FEDORA ("L'INTRUSIF")
ALTERNANCE DÉFINITIVE N° 3 ???
(« alternances »)
MISE EN PLACE
Ma Lefth, mon éphémère, mon dernier retrait, s’est dérobée trop vite sous moi, craignant que la vie ne fasse faux-bond. C’est la première fois que je suis ainsi largué, à la populo. Ta résolution de ne plus souffrir, toi aussi forte et rusée que n’importe laquelle des autres, témoigne d’un trop grand bon sens
a
HUMILIATIONS SUBIES ET INFLIGÉES PAR FEDORA
Caractéristiques.
Fedora
ayant méthodiquement, longuement massacré sa propre fille Lenny,
entreprend désormais de concasser Lydia, fille de Lenny.
Celle-ci, infirmière, n'a pas de baiseur constant. Ce lui serait
insupportable. Olegario vient
chez Fedora. Olegario se cache de toutes les
polices. Il
sera l'amant de Fedora, puis fécondera Lenny sa fille, qui
engendrera à son tour Lydia, ce qui fait trois.Trois générations
donc, grand-mère, mère et petite- fille : Fedora, Lenny, Lydia
(sept ans). Et moi, d’intervention tardive, je serai moi. Ce
héros, affublé du patronyme Kleinkeller, parviendra-t-il à sauver
cette dernière, ou bien restera-t-il profondément, irrémédiablement
nuisible ?Lydia,
en bout de chaîne, restera-t-elle fille, en dépit des avances d'un
jeune juif parisien ?
Trame ingénieuse, grosse de rebondissements et de scènes à faire,
à angoisser toutes les femmes mûres, dernier rempart des lectrices
d’Occident –Il
n’y aura dans ce récit ni présent, ni passé, ni avenir. Gide et
Quignard seront nos modèles. Ma femme s’appelle Arielle.
Nous placerons en temps voulu d’autres inspiratrices, conscient d’un éventuel ridicule bien difficile à éviter. bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
TEXTES ALTERNÉS FEDORA – L’INTRUSIF
DJANEM 1
AVANT-PROPOS NARRATIF
Mon ami Lazarus m'a vivement recommandé à Djanem. Il m'a conduit chez elle par une courte rue dérobée. Il nous a présentés l'un à l'autre en baissant les yeux. Elle et moi nous sommes vouvoyés, convenant du prix et des horaires ; il s'agissait, en avril, bien trop tard, d’affiner la préparation de Djanem à l'oral du CAPES.
La première leçon s’est tenue sous le haut plafond de la salle de séjour ; Djanem a disposé sur la table une pincée de documents à consulter le lendemain chez moi. Elle porte un tailleur bleu, modeste, sans accentuation des formes. Elle me paraît, de prime abord, lusitanienne (la France est le seul pays où l'on te demande, avant tout, de quel pays tu es venu). Elle me dit simplement avoir repris sa scolarité depuis la 3e, jusqu’à la licence incluse.
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Je l’ai joué préceptoral, me présentant comme associé bien plus qu’enseignant - je l'avertis que tout candidat se bornant à lire à haute voix ce qu’il a préparé s’expose immanquanlement à la note 5, quelle que puisse être la qualité de son travail Questions et réponses s'enchaînant, et comme elle s’appliquait à lire de sa voix d’ocarina les vers de Ronsard et que je prolongeais le plaisir de l'entendre, posant d’en haut sur ses cheveux elle un de ces regards dont je crois bon d’envelopper pour moi les jeunes lycéennes, j’ai croisé soudain relevés ses yeux, surprenant me dit-elle plus tard une tendresse inattendue, à présent bien arbitraire - « Cessez de vouloir à ce point nous prouver » me lançait un jour un disciple «... que vous nous aimez »
XX
Très vite les leçons se tiennent dans la cuisine, où survient parfois le conjoint sous un prétexte ou l'autre ( j’ai oublié un couteau), tout sourire. Plus tard Nils assiste à mes cours, béat que son épouse apprenne tant de choses. Le mois suivant, Nils perdra huit kilos : courses, escapades et cinéma, il accordait toute sa confiance. Il se demande à présent s’il a jamais cessé d’être cocu. Nous avons tort, Nils et moi , tous les deux. Moi plus encore, qui n’en croit ni ses yeux ni soi-même.
Trois mois de flamme, trente ans de cendres
x
Je coule en son oreille le miel des litanies les plus enflammées, auxquelles je croyais, le temps de les dire, seul tout le long du chemin de retour et jusqu’à ma porte
Difficile d'établir une chronologie, de s’en tenir à ces éclats d’éternités , petits bonheurs, écorchures, confusions.
Pour vous ce ne sera que des prénoms de femmes.
Je suis fait pour aimer des statues. Le drame est qu’elles m’aient aimé.
N.B. Ce que l’autre souhaite importe peu à l’homme.
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Déroulement satisfaisant des premiers cours. D’abord vêtue du tailleur sobre « épouse de pasteur », distance et vouvoiement. S'affairant pour chercher ses documents épars, dans un mouvement d'ailes, dernier clapotement d’anciennes insoumissions scolaires, - puis le premier emploi venu, le tourniquet de vingt ans de routine, enfin le retour aux sources : certificat d’études et bac.
Le cours à domicile, moyen tout trouvé de faire fortune selon nos ignorants, dure bien plus que soixante minutes : aller-retour, échange de politesses... Le donneur de leçons se concentre sans relâche. Ni bavardage, ni digression, mais une tension constante : quelques vieux paragraphes ou des vers archaïques. Mes propres cours à distance avaient révélé ma prédilections pour le décorticage ; c’était cet immortel passage de Nerval (mort en 55) où Sylvie reçoit dans les frondaisons d'un grand chêne les attributs et les attraits de la divine beauté.
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Je deviens moins ponctuel, réclamant des assouplissements dans mon emploi du temps si réglé.
Lazarus n'est point Nils, mais se sert de lui. Je ne l'ai jamais surpris en si flagrant délit de mensonge. À quel point mon ami pouvait me calomnier sitôt la porte fermée, je le savais. Je ne puis donc aimer une Femme que préalablement passée par ses pattes ? (... elle y est retournée, à ce corps, «de même que le chien à ses vomissures ») ( rebattu, rebattu ) - n’est-ce pas plutôt d’étiqueter sur chaque angoisse Djanem pour me feindre amoureux ?...certains, qui s'agenouillent, s’imaginent croyants - je l'aime, sans m’y résoudre.
Je me figure maints marivaudages, où chacun tourne et se rajuste, cherchant ses assurances.
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X
La France est le seul pays où l'on te demande, avant tout, de quel pays tu es venu.
