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Affichage des articles du mai, 2016

Lieux communs sur la mort d'un enfant

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Il est coutumier de dire qu'autrefois, les enfants naissaient et mouraient en grand nombre, (Philippe Ariès ?) mais rien ne dit que l'on n'éprouvait pas de chagrin. Les animelles cherchent leurs petits quelque temps, puis se consolent paraît-il ; pourquoi nous ravaler à eux? Je me souviens de Trintignant s'efforçant de ne point sangloter aux funérailles de sa fille, et citant telle parole : "Ne t'afflige pas de l'avoir quittée ; réjouis-toi de l'avoir connue". Tout ce qui passe dans ce "Dieu a donné, Dieu a repris". Mais reprendre, c'est voler. "Mon Dieu qu'elle était belle", disait de sa fille une garde-malade, qui veilla mon père jusqu'aux derniers jours. C'était une mort-née. Parée pour l'éternité sans avoir ouvert les yeux. "Vous la retrouverez facilement ! l'allée centrale, au fond". Recherche vaine. J'étais sûr qu'il dirait "ce petit cercueil", notre prêtre pol

Ca ne se fait pas

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C'est vrai, ça ne se fait pas de se plainder comme ça. D'être épuisé pour avoir fait les courses à pied. Pas le 500m, juste les emplettes, pedibus cum jambis. Et ce n'était pas lourd : juste du papier-cul, deux paquets de soupe au potiron et un sachet de gruyère râpé si vous voulez le savoir. C'est l'âge, ma pauv'dam, vous savez, ce truc qui n'existe pas sauf dans la tête, "tant qu'on est jeune de coeur et qu'on ne se monte pas le bourrichon", c'est c'lààà ouiiii. Mal aux cuisses, mal à respirer, mal à se tenir droit, comme disent les Tamalous (tribu habitant au-delà du 60e parallèle. Pour tout le monde pareil. Ca doit vous consoler, non ? vous fermer la gueule pour le restant de vos jours. Il y en a de plus malheureux que vous. De plus malades que vous. Et si vous voyez quelqu'un de vraiment bien bien malade, dites-lui "Ne vous plaignez pas, y en a qui sont morts". Sûr qu'il va apprécier. Un peu d'optimisme a

Windows Ten

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C'est vachement pratique et je vous le recommande : comme ça, vous ne pourrez plus retranscrire vos documents écrits, vous devrez ramer comme un malade, et comme ça au moins vos lecteurs auront enfin des vacances. Tiens, je vais essayer avec une photo, pour rigoler.

Chers tas de nazes et néanmoins lecteurs

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Chers tas de  nazes et néanmoins lecteurs,  Je vous imbite à consulter "in libro veritas" où mes oeuoeuoeuvres figurent sous le pseudonyme bcollignon, bernard collignon, car de même que le masque de Le Pen masque Le Pen, de même collignon masque collignon (la ressemblance s'arrête là). Vous y trouverez des versions magnifiquement renouvelées du Chat de Combourg, du Petit Livres des grandes fêtes religieuses déjà parues au Bord de l'Eau, et Les enfants de Montserrat, autrefois Enfants de Monségur (on change de sanctuaire), ou comment transformer d'innocentes amours enfantines en sordides voyeurismes pédophiles. L'enfant, si l'on veut, c'est moi.  Mais dans le roman, il est plus beau, plus intelligent, et le premier qui me dit que ce n'est pas difficile je lui fous mon poing sur la gueule, car j'ai bien mérité mon prix de bonne camaraderie. Attention, on ne rigole pas ! l'auteur se prend au sérieux ! "Johnny, quel est votre auteur

