ROMNESTRAS « DESCRIPTIONS ET NOTES »
LIVRES « ALEXANDRE LE GRAND » 72 07 26 1
Alexandre nous hante. Partout se trouvent ses exploits, jusque
dans le Musée de l’Acropole, où nous attend une pleine page du jeune homme en pleine lumière p. 51, Collection Génies et Réalités. Nulle visibilité de sa fameuse inclination de tête, même s’il ne doit avoir ici que seize à dix-huit ans. Son visage est régulier, sauf ce nez bien écorché : c’est le nez et le sexe qui encaissent les plus gros chocs, du temps ou de la négligence plus ou moins haineuse. Le Musée de l’Acropole peut être soupçonné d’exposer des copies, car cet exemplaire semble moins usé que tant d’autres. La lumière vient de gauche, de sorte que la joue se prolonge en ombre oblique exacte en passant par le quart nord-est de la pomme d’Adam, selon un angle d’environ 45°.Le visage sourit très peu, montre essentiellement une grande franchise, un abandon sur une grande réserve, de grands projets que nous présupposons derrière ces yeux vides aux iris à peine esquissés. La coiffure abondante serpente en sobre mise en plis tout autour des traits jusqu’à dépasser les lobes sur trois centimètres. Le côté exposé au soleil resplendit de blancheur et de fixité. Son regard hypnotise, envoûte un peu, observons le front large, l’arcade assombrie malgré tout de la paupière de sa droite qui est notre gauche. Le grain de l’image semble provenir du papier, car on y voit la grille des méridiens asiatiques.
Le cou, négligemment découpé par l’artiste bourreau, repose sur son support en imitation de bois, légèrement ébréché sur son épaisseur.
Il est bien évident que le profil de gauche, notre droite, reflétera le côté sombre du futur personnage, avec ce coup d’ombre venant trancher l’œil à la verticale, enveloppant la tournure du maxillaire (subsiste un zigzag ébauché dans le clair de la pommette à droite et caressant une commissure amère et masquée).
. Les cheveux forment une vague verticale sur le sable gris du méplat, accentuant l’irrégularité du cou mal tranché au burin. Nous avons négligé d’évoquer la forte sensualité de cette représentation d’Alexandre, sur laquelle n’auront pas manqué de s’épancher les amoureux de l’évidence.
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HARDT VANDEKEEN « LES AMANTS » DE MAGRITTE 11 10 05 1
Ça va être marrant de commenter « Les Amants » de Magritte, qui figurent dans leurs deux versions en première et quatrième de couverture de L'Exuvie, par Boudy. J'ai oublié de commenter ce livre, infect, pire : quelconque, à la radio. Je me suis brouillé avec l'auteur, d'ailleurs : toujours ça de gagné. Mais sa couverture est réussie. J'en suis à la dernière page, là. Une toute petite vignette. C'est souvent une illustration de livre que je me contrains à décrire. « Ça ne sert à rien. » Non et je t'emmerde. Un homme, une femme : ça ne sert à rien non plus. Le spectateur ne peut s'en rendre compte qu'aux détails de vêtements.
L'homme porte une cravate : c'est pas une preuve, ça ? Et un col de chemise bleu, disparaissant sous le revers d'un veston, non moins bleu, plutôt plus. La femme porte un col de femme, décolleté donc, ce sont pour tous deux des vêtements bien ordinaires, et ils se touchent au niveau des épaules, avec un léger empiètement de la femme sur l'homme. Et chacun sait, tous mes surréalistes savent que les deux sont enveloppés d'un linge de tête, ne laissant - et c'est terrible ! - rien découvrir de leurs traits. Comme si c'étaient des cadavres, des condamnés avant exécution, des exhumés de cercueil (mais bien propres, méticuleux même).
Le voile de la femme est lisse. Peut-être un pli, clair d'un côté foncé de l'autre, épouse-t-il en effet l'arête du nez, avec deux triangles rentrants inversés plus petits par-dessous figurant une ébauche de museau, plutôt qu'un menton. Mais l'homme est vraiment mal foutu, esquinté même, comme en une décomposition plus avancée : tout tiré vers le bas à gauche, avec l'anamorphose d'un nez extrêmement long et pointu, caricatural, une torsion pour la bouche, deux arcades profondes, l'une au quart, l'autre de face entière, comme si sous le linge la face entière elle-même avait bougé, s'étaient tordue, en une mimique de dégoût (de la femme ? de la mort ?) de refus, mais peut-être n'y a-t-il anamorphose que dans mon imagination, ce serait curieux, pour Magritte.