Nous sommes de grands xénophobes. Connaissant les origines de Djanem, nous nous faisons forts de tout savoir à son sujet. Ce jour-là je lui ai déballé le grand jeu : collaboration à égalité, sans rapport formel du maître à disciple. Elle répond avec franchise : « J'ai repris mes études, jusqu'au niveau de la licence et du Certificat, où je compte me présenter ».
La troisième leçon se tient dans la cuisine, où survient parfois Conrad : « Je cherche un couteau ». Sourire. Je me souviens d'avoir fait lire à Djanem, au salon, une œuvre épique, pour la préparer aux Épreuves.
kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkklllllllllllllll
F 1
II
NJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ
D2
Mon épouse est Arielle, valétudinaire. Djanem une Mauricienne honteuse.
Mon ami Lazare ou Lazarus mène campagne dans la circonscription législative
des Tranchées (3513 habitants)
« Je ne ris qu'avec toi » dit Djanem.
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F II
Maltraitance héréditaire, par voie maternelle, de mère à fille, d’aïeule à petite-fille.
F III
III
L’épouse du narrateur se nomme Arielle. Pitt-Keller par ses noces.
Léna, infirmière, et cette épouse, Arielle, se ressemblent, sur deux points : léthargiques, ou bien fébriles.
De l’autre côté : Olegario, Fedora, dans leur jeunesse, se sont percutés lorsque ce dernier sur scène et trois accords aux doigts décochait ses textes contestataires, assaisonnés de roses et de prisons. « Viens chez moi » proposa Fédora (la femme se repaît sur son terrain). Cet Argentin (il est argentin) n'a rien du tanguero pommadé ; il se murmure (mais que ne murmure-t-on pas ?) qu’il fut naguère non pas résistant, mais indicateur de Videla, le colonel, et n’a dû son salut qu'à sa fuite. Désormais l'homme est dans la place. Chez Fedora se trouve également Léna, de ce fleuve sibérien non loin duquel fut déporté un certain Oulianov ; la future soignante, branleuse de seize ans, suscite la lubricité d’Olegario, aussitôt tenté par le coup double intergénérationnel.
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FÉDORA III
Olegario tient à cœur de porter négligé, lui qui s'est vu contraint de torturer sous l’uniforme. Il reluque Lenny et patiente ; cet homme besogne sa mère à toute heure. Mais sitôt celle-ci répétitions (Madge dans Les Sylphide) le bourreur argentin revient avec sa clef, multiplie les entretiens, offre de menus présents. Tous deux lorsque revient Fedora observent de l’étage ses retours tapageurs en cabriolet, Hernandez au volant, premier sujet dans le rôle du Prince, tout sourire et cependant pédé.
Lequel se vautrait sur elle de tout son corps en ouvrant la portière - « Tous les voisins le voient ! », crie Olegario. Lydia s’éclipse ; traînera plus tard ses années d’adoration du père enfui – contamination courante de mère à fille. Fedora cesse de s'exhiber aux côtés de Matéo H., homosexuel notoire. Lorsque Fedora reviendrait ensuite par le 60 28, ayant confié sa fille à son amant, elle s’apercevrait trop tard d’un embonpoint révélateur. Olegano s'éclipserait en son repaire garçonnier, où se succéderaient d’autres victimaires – Lennie de son côté, jeune fille abusée, affirmerait : quelque chose en moi s'est soulevé comme un instinct ; Lydia, fille à venir illégitime, traînerait derrière elle un père en fuite et Patagon. À huit ans elle lâchera la tasse qu’on lui tend, signe d’une carence totale de formation affective. Lennie aussi fut en son temps brimée, rejetée.C'est sur de tels schémas que nous avions tendu nos toiles, à toutes fins utiles : notre épouse, Arielle, serait en éternelle convalescence – nous autres hommes n’avons sur l'infini que ce petit pont de chair dont les femmes se gaussent fort - l’une d’elles ne m'écrivait-elle pas :«J’aimerais faire l'amour avec toi » et comme j’embrayais à l’unisson me cingla sur-le-champ je n’ai pas dit coucher avec toi - s'il te plaît, ne m'écris plus ». Je l’ai laissée à sa courte connerie.
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D 3
Alternent alors chez Chimpanzé un déchaînement d’insultes ( « sac à foutre ») (je m’indigne) et déclarations enflammées. Aucun recul. Tel est mon indigne rival. Rien ne sert de tenter une conversion sur un tel matériau ; Djanem elle-même souvent, hélas, partage les inepties de son compagnon.
Il ne faut jamais, selon Lazarus, parler du rival. Celui qui est déjà là. Qu’il faut supplanter. Aujourd’hui je m’interroge, dit Petit-Keller, sur la proportion de comédie, d’affabulation, qui entre dans tout cela. Ou de chantage. Lazarus - compte les coups.
X
« D 3 »
DJANEM prétend que Nils la brutalise (fais-lui croire que…?) - le pinçon sur la joue n’a laissé aucune trace « Regarde ! »Rien. Elle dit aussi « Je veux te révéler à toi-même » - Te-Anaa elle-même – et tant d’autres -s’imaginent à toute force vous découvrir. Soi-même comme piège à soi. Miroir tendu. Espoir crétin d’y pouvoir modifier sa propre image. Mais où as-tu placé ton maquillage ? qui le saura, si tu l’ignores ?
Le Pitre au Miroir.
Heureux les humbles ? voire.
² X
Jeter sur l’échine de l ‘autre tout le poids de ce qu’on a subi soi-même/ Que de formules graves, dominatrices et péremptoires, hargneuses et plates, n’auront-elles pas été déversées du haut des sagesses à deux balles ? « Il faut s’en donner les moyens » : belle évidence ! immense truisme ! ...mets un pied devant l’autre, et te voilà marchant - qui l’eût cru ? voilà qui est bien stupéfiant !
Balance-nous encore, Lazarus, nous t’en supplions à genoux, quelques-unes de tes incomparables sentences, comme autant d’apophtegmes tombés du cul de monsieur Jourdain. Heureux les pédants ? voire.
La fiancée de Hölderlin, qu’il ne voyait qu’à la dérobée, à la promenade avec son mari Hölderlin percepteur, surveillait son petit frère à elle pendant la nuit.
Il n’en dormait plus. Il en devint fou. Pas de correspondances.
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KJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ
F IV‘
F. IV
Rappel
Désormais Lydia, fille de Lény, 17 ans, tout un passé de brimades et d’arbitraire. Nul ne sait ce qu’elle est devenue. Olegario son amant s’est volatilisé comme un adulte, idéalisé par l’une et l’autre. Lény donc exposait ses brimades personnelles, brimades héréditaires, abandon de son père à elle, jaloux jusque des tantouses.