Chambre d'hôtes

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51 08 23     Une chambre d'hôtes, c'est juste un gîte pour la nuit. On y vient seul, on se couche, on décampe le lendemain. Parfois, il n'y a pas de fenêtre : seulement de quoi dormir. L'avantage, c'est d'être seul, de se connaître. C'est aussi de pouvoir chier sans importuner quiconque de son odeur. C'est pourquoi j'apprécie les chambres d'hôtes, spartiates. Même s'il faut avoir quitté les lieux à 7h 30 du matin. Ce serait un bon moment pour se promener : tout le monde va travailler, tandis que Paris se rue au travail. Et moi, je poursuivrais ma petite route de clochard martyr. Curieux, non, ces chambres d'hôte en plein Paris ?     Ce jour-là, il était bien trop tôt : cinq heures moins vingt peut-être. Vingt minutes avant que Paris ne s'éveille, dit la chanson. Dans une chambre voisine (ou plutôt dans un coin : c'est à peine une cloison qui sépare plus ou moins nos deux couches) un homme antipathique se lève. Il est resté assis s

Fottorino, Le dos crawlé

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    Le dos crawlé n'est pas un bon titre pour le non-nageur. Fottorino, ex-directeur du Monde, n'a pas eu trop de mal à faire éditer son "dos crawlé", surtout après l'excellent succès de L'homme qui m'aimait tout bas, c'est-à-dire son père. Poursuivons dans le bémol comme dirait Salamé : ce roman m'a d'abord déplu, en raison de l'infantilisme de la langue, supprimant automatiquement la négation "ne" : "on peut pas", "il faut pas", "tu voulais pas". Il est très difficile, après La vie devant soi par Ajar, de prétendre retranscrire le langage d'un enfant, treize ans tout de même, sans se faire taxer de niaiserie. C'est pourtant ce que j'ai écrit en tête d'un chapitre. D'autre part, j'aime pas la plage, et tout se passe à la pointe de la Coubre.     D'autre part, le garçon de treize ans qui dis "je" en rajoute dans la naïveté, au point de ne pas savoir qu'on dit

Mayröcker, "Brütt"

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Que du mal, puis prendre les rames. Friederike m'a passé la main dans les cheveux qund j'engloutissait un steack au restaurant. Elle met en ordre ce tissu diffus de pensées associatives que nous trimballons tous au bout de notre moëlle. Voir On est foutu, on pense trop. De mille pages en retenir cent. "Les Français n'ont pas  besoin de connaître Mayröcker", me trompettait un éditeur ignare (pléonasme). Parfois, "je me demande". Elle a 91 ans, ne se souvient plus de moi que par vastes intervalles. "Nous avons connu de ces surréalistes" disait Frau Bülow que je fixais intensément par-delà son bureau. Mayröcker de chercher donc en rond comme un chien sur le sol, fignolant la forme, par longues longues phrases.     Je traduis comme j'ai déjà fait, traduction publiée (Editions de l'Agneau) : "moi aussi je m'interromps", auch ich breche ab, envoie-nous dans tes zigzags, nous avons la même chose chez nous. Tu parlais des jardins

Effeuillages

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Est-il  rien de plus émouvant que d'imaginer deux amies accroupies face à face, s'effleurer les lèvres, se relever tendrement en se remontant le slip. Rien de plus doux que d'évoquer le sexe et l'amour avec des adolescentes, de les chiner doucement, de jouer avec le feu. J'ai choqué une fois, dix fois elles m'auront aimé. A Buseville en 16 (je vais chevauchant les années) le nommé Pellucci, petit con insolent intimidé par l'autorité ; je lui demande, sur les marches extérieures, où est le cahier de textes ; il me répond “Ben là-haut, vous n'avez qu'à aller le chercher”. Ses camarades et moi-même le dévisageons avec stupéfaction. Je vois bien qu'il ne s'est rendu compte de rien ; que son impudence est en quelque sorte instinctive.     Un autre jour : « Désormais, il y aura deux notes pour les versions, et nous calculerons la moyenne : une donnée par moi, l'autre par vos parents, s'ils sont capables d'aligner deux mots de latin. »