A présent, reste à se demander le pourquoi d'un tel thème, la gratuité du surréalisme à la Magritte, le plus accessible mais le plus superficiel selon la légende. A l'arrière, des masses de feuillage sombre, inexpressives ou menaçantes, un ciel voilé bleu de crépuscule (crépuscule de liaison ?) .Je regarde mieux. Le profil de l'homme, vers la gauche, semble bien aussi celui d'un nez, tendrement penché dans l'ombre à l'oreille, je vois mieux l'arête nasale à présent, j'entends du vrai nez, l'orbite douce, le menton doux. Peut-être que les traits recherchés sous ces voiles de morgue sont-ils ceux d'une tête de mort, c'est ce que l'on cherche apès tout, une vision terrible et qui fasse hurler.
La vignette est trop petite. Je ne puis pas dire grand-chose de plus, sauf à imaginer ce qu'ils se disent, des riens, ou rien, une tendresse échangée, une affirmation de l'amour plus fort que la mort, il reste en effet à se perdre en conjectures. Magritte me laisse indifférent. C'est ainsi. L'homme en lui-même ne l'était pas, mais sa peinture me semble toujours appliquée. Des visions me traversent, d'amour en plein air. Je pense à ces actes passés, affolés, incongrus. Il me semble à présent invraisemblable, choquant, scandaleux, que j'aie pu êrte vivant, que qui que ce soit puisse se permettre de l'être même à présent. Je vois les catastrophes avec détachement. XXX61 12 08XXX
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COLLIGNON DESCRIPTIONS LIVRES
LA BIG 71 06 14 1
On l’appelait « la Big « , de son vrai nom Camille Legrand (très drôle). Elle fut la première « gouvernante » de Brigitte Bardot. Famille riche, mais pas nécessairement affectueuse. La photographie se présente dans un ovale, comme souvent dans les années 30 ou 40. Cette femme regarde dans les yeux et respire l’honnêteté. À la fois sévère et capable de sourire. Sur un décolleté à fermeture Hitler se détache un réseau de boules appelé « collier ». La tête se tourne d’un quart vers nos. Les yeux, le nez, la bouche, expriment aussi le quant-à-soi. Attentive et généreuse, mais impossible à susciter le manquie de respect.
Le côté droit dans l’ombre, l’autre dans la lumière. Ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Mais sans rigidité. Ce qu’il convient d’être pour des enfants ; Brigitte et Mijanou. Sur le front dégagé règne une chevelure modeste et permanentée, comme on les confectionnait à l’époque. La légende précise : « Une femme épatante et généreuse qui finit par m’apprivoiser à l’âge de dix ans », l’âge où l’on est le plus accommodant et proche de ses parents, disent les manuels de l’éducation. En 1944-45, les temps étaient difficiles. Brigitte aussi. La Big est prête à bondir, prête à sourire, prête à dormer un caractère. Une bonne tête d’institutrice en fait.
L’impression de mouvement imminent, d’instantané reconstitué, provient peut-être du réseau de courbes dissymétrique formées par les branches souples en « V » du corsage, que touche en partie le collier de sphères sombres sur le fil, la tête en léger pivot vers nous d’où résulte le léger décalage de la face, et l’éclairage vaporeux sur le mise en plis au .nord-est du crâne. Madame la Gouvernante a un port de reine, a re_u une excellente instruction et une non moins bonne éducation. Le reste de la page est occupée par trois autres médaillons de femmes, les deux grands-mères se faisant face, et une grand-tante paternelle dont Brigitte s’occupa jusqu’à son dernier souffle.
Que toutes ces Blanches soient bénies.
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BUDDENBROOKS 65 01 05 1
Buddenbrooks.C'est écrit dessus, en rouge, avec un "s" comme les Bourbons ou les Habsbourgs. En allemand, les noms propres ont un "s" au pluriel, dynastie ou pas. Et c'est le texte allemand que nous lisons, avec le moins de dictionnaire possible. Certaines phrases sont écrites en dialecte de Lübeck : die Börse (la Bourse) se prononce ainsi "die Böasse". Mais le reste se lit aisément. L'illustration de couverture est souvent la seule à figurer sur les livres modernes. Avec un logo, ici de trois poissons superposés formant un lacis de losanges et triangles : Fischer Verlag, "Éditions Pêcheur", et juste au-dessus, le nom de la dynastie en lettres rouges : Buddenbrooks, et celui de l'auteur Thomas Mann.