N.D.A.
Dans ces structures je veux m’humilier, m’immiscer pour les reconstruire, comme le lierre étouffe et met en poudre les pierre qu’il a descellées.
Jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Djanem et moi nous sommes donné rendez-vous à la terrasse de La Flèche, au pied de la tour St-Michel, rendez-vous des immigrés.dont le quartier alors grouillait d'Arabes et d'Espagnols, que je considérais avec condescendance, voir plus haut.
Brasserie St-Malo face à l’abbatiale. Nous nous disons vous. Elle me confia, toujours me vouvoyant, ses déboires conjugaux. Son premier mari, Hugo Turgond, l'avait trompée dès sa grossesse, qui avorta en fausse couche.
Ce Turgond s’était aussi débarrassé d’un chaton en le jetant sur l’autoroute. Il avait un jour aussi jeté un chaton sur l’autoroute. J’y crois j
Tous les épisodes de ma vie se lorsqu'elle était enceinte, elle en avorta : « Je ne sais pourquoi je vous dis tout cela. » Pourquoi aurait-elle menti à ce moment-là ? Nos mains s'effleurent. Je m'étonne en moi-même de cet effet que je produis. Pendant notre seule et première projection de cinéma, ses ongles me raclaient tendrement la paume, et je grattais sa saignée. Le film parlait d'un crime dans les Pyrénées, avec Sabine Azéma et Dussolier : assez bien, sans plus, mais nous étions occupés d'autres choses dans le cœur. Il est vrai que je suis définitivement tiède.
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à l'abbatiale, d'abord nous nous disions vous : le petit chat exprès lâché sur l'autoroute, le premier mari révoltant. Alors qu’elle est enceinte, il pelote une autre femme sous la table en sa présence. Elle en avorte : « Je ne sais pourquoi je vous dis tout cela. » Pourquoi aurait-elle menti à ce moment-là ? Nos mains s'effleurent. Je m'étonne en moi-même de cet effet que je produis. Pendant notre seule et première projection de cinéma, ses ongles me raclaient tendrement la paume, et je grattais sa saignée. Le film parlait d'un crime dans les Pyrénées, avec Sabine Azéma et Dussolier : assez bien, sans plus, mais nous étions occupés d'autres choses dans le cœur. Il est vai que je suis définitivement tiède. Enfant déjà je m'indignais que toutes les chansons parlent d'amour. Je ne comprenais pas pourquoi, dans L'appel de la forêt, tel homme et telle femme ne pouvaient se séparer malgré toutes leurs différences, alors qu'ils s'aimaient : je ne parvenais pas à m'expliquer leur obstination à se réunir, alors que rien dans le récit ne le justifiait, alors que leur fadeur mutuelle éclatait à mes yeux aveugles.
Djanem en avorte de honte. Elle avait passé dix ans à se secouer de cet homme
les liens névrotiques étant comme chacun sait mes plus difficiles à dénouer :
Je ne sais pas pourquoi je vous dis tout cela ». Pourquoi mentirait-elle ? nos doigts s’effleurent sur le marbre.
, et pour la première et dernière fois nous sommes allés ensemble au cinéma au sortir duquel nous nous sommes tutoyés.
Djanem abîme longuement longé ; nos larmes affleurant en permanence. Étreindre ou simplement toucher par le mystère exclus. Sa nature distincte. Que rien ne soit troublé ; qui voudrait étourdir l’Esprit - de ses prières ? « Tu es soumis à ton épouse» me dit-elle. L’un à l’autre bien plus encore si nous vivions ensemble, et nous serions ravis de nous soumettre - sans que tu sois amante ou mère, ni scorie de nulle sorte - sans boue ni vase aucunes.
Sans correspondance actuelle.
Suite
Premier été. Fenêtres mansardée sur fes prés secs enclos de pierres, deux hangars de tôle qui bêlent de l’intérieur dans des relents de crottin. Hannah Schulmann, juive de Pologne, médite sur son couvre-pied. Entrent sans frapper Fedora, Lény, Linda, petite-fille, mère et grand-mère. La plus jeune à huit ans parle, pense et réagit comme à six : « Chez Louvier », fin de saison. Tu es un mythe pour moi. Elle dit tu as dû en croiser des milliers je dis non, que c'est impossible, quand j'aime c'est pour la vie collectionneurs s’abstenir.
F. IV
Question : “Me laisseras-tu dormir si j’occupe le sommier sous les combles ?
- Je réponds que non.
C'est donc par ma faute si trois générations se sont entassées dans la mansarde suffocante et contiguë. À peine y tient-on dans la triple mixture des souffles. La Lozère est pauvre, il est vrai ; la location coûte tout un bras. Une coursive interne tient tout le long du bâtiment ; trois portes boulonnées donnent sur trois lavabos dont un condamné, permettant une ablution rétro avec des gants de crin. Premier levé , premier frotté, premier sorti.
Je marche seul. K
lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllD4. «Il ne sera pas là pour le reste » dit-il. Qu’entend-il par « le reste » ? Mon « Moi » ? Nul ne l’aura, pas même moi. « Le moi n’existe pas. Il n’existe que par construction mentale ». – Voici ma construction de pied dans ta construction de cul ». Molière l’a déjà faite, je sais.Mon moi n’existe pas, mais dès qu’il s’agit de m’ignorer, coucou ! Le voilà qui revient, et le moi de Lazarus passe devant le moi de Kleinkeller, sans le moindre remords…
???????????????????????????????????????????????????????????LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL
Pourquoi le Directeur du Crazy Horse couche-t-il ses filles à deux par chambre ?
Pour qu’elles ne baisent pas les clients et qu’elles se gouinent à l’aise pour se décharger. Les filles ne voient jamais le moindre inconvénient à ça, bien au contraire. Si DSK avait été une femme, Nafissatou en eût redemandé.
Jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
Avoir le don des explications de textes. Découvert à 18 ans pour Nerval, Sylvie, transformée en ramure Je couve des yeux Djanem, ma dernière élève. Ma der des der. Autre chose que mon imbécile d’Antillais d’oral du bac.
Il ne sera pas là pour le reste
Djanem, je te voulais pour infirmière, à temps partiel, pas pour compagne de vie. Juste pour te regader, te prendre très fort dans mes bras, te faire jouir et jouir, à condition que tu te rhabilles et repartes, car nous n'avons rien à nous dire, ni intérêts communs. Rien de cela ne correspond à la définition d' « amour ».
