Defrance et Bohumir Hrabal

COLLIGNON LECTURES “LUMIÈRES, LUMIÈRES” 2040 DEFRANCE “LE PLAISIR D’ENSEIGNER” 1 Questions posées à l’auteur, en présence de quelques-uns de ses élèves : - Le plaisir d’enseigner : Pourquoi ce titre ? - Les élèves ont-ils plaisir à être enseignés ? - Comment les avez-vous préparés à l’émission ? - Votre expérience est-elle universelle ? - Quels sont les défauts que vous trouvez insupportables chez les profs ? - Quelle proportion de profs acceptables ? - Si le prof n’a plus le droit de punir ni de séduire, quelle est sa marge de manœuvre ? - Un prof de maths peut-il transformer ses cours en exposé des griefs ? - Croyez-vous que les élèves auront la patience de supporter les tâtonnements du prof dans sa marche vers l’amélioration ? - Que faire contre l’indiscipline ? - Ne croyez-vous pas que les entretiens peuvent tourner en rond de façon répétitive ? - Que faire si personne n’a la forme ? - Laissez-vous dormir vos élèves ? - Les laissez-vous faire de l’histoire-géo en classe de philo ? - Y a-t-il un rapport pervers entre fascisme et enseignement ? - Les élèves n’exagèrent-ils pas dans les proportions de leurs ripostes ? Pourquoi chahutent-ils avec les profs faibles au lieu de choisir celui qui les emmerde précisément ? - Pourquoi vos élèves sèchent-ils les cours ? - Le bas peuple a-t-il envie d’apprendre ? Pourquoi veulent-ils aller travailler alors que tous nos efforts visent à empêcher qu’ils ne soient empêchés trop tôt ? - Faut-il avoir pitié des élèves qui n’ont rien foutu, qui ont démoli des cours et des profs, et qui viennent agresser l’orientateur alors qu’ils n’ont rien voulu foutre pendant huit ou neuf ans ? Et se retrouvent évidemment au chômage ? - Ne doit-on pas se sentir encore plus éminemment coupable après avoir lu vos remarques, si l’on échoue encore ? La réforme passe par la modification en classe du rapport entre profs et élèves et non pas des réformes administratives qui ont à peu près autant d’effet que celle du statut des pharmaciens sur la lutte contre le sida... COLLIGNON LECTURES “LUMIÈRES, LUMIÈRES” 2040 HRABAL Bohumir “UNE TROP BRUYANTE SOLITUDE” 2 Petit livre, grand auteur, passages décevants. Nous parlons de Bohumir Hrabal, Une trop bruyante solitude. Qu’en penser ? L’histoire, d’abord. Il faut toujours commencer par cela. Sous un régime dictatorial, bureaucratique, tchèque si l’on veut, kafkaïen si l’on y tient, le vieil homme a broyé du papier, censuré du papier, lancé du papier dans la gueule de son monstre, de sa presse à livres, de son pilon. Savez-vous que tout volume qui se vend mal échoue dans les mâchoires de ces inhumaines broyeuses ? Tout est tassé, tout repart vers l’usine de recyclage : livres, papiers immortels, cartons, souris coincées dans le carton, lithos de Van Gogh et déjections sur emballage. Cela se perpètre au fond d’une cave, à la lueur clandestine d’une ampoule sale, au sein d’un air raréfié, vicié. Et le vieil homme enfourne. Et il pense, et il claque la langue, et il se lamente à part lui. Il enfourne et titube dans la culture condamnée. Il fabrique des paquets. Au sein des papiers gras il dispose  un Goethe, un Kant large ouverts au milieu d’un cercueil mou d’ordures, afin de les régénérer. Et la machine broie. Voilà l’ambiance, voilà ce que je pense, en cette paraphrase-résumé. Quelle extraordinaire métaphore : le Tueur de Pensée, nourri de la Pensée qu’il tue. Bien sûr on peut estimer qu’une édition nouvelle chasse l’autre, mais non, rien ne l’indique, tout indique le contraire, ainsi qu’en Fahrenheit 451. Cet homme incarne le Diable savant. Quel désespoir en ses fonctions voûtées. Quel rite, et quel prêtre, bossu, déjeté, sans chance auprès des femmes aussi ridicules que lui, belles et jeunes et chiant sur les skis. Quelle étonnante chose que ces encyclopédies broyées tiennent si peu de place, un livre de 125 pages à peine, condensé de tant de censures soviétiques ou tchèques ou commerciales, car nous aussi, gens de New York, gens de Paris et de Los Angeles, connaissons nos censurés, sous la formule de « ça n’intéresse pas les gens ». Roman de l’étouffement, du non-roman, de la blatte en son trou, fière et digne d’être une blatte, un bourreau. Seul celui qui tue, qui pilonne, connaît la valeur de ce qui est pilé, tué. Seul le bourreau connaît ses chants de tendresse. Alors il boit, il boit pour se sauver. / Lecture de la page 47 /

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