Lequel signalait en 1932 l'infectible attachement de son nom et de cette œuve, la plus populaire (j'aurais préféré La montagne magique ;lui aussi).Nul crédit photographique n'éclaire la photo de couverture, qui montre en contreplongée les deux derniers étages d'un immeuble cossu, ancien, tous volets clos, surmontés d'un fronton courbe et velouté en chapeau de gendarme pesant comme un tombeau ; de fait, le cliché coupe en son milieu, en haut, le bas-ventre d'une urne aussi bien funéraire. Oui, la façade de cet immeuble, avec sa rosace opaque aux huit pointes incurvées, ne déparerait pas le quartier le plus chic d'une nécropole, parmi les plus beaux tombeaux bourgeois.
La beauté luthérienne d'évidence exhibe la plus grande sobriété voire austérité : niveaux séparés par de longs linteaux rectilignes, volets aveugles (trois en bas plus deux moitiés à chaquebord, trois au milieu à l'étage intermédiaire, coincés entre une architrave, un étroit balcon et l'architrave supérieure, et la rosace grise du fronton festonné cette fois d'une espèce de casque en coupe. La pierre est blanche et lisse, immaculée juste avant de ternir, et les volets, clos jusqu'aux sommets de leurs impostes, noirs de leurs persiennes aussi bien alignées que les sentences de la Loi.
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COLLIGNON DESCRIPTIONS LIVRES
CANTIQUE DE MEMEIA (LE) 61 06 10
Couverture sombre, d'un bleu gris passé. Le titre en capitales blanches au centre d'un cercle également blanc : Le cantique de Meméia dans l'édition française. En brésilien, c'est "Le moineau est un oiseau bleu". Ici donc un bleu fuligineux, quasi sfumato, à peine éclairci en descendant les motifs de la page. C'est d'abord un livre ou une brochure, ouverte, montrant d'un côté une brave fille qui s'exhibe, en soutien-gorge au ras des aréoles et culotte en V couvrant à peine les genitala, faisant tout son possibe, jambes écartées sur un drap froissé, pour avoir l'air d'une pute (tête renversée, longues chevelure négligemment bouclée), bras dans le dos écartant un corsage noir, et de l'autre, à notre droite, une vierge couronnée à la tête baissée, plus enveloppée de voiles qu'on ne peut faire, au centre d'une mandorle sur fond d'étroite "gloire".
Le contraste voulu se voit contredit par ce camaïeu de vleus, suggérant fortement une assimilation de la sainte à la prostituée, d'autant plus que le sexe à peine voilé de la partie gauche s'épanouit innocemment pourrait-on dire dans la forme même où s'inscrit la Vierge aux yeux modestes. Opposition lourdement confirmée par les trois lignes qui se lisent à la verticale, en bas, "Où vas-tu, espèce de pute ? / Tu cherches la porte / d'entrée du couvent ?" - calées vers le haut : ligne haute, ligne courte, ligne moyenne. La collection s'intitulant, bleu clair, "Les alllusifs" (027)", ) en verticale aussi contre le rebord droit de la couverture, le spectateur s'interroge sur la violence contradictoire d'un tel exhibitionnisme : il ne pourra se justifier que par l'ironie cinglante, d'ailleurs désamorcée par son outrance même, ou le recours délibéré à l'esthétique baroque, dont la désignation remonte à la langue portugaise.