Son coup de téléphone après rupture, "pour épuiser un forfait" – elle est bien bonne…
Pas de correspondances
YYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY
F V
Le tonnelier témoigne qu'au village on n'a pas formé sur la place de gros faisceaux d'étendards, mais qu'on a pleuré ce jour-là : “la fleur au fusil” sera pour la légende. J’exume dans la foulée Journal Personnel de Françoise Leloup, d'amour et de cul avec les Lapente, au troisième rang juste après L'occitan sans effort ; depuis, chacun reste sur ses gardes, six cents mètres et trente ans plus bas.
De plus : tout un matériel de peintre. Nous n’avons jamais rendu les tubes les plus chers : Rouge de cadmium, Jaune de Naples, oubliés là en toute confiance, pour compenser la bombonne de gaz vidée par les précédents, payée de notre poche hélas comme prévu.
La Louve aux yeux gris, je l'ai culbutée sur un plumard qu'elle retapait de son bras en biseau. Nous n'avons plus recommencé. L'avant-veille encore elle grommelait, tandis que je réclamais un fer à repasser : « Je ne vais tout de même pas “brancher ma centrale” pour repasser une chemise » - une planche et trois fers - «comme si on avait besoin de linge impeccable en vacances… !
F V
La Louve branche sa centrale, et le mari transporte ses grumes.
Hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
D 5 Déclarations d’amour de Nils désespéré. Manque de dignité. J’ai vu ce Nils trois fois. Fruste et couillon comme il convient. Qui intercepte nos messages : « Viens », dit-il, « les lire avec moi ». Proposition de rustre, cruauté reptilienne. Je crois cette femme à proportion de ma commodité. Je reconnais la vérité telle que je la souhaite : « Toute plongée dans le prolétariat recèle de semblables miasmes ». DJANEM refuse l’abaissement qui lui est proposé.
Kljhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
F VI
Lorsque elle revient par le 16h 23 ayant confié sa fille à son amant, Fedora s'aperçoit d’un embonpoint bien plus ancien. Olegano s'éclipse en sa tanière où les femmes se succèdent sans relâche, où cependant ni Léna ni Fedora n'accéderaient jamais. Léna, quinze ans, n’envisage nulle IVG : quelque chose en moi dit-elle s'est soulevé pour accepter la vie, comme ils disent. Mais il est bien prématuré de mettre au monde.
K?KKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKK
VII a
Discours anti-américain, anti-israélien.
Les deux femmes crient plus aigrement l’une que l’autre. Il appert de plus en plus que l’anti-américanisme est l’antisémitisme du pauvre. ^Ce n’est pas aux seuls Américains que reviennent toutes les pollutions de notre globe, mais à l’ensemble de tout l’Occident. Les Américains affament le monde ? ...nous aussi ; renvoyons donc ces plats de restaurant aux Vietnamiens qui crèvent la dalle. Les Israéliens d’autre part ont droit à mon, à notre admiration inconditionnelle.
VII b
VII b
Le Droit-Fil de St-Bauzile, sa description, le puits et les bouteilles, les deux chambres (l'obscure et son hublot, la claire). Nous lisons sous la lampe et dormons.
Prennent place ici : une description de notre pension, avec sa cour intérieure, sa galerie surplombante et les débiles qui l’habitent (de ch’val), et dans un coin en bas à gauche : un puits au fond duquel stagnent des bouteilles de blanc maintenues au frais que le patron remonte à la chaîne. Il faudrait aussi développer l’évocation de nos deux chambres, la première sans fenêtre où l’on ne peut rien faire d’autre, à peu près, que dormir ou siester. La fenêtre donne sur un préau à vélos complètement obscure. On peut y lire, avec de bonnes lampes de poche.
L’année 2008, nous avons enfin la chambre donnant sur la cour, succédant ainsi aux Bruxellois BCBG.
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D. 8
L’axe de ma vie s’est infléchi en elle, c’est à Djanem que je me réfère, et me confronte. Accepte-moi. Te-Anaa n'est plus qu'une construction intellectuelle : fabriquée en moi, ressentie en elle - jeux de miroirs désajustés - Djanem reste seule à m'émouvoir. Plaisir téléphonique. Pourquoi devrais-je m’estimer veule. Ou pleutre. Ou ce qu’on veut.
Nous nous rejetons nos mots d’amour à la gueule comme des disques de fonte. « Après de tels discours nous ne pourrions nous séparer ». Comme le chien ventre en l’air dans la poussière. Le transport à l’hôpital dont on a oublié le nom. La biche dans la piscine (D. 44). Je lui ai parlé de Te-Anaa. Lazarus confirme qu’il ne m’a jamais vu aussi attaché à une femme.
D 9 ???
Vasque 1
Petit-Keller débusque Djanem sur son lieu de travail. Djanem, devant les autres, le vouvoie. Nous nous sommes manqués, chacun de notre côté. Lazarus m'a vu assis sur un rebord de vasque alors qu'il roule au meeting de la ligue. Jouissances militantes. Dans son allocution aux ouvriers, il mentionnera Baudelaire. Lorsque Djanem lui fera observer que personne de toute l’assistance n’a ne serait-ce qu’entendu parler de Baudelaire, il se récriera, incrécdule, indigné – pourtant, Lazarus, pourtant…
D 10
J’offre à Djanem mes dents de lait dans une capsule d’étain. Je trouve obscène de conserver par devers moi ce gauche témoignage d’un amour de mère. Djanem m’offre en retour ce pendentif . Mes dents contre son île au fond de ma poche. Je serre Djanem au point que le souffle nous manque. Me rendre les dents serait inverser le temps. Quitte à les jeter sous ses yeux au premier caniveau venu.
Existe cependant cette Première Épouse encore, devant maire et curé. Nous avons elle et moi si longtemps combattu pied à pied ; elle reste à présent ouatée dans son sourire, fixant à l’encre de Chine ses créatures aux sexes réversibles.
Elle me remercie quand j'effleure ses lèvres et souvent nous nous absentons.
Nous nous respectons. Nous nous craignons.
Depuis ce temps Djanem porte à même la peau dans leur étui mes dents sur son cœur.
D11
La vie de Lazarus fut consacrée au « faire », et la mienne à « contempler mon nombril », suis-je con! Je n’ai pas assez cru en « l’Homme » ! il faut «choisir » ses amitiés !
04 01 04
D 13 ???
