s'est cru à bout de souffle, complu à s'ériger en Suprême Ecroulement. Dont l'Homme se relève jusqu'ici, Hydre de Lerne : Georges Duby, en la magistrale introduction au Temps des Cathédrales, nous évoque une autre épouvante, celle de l'An Mil, à présent controversée, auquel succéda une floraison, une rare frénésie vitale. Souhaitons qu'un jour lointain, les érudits encore à naître restituent le monde où nous avons vécu – déliquescence, liquéfaction - n'y avait-il donc pas au Ve siècle de chrétiens virils ? comment les hommes étaient-ils sots ? quel était, dans ces ténèbres vacillantes, le visage de la sottise ? Y avait-il moins ou plus de violence ? Les citoyens du Bas-Empire adoraient en effet comme nous les braves Barbares purs et humiliés, ces émouvants crève-la-faim n'est-c