L'autrice est mentionnée dans les mêmes caractères blancs criards : HELONEIDA STUDART, identité hybride helléno-saxone, accompagnée de celle des traducteurs (en italiques "Traduit du portugais par" / "Paula Salnot et Inô Riou" en script droit - il est rarissime de rendre ainsi hommage aux essentiels passeurs d'une langue à l'autre). La brochure présente deux bas de page aux caractères indistincts sur trois colonnes chacun, surmontées de six titres donc ou motifs en tout, sans doute en caractères hébraïques. Donc : oppositions du cercle et des horizontales, heurts avec les verticales, du blanc au camaïeu bleu, du vocabulaire ("cantique,espèce de pute, couvent") : et ce sera, finalement, une oeuvre imprégnée de nostalgie nappant de son blues une vive torsion de frustrations sexuelles et de superstitions contraignantes : Brasil do Nordeste…
KKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKCOLLIGNON DESCRIPTIONS ET NOTATIONS LIVRES
CASANOVA SOLLERS 681225 1
Ce livre est sans images, à l’exception des “couvertures” : le héros en tête, avec son profil en pente, et l’auteur en queue, nez sensuel et mine gourmande, autant où il avait encore forme humaine. Il n’est plus guère à présentt qu’une bouche qui s’ouvre dans la graisse : 85ans démolissent un homme. Casanova n’a fait que 73, mais bien remplis, comme les femmes qu’il a tamponnées. Nous le voyons peut-être’ avec les yeux de Fellini et Rutherford. Mais nos n’avons plus, sur la photographie de quatrième, qu’une plaque commémorative, mentionnant sur la pierre usée le lieu et la date de sa naissance, à Venedig, auf deutsch, et de sa mort à Dux, en 1798.
Sa pierre tombale peut-être, bas-relieffée d’une croix, s’affuble d’une germanisation de son prénom, Giacomo lourdement translaté en Jakob, à l’initiale vaguement tourmentée façon enluminure, le “C” de Casanova renflé du centre et platement bouclé dans ses anses. Dieu merci, “Herr Neuhaus” nous fur épargné. Voilà ce qui reste : une plaque de pierre sur un mur, sans rien d’entretien, creusé là parce qu’il fallait bien, écornée du haut par l’usure du temps aux deux sens du mot français : Zeit, und Wetter. Dans le coin droit d’en bas, neprenant plus que quatre dixièmes de rectanble mais en couleur, lui, et bien vivant, bien narquois, bien gourmand, Sollers, la belle soixantaine, suçote un long fume-cigarette de snob tenu de la main gauche entre le majeur et l’annulaire annelé.
Il joue sur son duscret décolleté noir de son profil d’empereur anachronique et romain, se délectant des lignes qu’il aura tracées de son long stylo buccal, hommage d’un lettré à son inspirateur : écriture et finesse, volupté gustative des lignes accumulées sous le front et la frange d’un de nos plus grands, à profils opposés de part et d’autre de Casanova l’admirable, chez Plon.
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21/08/2015
Charlemagne par Auguste II Jean Baptiste Marie Blanchard
Le
moins qu'on puisse dire à la vue de cette tartouillade issue
d'Auguste II Jean Baptiste Marie Blanchard est que notre glorieux
ancêtre à tous, Charlemagne, manque totalement de majesté à un
point redoutable.
Il
a bien plus l'air d'avoir mis le pied à l'improviste dans une
pantoufle pleine de merde que de régner sur l'Imperium universale.
Ses attributs, sceptre et globe sommé d'une croix, visiblement
l'embarrassent et l'empêchent de se torcher, autre interprétation.
"C'est vrai ? je suis l'Empereur ? sans erreur ? sans méprise,
Elise ? "Que ces ornements, que ces voiles me pèsent" !
Regardons mieux : voyons aussi la méfiance, plus encore : la
défiance, le regard de côté, de celui qui veille à tout et ne
s'en laisse pas compter.
Nous
savons que Charlemagne ne fut pas exempt de cruauté, comme le
rappelle importunément le massacre de Verden, où plusieurs milliers
de Saxonx rebelles au baptême périrent sour l'épée ou la hache :
nous pouvons bien gloser sur les exactions de l'Etat islamiste.
Charlemagne ici représenterait aussi bien l'un de ces despotes
orientaux qui faisaient trucider leurs opposants sans le moinde état
d'âme. Seulement, la perfidie n'est pas ce que les chroniqueurs ont
retenu. Charles appliquait plutôt, de façon lointaine, la politique
de Rome : les alliés sont bien traités, jouissent de toutes les
faveurs ; se trouve-t-il un traître, tout son peuple en fait les
frais c'est-à-dire meurt.
Finalement,
cette bonhomie trouillarde et bourgeoise recèle une bonne
résolution, le ferme désir de régner sans partage. Et ce qui donne
au souverain cet air rondouillard, c'est la barbe. Cette fameuse
barbe fleurie, aérodrome de toutes les taches de bouffe, ici
soigneusement peignée, cotonneuse, vieille de Vieille : quelle idée
d'avoir ainsi suivi la légende à la lettre ! même dès Roncevaux,
"l'Empereur" n'était pas désigné autrement que par sa
"barbe fleurie", alors que d'authentiques témoignages,
statufiés qui plus est, attestent qu'il ne portait que les
moustaches en croc des vigoureux Francs.