Ainsi donc à mon tour, à soixante ans plus que sonnés, je faisais connaissance de ce dont j’étais jadis exclus –
C'était donc cela ce fameux flirt en salle obscure ? que tous les autres avaient pratiqué dès leurs quinze ans, bien avant moi, comme une chose ordinaire, dont il ne valait pas la peine de parler. Ma seule tentative au cinéma remontait à la petite Fernandi, treize ans, trois branlettes par jour au compteur, qui à chaque tentative dans l’obscurité m’avait gratifié de violents pinçons. À présent, comme un grand je « flirtais au cinéma » - c'était donc là ce fameux infini des caniches dont tous se gobergeaient avec ostentation - « on a flirté pendant tout le film. Puis ils s’agglutinaient par couple - frasques périgourdines et miguailles vendéennes, sous les buissons de la berge de l’Isle (« ...oh non, seulement les doigts, tu penses…) et dont on faisait tant de faux mystères.
Pour se doigter, se branler - le secret ne m'en fut révélé que bien plus tard - non, seulement les doigts, tu penses… » et nul ne s’avançaient à les suivre - rituels d’un autre siècle.
D 17
Te-Anaa n'est pas ainsi. Elle accepte mes arguments avec sérénité.
Ces trois femmes doivent interagir comme une Trinité.
J’ai couché avec Te-Anaa Maori. Mais je n’aime pas quelle s’accroupisse sur moi comme on pisse, les yeux fermés, poussant ses va-et-vient poussifs.
Te-Anaa vit en couple. Je n'aimerais plus rencontrer cet homme. Un vieux, un solide, un vrai. Qui se fragilise pourtant sitôt qu’il évite de soupçonner notre connivence. J’ignore ce qui la pousse à se couper les tifs à la Jacques Higelin, si malencontreusement masculin, si désastreusement septuagénaire.
D. 20 :
Je ne peux jouir qu'après Lazare ? Djanem, si tu retournes à cet homme, je te pourrirai la vie.
Te-Anaa est un homme, et ma Vieille Maîtresse façon Barbey.
Rudi, son amant actuel, montre sa prévenance et sa fragilité. Je n'ai été "ni le premier, ni le dernier" : ma foi si. Défense de porter sa croix en cicatrice. Quel tourbillon.
Lazare, Petit-Keller et Djanem.
Petit-Keller, Rudi et Te-Anaa.
Comprenez-vous. Non. Et moi donc.
Djanem ne veut plus redescendre et me serre de toutes ses forces. Se met irrémédiablement en retard. Si je voulais quitter son automobile personnelle, également. Combien de fois ne suis-je pas rentré chez moi en retard, sous des prétextes divers ! Aller très vite. Brûler nos étapes. Nous avons si peu d’expérience.
Si peu d’expérience.
Mes leçons coûtaient cher. Quand je voulus les mettre à 22 (euros), Djanem tenta un arrangement à 100€ par mois, ce que je refusai poliment : cela me rabaissait à 12 de l'heure.
Elle s'en excusa, confuse, par écran interposé – profitnt de l’occasion pour me tutoyer sous prétexte d’usage internautique. Les leçons s’interrompirent.
Nous avions commencé à nous écrire.
Elle me rassura, m'affirmant que mes cours débordaient d'enthousiasme et de sincérité - je me bornais pourtant à l’application des directives assimilées entre 18 et 20 ans : ce que l'on appelait alors « lecture expliquée »plus ou moins élastique de ces premières directives pour étudiants, qui permettent vaille que vaille l’interprétation du ministère ? Certes, mes classes me jugeaient désordonné, mais plus profond assurément que ces honorables clitomanes qui, faute d'enseigner les maths, tartinent leurs platitudes réglementaires.
D 19
Djanem est l'abîme incessamment côtoyé
Nos larmes en permanence. Étreindre ou toucher. L’abstraction de Djanem. « Tu restes soumis à ton épouse» Je te serais bien plus soumis et j’en serais comblé ; il te faut une relation propre. Nette. Sans trace de vase. Sans Nils je t'aimanterais violemment dans ma solitude, jusqu'à pleine asphyxie. Au temps jadis, tout aussi bien ressenti et pensé qu'aujourd'hui, les amants s'aimaient, aussi, déjà, sans contact, en reflets.
Je m ‘aboucherais volontiers avec Nils, qui me dédaigne – Arielle, poétesse déshéritée, n’en refuserait rien. Ne pas omettre ce soir de lui en toucher mot.
Parfois j'attire Djanem à mes raisons. Elle saute dans ma corde. Ou bien je pars dans des hôtels non loin d’ici. Je marcherai beaucoup. Je me courberai pour ne pas donner prise aux éclairs. Mais que je médite ou prie, elle en sera l’objet. Ce sont les infinies ramifications du bien. N'était-ce pas nos volontés ? j'ai autant à dire. qu’à me taire.
FIN DU TEXTE 1 SUR LEQUEL TOUS DOIVENT SE RABATTRE
D21
Te-Anaa est un homme, ainsi que ma Vieille Maîtresse. Rudy, son actuel amant, se montre fragile et prévenant.
D.22
Ne pas compter ici sur une chronologie ; je ne note plus rien, crainte d'y voir surgir dans les marges les commentaires venimeux de mon épouse. Mes horaires se faisaient flous, réclamant des assouplissements, des licences nouvelles dans un emploi du temps si réglé. Tout marche par surimpressions, surimpressions, dans cet état riche et confus du souvenir d’avant les prises de notes. « Dans la pureté de l’enfance » disent les livres. L'amour dure trois trois mois pour les flirts .
Je débusque Djanem sur son lieu de travail. Nous nous sommes manqués attendant chacun d’un côté. Lazarus m'a vu assis sur un rebord de vasque vide alors qu'il roule au meeting de la ligue. Jouissances militantes.
Lazarus me conseille de tout plaquer au bout de trois mois. Comment peut-on garder si longtemps son slip. Exige de moi le secret le plus absolu sur sa maîtresse. Depuis , sa propre femme me l'a révélée. Il en aurait une autre encore. Moi aussi. De tristes collectionneurs. Il me vient l’impression, quand je me confie, de me souiller. . Quel rôle attend-il ? je n'offre plus rien.
L'amour, trois mois de flamme, trente ans de cendres. dit Salina. Trois mois pour le plus chaud. Je verse à l’oreille de Djanem le miel continu des mots, des litanies d’amour auxquelles je crois le temps de les dire, ainsi que tout le long du chemin du retour.
L’ennui fut qu’elle y ait cru.
Caractère sacré de ce que j’ai dit.
Tu profanes, vieux con, tu profanes.
