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COLLIGNON VERANTWÖRTLICH 16 03 2032 Responsable : "Qui doit répondre". Sur le qui-vivre. Qui m'a complimenté, - fait honte ? Adepte non du confucianisme, oui bien du confusionnisme :dès ma première volonté, l'engourdissement gagne le cerveau, merde aux sartriots disant Imagine tes ailes et tu voleras. S i tu veux penser le sommeil te prend. Au culte du héros succède la fourmi. Bientôt sera exalté celui qui trouve sa case sur le damier. Jamais je n'ai entendu la moindre conversation qui fût constructive. Je ballote d'un os à l'autre de mon crâne.Qu'est-ce que le groupe. Je ne suis responsable de rien. Je régresse. Choisissez donc une bonne fois – exalter l'enfance ? - la rabaisser ? S'il faut exalter la nature, exaltons le cadavre. Je hais les enrichissez-vous Jamais le tronc d'arbre ne devient crocodile. COLLIGNON PAGES LIBRES T. II 3 LE GRECO

Légitime défense

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COLLIGNON CONTES ET ÉLUCUBRATIONS Nouvelles (quelle horreur !) Éditions du Tiroir Semper clausus L É GITIME D É FENSE La rue s'allonge droit comme un couloir entre deux rangées de poteaux électriques. De là- haut tombe tous les trente mètres un cône de lumière. Il est minuit. Je reviens à pied du cinéma. La rue est déserte. Dernier poteau d'ici cent mètres. Puis le noir : quartier neuf. Avant-dernier poteau. Je regarde dans mon dos la longue enfilade des petits points brillants, qui s'enfoncent, qui s'enfoncent. Le dernier luit au ras de l'horizon. Un autre point mouvant, vers moi. C'est une bicyclette. Mon ombre se déplace d'arrière en avant, la bicyclette s'éloigne, voici le dernier poteau dont l'ampoule tremblote – comme si l'électricité en bout de ligne s'était essoufflée, à courir si loin. Voici le noir. Le lent dégradé de la lumière

Claustrum

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COLLIGNON L E C L O Î T R E Il était parvenu à cette espèce de satisfaction. Voyant autour de lui la vastitude des campagnes, les prés, les bois et tout ce qui s'ensuit (vaches, femmes dans les bourgs et draps sur l'herbe), il se sentait le possesseur, l'englobeur des choses. Ses poumons se soulevaient, il absorbait les champs, le val, un clocher ruminant sur Volsonne, et les fumées au loin vers Waldebourg. Son souffle passait sur les blés, les haies, les potagers : l'abbaye profitait de tout, la natalité galopait, la longévité longéviait. L'abbé Jean-Robert enrobé dans son embonpoint succédait à l'abbé Jean le Loup. Le successeur à présent régnait sur mille arpents de vignes, de villageois et de rivière, et s'appliquait volontiers l'ironie. Vingt ans auparavant, anno Domini quatorze-cent soixante-sept, il était entré là, par un sombre jour de neige ; il ne tombait

CitationsT. 7

1995. Mais il arrive aussi que, pendant la veille, le pouvoir du rêve s'empare de nous avec la même violence, nous saisit et nous maîtrise ; et notre volonté n'a pas assez de force pour lui résister, et il semble que tout le tissu de notre existence se défasse, et qu'avec les mêmes fils nos espérances en tissent un autre plus brillant et plus étrange. Gabriele d'ANNUNZIO Le Feu – II – L'Empire du silence – Trad. G. Hérelle. 1996. Il pensait à une goutte de ce sang qui circulait à travers cette substance limitée par les contours communs et pourtant incommensurable comme l'univers. Il lui sembla qu'il n'y avait au monde qu'un seul temple : le corps humain. id. ibid. 1997. Il y a dans chaque gare Des gens qui croient au départ. Il y a dans chaque port Des gens munis d'un passeport. Il y a sur chaque aérodrome Des gens imp