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Affichage des articles du avril, 2019

Defrance et Bohumir Hrabal

COLLIGNON LECTURES “LUMIÈRES, LUMIÈRES” 2040 DEFRANCE “LE PLAISIR D’ENSEIGNER” 1 Questions posées à l’auteur, en présence de quelques-uns de ses élèves : - Le plaisir d’enseigner : Pourquoi ce titre ? - Les élèves ont-ils plaisir à être enseignés ? - Comment les avez-vous préparés à l’émission ? - Votre expérience est-elle universelle ? - Quels sont les défauts que vous trouvez insupportables chez les profs ? - Quelle proportion de profs acceptables ? - Si le prof n’a plus le droit de punir ni de séduire, quelle est sa marge de manœuvre ? - Un prof de maths peut-il transformer ses cours en exposé des griefs ? - Croyez-vous que les élèves auront la patience de supporter les tâtonnements du prof dans sa marche vers l’amélioration ? - Que faire contre l’indiscipline ? - Ne croyez-vous pas que les entretiens peuvent tourner en rond de façon répétitive ? - Que faire si personne n’a la forme ? - Laissez-vous dormir vos élèves ? - Les laissez-vous faire de l’histoire-géo en class

Le jour de notre mort

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Argh, virgule, chienne, salope, virgule, tu la sens ma grosse queue, (« écarte un peu les jambes que je pêche au large »), rhâ, bourre-moi le con, je n’aime que toi, grosse truie, virgule, « retiens-toi de péter » fermez-moi les guillemets, je vais partir, je pars, je t’aimerai toute ma vie. Point. Je t’aime, Heinrich. Je t’aime, Betty. - On se dit des bêtises. - Je me sens ridicule. - On fait des bruits de bouche, on fait des bruits de cul. » Heinrich ajoute « en amour, tu abdiques ; tu fermes les yeux, tu bourres et tu jouis. Tu es banale. - Et arrête de me demander si j’ai mal. Je n’ai pas mal. - Ces propos de cul m’écœurent. - Moi je t’aime, Heinrich. « Tu ne t’appellerais plus Heinrich. Tu chercherais à me séduire. Je serais à une table de café avec des jonquilles dans un vase. Tu me sourirais, tu m’offrirais un verre, je t’entraînerais dans ma chambre juste au-dessus. Il y aurait des jalousies. Je serais excitée plus tard. Surtout tu fermerais ta gueule. Je te déshabiller

Hispaniolades

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C O L L I G N O N H I S P A N I O L A D E S Merde en tube Collection de mes Deux Cette année-là, en plein été, tandis que pèse sur les abdomens l'implacable potée des bâfreries et autres tablées caniculaires, je décide de fuir : España por favor. Plutôt crever de chaud que de connerie humaine. Plein sud, tracer, foncer, la Grande Lande et la Chalosse entre eux et moi, mais avec moi tout seul, mes rites à moi et ma liturgie, tout calculé, tout chronométré. Prochaine à droite à 300 mètres et ne plus revenir : la France a le réseau routier le plus dense d'Europe, en Espagne on en verra plus que des autopistas et des drailles à moutons, caminos nacionales y de ovejas. C’est un pays comme ça. Arrêt en sortie de G., sale village, pas de panneaux, y a que moi de beau, des toits partout, des soues à porcs abandonnées qui puent, y a que moi de propre, y a que moi d’intelligent. Je tourne le dos à l’église Napoléon III Véritable, au volant je crie et chante et rate de peu le

Henri Serpe

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KOHN-LILIOM HENRI SERPE Henri, dit Serpe. Son profil est celui d’un quartier de lune : avec le creux pour les dents. Les meules. Semblables à ces excroissances cornées qui sur le fil des faucilles néolithiques – sciaient l’orge. Il a les cheveux jaunes et le menton qui pique (une barbe rase en éteules). Vers quarante-cinq ans, son corps s’est incurvé : le visage est un petit croissant, posé sur un grand ; quand il met les mains dans les poches, ses genoux fléchissent et les tibias forment le manche. Il fait paître sa chèvre sur un terrain vague. Il ne voit guère que sa chèvre. Il lui raconte des histoires, le bras autour de son cou : l’oreille, cornet soyeux, frémit, et la bête mâchonne, pensive. Il scrute les protubérances à la base des cornes et passe ses doigts sur les bourgeons. Sa chèvre s’appelle Lydia. Il affirme que « lythia » signifie « chèvre » dans une langue morte d’Asie Mineure. Henri habite un réduit de bois. Pour passer « en ville » on pousse une planc

GYGES

C O L L I G N O N G Y G È S Sujet tiré d’H érodote par COLLIGNON Bernard (Camemberts, prêt-à-porter) PERSONNAGES CANDAULE - roi de Lydie TYDO - reine de Lydie GYGÈS - favori du roi, conseiller de la reine XYPHOS - conspirateur, ami deGygès LYGDIA - servante de Tydo COURTISANS N° 1 - Scatophagos N° 2 - Phallokratès N° 3 - Pompattyphus N° 4 - Trichomonas ELBATÈS - ennemi mortel de Gygès La scène représente, côté jardin, un portique, d’où descendent trois marches. Un plan incliné, large, figure une large rampe de faible hauteur, terminée par une pierre angulaire figurant un échiquier. Au lever du rideau, XYPHOS et GYGÈS jouent aux échecs sur cette pierre d’angle. GYGÈS va déplacer une pièce. XYPHOS l’arrête d’un geste : Pas ça. T

Gaston-Dragon

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COLLIGNON HARDT VANDEKEEN GASTON-DRAGON 1 A L'USAGE DES MAL-COMPRENANTS Le 10 décembre 1945 au matin, le père de ma mère, Gaston Liénard, mourait écrasé sur le verglas par un camion-benne vide. Ce drame fit de ma mère une épave nerveuse. Elle transmit à son fils l'admiration qu'elle portait à son père, et lui enjoignit de l'égaler en virilité. Ce petit-fils donc exprime ici les sentiments contrastés qu'une telle situation fit naître en son âme. Un tel idéal reste à tout jamais inaccessible. Très souvent, il se comparera au héros grec Héraklès, chargé d'effectuer ses Douze Travaux ; mais lui, petit-fils de Gaston-Dragon, comme il le nomme, n'accomplira aucun exploit : il restera noyé sous sa propre paralysie. Le présent écrit présente une tentative de transposition, d'interprétation littéraire ; le lecteur en constatera vite les limites, ou les outrances. Ce livre n'est cependant pas plus mauvais que bien d'autres. 2 EXERGUE