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D 22
Harnachement grotesque de Béatrice Dalle : sur une moto à l’arrêt, la cuisse échancrée jusqu’à l’aine :« Crois-tu vraiment qu’elle désire ? » ...se branler devant la glace, oui, sans doute, aucune femme ne s’est jamais gênée pour ça, mais te désirer toi, Lazarus, ou quelque bonhomme que ce soit - elle est bidon, ta Béatrice, bidon, pitoyable - pathétique - vu surtout l’intérêt qu’elle a porté aux hommes... » Je te la renverrais se rhabiller chez elle à grands coups de pied au cul. Il rage sur ma « vision de la femme » - laquelle ? ... bien éduquée, les yeux baissés ?
Péremptoire : “Tu ne connais rien aux femmes, rien aux hommes, rien à la vie” – erreur : aussi bien, mais tout autrement que toi. … - les faits, rien que les faits – dans le cul les Lazarus…
kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk
bvgbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
D. 24 : Guérir le mal par le mal. Créer la fausse piste de la Salvadorienne. Je me suis appuyé devant elle, un bras par accoudoir, les yeux dans les yeux. Elle chantait, descendant l’escalier, entre tus brazos J’aurais pu. J’aurais dû. Pas voulu. Puis elle me surprit un soir sur le fait au bras de mon épouse - te souviens-tu de la Salvadorienne ?
Non.
!:ùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùù
D 33
Ce matin, très froid. Des reproches, d'éternels reproches. Pourquoi vouloir sans fin que j’abandonne Armelle à son fauteuil de convalescence. Cette constance est-elle une fidélité, que Djanem viendrait consolider ? ...Ce matin je gèle. Inanité de tout effort. Juste la vie et ses petites manies.
kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk
D 38
Je n'ai jamais montré la photo d'Ariel à Djanem. Djanem écrit sur son blog des textes poétiques - critiques éléphantesques de Lazarus, crise de Djanem. Preuve qu'elle est allée beaucoup plus loin avec lui qu'elle ne veut l'avouer. Elle n'écrit plus et c'est dommage. Cependant, le fait qu'elle se soit vantée de conserver la même écriture depuis quinze ans et demi a de quoi laisser perplexe.
Llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll
D 39
Nils vient se glisser dans la cuisine - « je cherche un couteau - ne vous dérangez pas ». Vient-il m’assassiner ?…
J’ai donné à Djanem une leçon en compagnie de Mari-Nils, qui m’écoute, amusé, bouche bée. Aux anges. Elle se tourne vers lui pour me répondre : « Ce n’est pas lui qu’il faut regarder, c’est moi ». Elle m’apprit ensuite l’ivrognerie dudit mari. C’était faux. Pressée de questions, elle avoue qu’il s’enivre rarement, ne tient pas l’alcool, et qu’elle s’exerce à le détester pour mieux s’enfuir avec moi. Maîtrise et perversion.
Ainsi que l’entière « gentillesse » d’icelui . Assurément ce n’est pas la noblesse, au sens originel du mot. « Gentil » dit-elle. Impossible d’en tirer autre chose. .
D 40
La femme distille le sperme et s'en nourrit .
La beauté écrase la femme. Bien peu soutiennent leur splendeur.
La femme est toujours consciente de sa perfection. "Parce que je le vaux bien".
« J’aime bien les jeunes filles. Quand elles parlent, c’est dommage »
Jules Renard
Quand on a ça entre les jambes, on retombe toujours sur ses pattes. Les hommes restent seuls avec leur asticot.
La femme pousse l'homme chez les putes ; on voit la solidarité féminine ...
D 42 suite
On se remet du viol, mesdames, ne vous en déplaise. "C'est plus facile pour moi si on ne ne va pas jusqu'au bout". Ignoble et si compréhensible. Trente jours d’abstinence. "Nous resterons côte à côte - Mais - je ne suis pas une sainte !" – les deux râteliers. Abstinence d’Un an.
Voici de l’anecdote : Un jour, Lazarus m’aperçoit, nonchalamment assis sur les marches, depuis sa voiture : il se rend à la session mensuelle de la Ligue - la Gauche est sa marotte. Je décline son invitation, m’estimant assez sot pour ne pas en rajouter dans un chauffage de salle. Or le mois précédent, sur le même itinéraire, il avait pris en passagère Djanem, adhérente elle aussi, et je ne sais quelle autre femme. Ces deux passagères de banquette arrière se seraient alors partagé, entre prétendues inconnues, les confidences les plus féminines qui soient : mari, amant, et autres. Djanem
alors se serait confiée à cette inconnue, sur son mari, sur moi... Une seule fois ! plaide Djanem. Quand je te tuerai, ce sera une seule fois. Une fois de trop. Elle a dit « Notre amour est platonique ». Je n’emploie jamais ce mot. Il est banni de mon vocabulaire, Platon ne parle nullement d’abstinence. Moi, l’élitiste, je le sais. Donc nous baisons peu – Djanem et moi. Pourquoi ? Parce que Djanem ne veut pas baiser. Parce que je vois bien que tu t’en fous. Dit-elle. Et non pas à cause de mon « âge », comme elle dit si élégamment.
Connard de mâle.
D 47
Quelqu'un peut-il me dire ce que je cherche. Mon ami G. aux prises avec sa femme réelleme,t aliénée, qui a rendu leur fils parfaitement fou, à la lettre. Quelqu’un peut-il me dire de quoi je parle. Telle autre, Anne-Marie T., dilapide tout l'argent du ménage en faramineuses bagatelles - ne suis-je pas bien plus à l'aise avec Arielle, dépressive chronique ? que puis-je bien gagner au change ? En vérité je suis resté Pâris, Pâris avec sa pomme.
D 50
- J’entends beugler Lazarus Qu’est-ce que moi qu’est-ce que le moi ? Saccageant âme, conscience, et kaétéra. Si claquemuré, encoffré dans ses certitudes. En revanche, pour passer devant dans les files d’attente, le moi existe. Le sien.
Qui mieux que moi sait ce que je perdrais si mon masque tombait.
Rêvé que j’ai passé la nuit en toute chasteté dans une vaste étendue de draps immaculés, avec la grasse épouse d’un maître pâtissier chocolatier ; regretterais-je l'embonpoint d'avant la chimio ?
D 51
Au comptoir où je la vois trôner DJANEM joue son rite. Je lis sur elle tous les âges, comme si nous avions pour de vrai passé la vie ensemble sans en excepter un mois.
Trois femmes émettent des craintes. Démonter le jouet.
En vérité qui sont ces arpenteurs, ces prescripteurs ? Plongeant du sommet de leur incompétence aux plus profonds des truismes ? « Pour marcher, mettre un pied devant l'autre » - ô grands décrypteurs, ô Christophe Colomb des rues ! Les pédanteries tombent des lèvres comme autant d'étrons.