La
couronne est posée comme un couvercle de soupière, bouffant tout le
haut du front. Les yeux sont vifs pour un vieillard de 90 ans (il
n'atteignit pas les septante). Les favoris masquent les oreilles,
grandes ouvertes n'en doutons pas. Nez droit, bouche gourmande et
dégagée sous la lèvre du bas, pour que les ordres s'en
échappent sans confusion. Cette horrible barbe en ouate, celle de
Dieu après tout, dont il est le représentant : la croix règvne sur
le haut du globe, fermement assis dans sa main gauche - "ich
garantiere die Stabilität" auraient dit les germains bâtards
du XVIIIe siècle.
La
vêture est somptueuse, quoique la gravure n'en montre pas l'éclat
coloré. Supposons l'or et le blanc pour le tour de cou, agrafé
d'une riche pierre carrée au revers d'une lourde tunique plus
foncée, nécessairement d'une pourpre impériale : majestueux bavoir
isocèle pointe en bas. Le pli du col est repris plus largement, puis
deux autres se séparent formant des creux de plus en plus larges, le
dernier affectant la forme d'un coeur ou d'un mufle. Tout est ici
traditionnel, couronne et globe également sommés d'une croix
grecque, le sceptre lui aussi porte une croix, ce qui rappelle la
Trinité, car l'Empereur fut on ne peut plus pieux et généreux
envers le clergé.
Charlemagne
incarne ainsi l'autorité, bienveillante mais défiante, incarnation
de la stabilité divine. Mais ce n'est pas de Dürer, assurément...
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnCOLLIGNON DESCRIPTIONS ILLUSTRATIONS DE LIVRES
CHOUETTE ATHÉNIENNE 66 05 06
La chouette athénienne représente l’intelligence de la déesse Athéna. Elle figure en frontispice de tous les volumes de la « Collection Budé », stylisée d’après une œuvre plastique, statue, bas-relief ou vase. Le volume ainsi orné sur sa couverture ocre jaune appartient au corpus de Platon, Tome Iii : Gorgias – Ménon. Platon est mon ennemi. Plutôt mon grand indifférent. Iln’a jamais réussi à me convaincre, voire à simplement m’intéresser. Michel Onfray le disqualifie. Mais on peut aussi bien disqualifier Onfray.
L’illustration, le logo, fait 30mm de base et 25 de hauteur. Sur le fond jaune terne, le dessinateur a tracé une chouette aux grand yeux ronds, pupilles noires écarquillés, globes oculaires circulaires dont le gauche (pour nous) fait face, l’autre plus petit plus ovale se présentant en retrait : l’oiseau vient de tourner vivement la tête pour nous scruter, son cou présentant une torsion sur une autre torsion : en effet, le jabot se tourne aussi vers nous, strié de parallèles verticales ornementales, légèrement bombées ; la partie inférieure tournée vers nous présente un niellage figurant la moire des plumes. Les pattes, rentrées dans leur accroupissement, ne paraissent pas ; elles reposent sur une base étroite, sans doute arrondie.
L’aile est représentée de profil, et n’est pas sans rappeler ces taureaux à face humaine sur less bas-reliefs persans ; ce qui ne manque pas de sel quand on sait l’inimitié que se portaient la Grèce et la Perse : un mince liseré cernant, lourdement effilé comme un paraphe , avec un reflet blanc sous le croupion. Une queue puis un dos en imperceptibles ondulations, avec de bas en haut sur notre gauche cinq plumes ou écailles striées sur fond blanc, puis, vers la droite, six autres plus grandes et bien empilées, puis six autres encore nettement raccourcies pour épouser la courbe du corp. Ensuite ondule
une ornementation de quinze petites cellules arrondie, puis un large semis d’une petite trentaine de en formes arrondies, en croissant de lune.
Ces motifs appartiennent visiblement à la panoplie des ornements géométriques de poterie, similaires à ceux des boucliers (Athéna-Pallas porte un bouclier, pour signifier la victoire de la raison. Épais plumetis de l’encolure bien tendre et trapue, trapèze courbe inversé du front et du crâne, attitude souriante et grave à la fois : « Prenons toi et moi notre envol vers les aimables et hautes sphères de la connaissance - veux-tu ? »
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