D 52
Les femmes feignent que le sexe soit peu de chose. Tout juste bon à conforter le mâle rudimentaire. Vas-y, fais-le, il paraît que ça vous rassure sur votre virilité (je cite). Ce qui encourage vachement. Le Phallus, comme le prononçait la bouche pleine sans le comprendre une aspirante au bac… « Le vagin des prostituées s’irrite de ce va-et-vient perpétuel » (Thérèse Plantier) – Nous serions donc affublés de cette panoplie branlante à seule fin d’arroser femme après femme comme autant d’ardoises de pissotières ?
Devenu froid et sourd comme seules femmes peuvent l’être. À croire qu’elles aiment et cassent à volonté. À proportion des souffrances sans doute à chercher ou éliminer. Comme si tu tremblais de faiblesse, alors que tu es aussi forte que chacune d’entre vous. Tu m’as détruit le sexe que tu l’admettes ou non. Qui ose ainsi me méconnaître, me traiter ainsi. Jamais je ne fus à ce point largué. À la populaire. À la populo. Homme, ridicule. Le seul pouvoir des femmes est bien le ridicule. Riez. Mais riez donc - nèvè, nèvè.
À présent sans sexe nous voici tous les deux à armes égales.
Dans leur Empyrée cependant, les femmes songent, scintillantes…
Je t’apporterai à intervalles réguliers, régulièrement, en magasin ou ailleurs, mes lettres sous enveloppe. . Et j’achèterai du tissu au mètre, viscose ou coton tissé. Je le marchanderai à toi ou à d’autres. Ainsi ferons-nous partie de nos vies, que tu veuilles ou non. La vie ne fut jamais mon affaire. Je parle à notre tombe nourricière, sur nos deux corps figés et schématiques.
Rien ne sera jamais dit pour moi d’un être à l’autre Si tu ne m’aimes pas je t’aime est le seul extrait de Carmen qui vaille – le « prends garde à toi » qui suit n’est plus qu’une abyssale ineptie.
X
CONCLUSION Nous ne nous étions plus revus : Nils m'avait obligeamment raccompagné jusqu’à la porte extérieure, 50 ans, rougeaud, rouquin, ventre à l’aise. Accent havrais. Je préférais Sylvie Vartan. Je n’ai pas oublié le rictus du mari. Si je le recontactais ?
Djanem et moi nous sommes rejoints à l’Arbalète, au pied de la tour Cintemme, rendez-vous des immigrés d’ d’Irùn à Tiznit. Elle me confia, toujours me vouvoyant, ses déboires conjugaux ; un premier mari, Turgond, l'avait trompée dès sa grossesse, qui fit fausse couche. Il avait un jour aussi jeté sur l’autoroute un vrai chaton vivant. je ne sais pas vraiment ce qui me prend de vous raconter ça , et pour la première et seule fois nous sommes allés au cinéma.
J’aurais pu me méfier. Le « coup du chaton », c’était trop fort.
Je reviens sur son lieu de travail TISSU TOGOLAIS remettre des lettres qu’elle détruit sous mes yeux. Je marchande avec d'autres des antiquités pour te sentir, dans l'obscure encaustique : châles, statues de bois, sets de table. Tu n'as pas le droit de nous méconnaître aujourd’hui à ce point.
Pour les vingt ans éternels qui nous restent.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
FEDORA (L’INTRUSIF) TEXTE DÉFINITIF
ordre : T1, T2, OPÉ DJANEM OU FEDORA, TEXTE DÉFINITIF
Avertissement
Le jeu consiste à combiner deux projets alternatifs, ce que la Comédie Latine appelait « contamination » : Térence et Ménandre. Plus tard, et d’une autre manière, Vintila Horia (1915-1992) a superposé la relégation de Thomas le Roumain et l’ignoble emprisonnement de Boèce en 525. Sans véritablement tirer de larmes ni infliger le rire. Nous pourrions alors soigner la chronologie.
Lucinda : Rappeler certains épisodes de son enfance. Lény sera infirmière, sans amants fixes, par son caractère intenable.
Nous parlerons à l’occasion du trio Lazare-Cerise-Irène. Cette dernière incarnera B. la-Blonde.
Toutes mes sources d’information se trouvent coupées, ou altérées : « Ne dis rien à cet homme ; il nous met dans ses livres » mais pauvre conne, qui se souciera donc de toi… FAIT
Trois générations : Fedora, Lény, Cynthia. Sa fille une fois broyée, Fedora concasse sa petite-fille. Brendon Petit-Keller parviendra-t-il à la sauver, ou bien restera-t-il nuisible ?
trame ingénieuse, grosse de rebondissements à faire frémir toutes les femmes mûres, dernier bastion des lecteurs bas-occidentaux.
Olegario sera l'amant de Fedora, puis de Lény. Et moi Petit-Keller, d’intervention tardive, je serai moi, première ou troisième personne. Olegario fécondera Lény, la jeune, qui engendra Cynthia, fille d’Olegario, ce qui fait trois générations : aïeule, mère et petite- fille : Fedora, Lény, Cynthia, sept ans.
Fedora, plus âgée, forme avec Olegario un couple orageux, arrogant, sulfureux ; en bout de chaîne sa petite-fille, Cynthia, demeurera solitaire en dépit des avances d'un d'un jeune juif parisien.
On ne trouvera ici ni présent, ni passé, ni futur.
Lény, infirmière, ne souhaite plus de partenaire constant.
Ce lui serait, à elle aussi, insupportable. Elle précise, cependant : “J’ai des rapports” - que lit-elle dans mes yeux ?
Entendons-nous bien : la chronologie, moteur des narrations, subira ici d’inévitables combinaisons significatives.
tttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt
DÉBUT POUR DJANEM
AVANT-PROPOS NARRATIF
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D 1
on ami Lazarus m’a vivement recommandé. Il me mène chez elle par un virage dérobé. Il nous présente l’un à l’autre en baissant les yeux. Elle et moi nous sommes vouvoyés, convenant du prix et des heures, en avril, trop tard pour un oral de concours.
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Le cours à domicile, moyen tout trouvé de faire fortune, dure bien plus d'une heure : aller-retour et politesses…
La première leçon s’est tenue au salon, sous un haut plafond.
Dans un mouvement d'ailes Djanem a posé devant moi ses documents . Vêtue d’un tailleur bleu ne marquant ni les seins ni les hanches. De prime abord, portugaise. Je me fais fort de tout savoir un jour à ce sujet. Ce jour-là je la lui joue égalitaire : sans rapport formel prof-étudiante ; après maintes insoumissions scolaires, un emploi pris le premier venu, les années passant une grande la lassitude et le retour aux sources, bac et certificat d'études. elle a tout repris de la troisième aux valeurs de licence. Je l'avertis : tout candidat qui se contente à l’oral de lire ses notes, quelle que soit sa valeur, écope invariablement de la note 5. Puis je fais lire à haute voix une tirade de Corneille. . Comme je prolongeais le plaisir de l'entendre, fixant sans y penser la raie de ses cheveux et sa nuque abaissée, je rencontrai lancé soudain d’en bas son regard décryptant : elle surprit sur moi (me dit-elle plus tard) une expression de tendresse. Sa voix claire et douce monte avec des tonalités d’ocarina. Très vite les leçons se déroulent dans la cuisine, où survient parfois le conjoint souriant « ne vous dérangez pas - je cherche un couteau ».
Elle affirme que mes cours débordaient d'enthousiasme et de sincérité, ce qui me flatta. Je me bornais pourtant à la stricte application des méthodes assimilées entre 18 et 20 ans : ce que l'on appelait alors « lecture expliquée ». En dépit des inépuisables bourdes ministérielles, j’en étais resté à ces premières directives pour étudiants. Mes classes me jugeaient désordonné, certes, mais combien plus profond que ces honorables échassières qui professaient, faute d'enseigner les maths, leurs platitudes réglementaires.
Narcisse et Paillasson tirent mon équipage.
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Djanem : Laissons-là nos leçons m’écrit-elle bientôt car je crois devenir amoureuse de vous - c'est bien ainsi que je concevais mes cours. Car la leçon n'entre pas dans l'élève s'il ne se sent pas profondément aimé.Mais, de la dragueVoici comment tout a commencé.
M inoffensive, en chaire, je passais insensiblement, sous couleur d’attendrissement, à l’entreprise de séduction. Assaisonnée (je m’en avise à présent) d’une bonne dose de condescendance.
Je l’élève, je m’abaisse. Narcisse et Paillasson tirent mon équipage.
Lazare me réserve, dans sa maison d’édition de rondins, un réduit personnel obscur et souvent bricolé, avec ses marches intérieures, donnant sur une pelouse que la Garonne imbibe aux moindres crues.
Le battant du volet ouvert d'une poussée rebondissait souplement sur une toison de vigne vierge, voilant le jour, et j'allumais le col de cygne, pour polir les nouvelles et les romans d’autrui. Préparant aussi mes cours, et m’imaginant les dire. Un certain après-midi je me suis surpris à murmurer son nom, Djanem ! car
On n'aime point, Seigneur, si l'on ne veut aimer.
(Je me figure maints marivaudages, où chacun tourne et se rajuste, cherchant ses assurances).
Mes leçons coûtaient cher. Quand je voulus les porter à 22€, Djanem proposa 100 par mois, ce que je refusai poliment : cela me rabaissait à 12 euros de l'heure. Elle s'en excusa confusément par courriel. Sur l’écran Djanem se met à me tutoyer, invoquant l’usage informatique.
Mes amour dérapent entre condescendance et soumission.
Fâcheux attelage.
F. 1
Ma femme s’appelle Arielle, valétudinaire
Arielle Petit-Keller. Lenny et mon épouse se ressemblent : alternativement fébriles ou léthargiques. Olegario et Fedora la vieille, autrefois jeunes, se sont connus le jour où il chantait, sur sa guitare et trois planches de scène, ses textes de roses et de prison. « Viens chez moi » lui dit Fédora, car la mante déguste sur son terrain. Olegario s’est abrité chez Fedora. Fugitif, évadé, il fut son amant. Plus tard, comme indiqué, celui de Lenny : chez Fedora vivait Lenny sa fille, branleuse de 15 ans. L'Ennemi Masculin se trouvait dans la place. La plus jeune attisa, innocemment, la lubricité de son soudain beau-père, plus que tenté par le coup double. Lenny, pas encore infirmière, se trouve enceinte d’Olegario, amant de sa mère.
Cet Argentin (il est argentin) n'a rien du tanguero engomado ; il se pourrait, mais que ne dit-on pas ? qu’il ait été indicateur du général Videla, ne devant son salut qu'à sa fuite à la chute des tyrans.
Cynthia, fille et petite-fille des deux précédentes, vivra solitaire en dépit des avances d'un juif.
Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
F II
F II : Olegario l'Argentin chauffe la fille, Lény, sitôt qu'elle est seule. Lény adolescente, idéaliste, platonique à fond, revêche et sauvage, se branle à mort.
Ermanno, Premier Danseur d’Aix, raccompagne Fedora dans sa Lamborghini : Parlent de conversion. À l’arrivée grands jetés de portières, hennissements de Folle - «“Mais il est homosexuel ! ...pédé comme un phoque ! - - Possible, mais tous les voisins vous voient » Jaloux des menés, des sauts de chat, des adages.
Elle a rompu avec ce rustre – avec la danse aussi. Quatre hommes plus tard Olegario survient.
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F III
F. III
À son retour d’une saison parisienne et promue Grand Sujet, Fedora surprend sa fille en cloque. Le drame se déroule comme un ressort sans en omettre une outrance. Douleurs et démonstrations de tout genre.
Cynthia naît le tant de l’an XIX
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F. IV
Désormais Cynthia compte 17 ans. Tout un arriéré de brimades éducatives. Tout un temps de l’adolescence, qui est toute une vie à elle seule. Olegario l’éphémère, idéalisé par l’une et l’autre, a disparu, mais nous ignorons tant de choses. De son côté Lény évoque l’abandon de son propre père : « Dès que tu entends le mot « paternité », tu fuis à toutes jambes ! - À skate-board oui ! » réplique le primate.
Détail piquant : Lény, 14 ans, assistait au dialogue.
J’adore m’immiscer pour observer d’en bas puis mieux régner, tel un moisi qui peu à peu vire à l’infection. Le lierre asphyxie la pierre
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Fedora engendra Lenny, qui engendra Cynthia : mère, fille et petite- fille. Cynthia, sept ans.
Ayant brisé sa fille, Fedora voudra briser l’enfant. Parviendrai-je à sauver du moins la dernière ? GIDE ET QUIGNARD, tels sont les modèles.
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Sans numéro pour l’instant :
F
Lenny, infirmière, n'a pas de partenaire constant ; ce lui serait insupportable. Elle précise, cependant : “J’ai eu des rapports !” - que lit-elle dans mes yeux ?
BBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBB
D2
Elle m’offre l’amitié : « camarades, « copains » (de régiment?) - Et que m’importe d’être ton ami ? oubli, déni sacrilège que nous soyons femme et homme sans dieux ni drames - sans chair ni pique – sans marécage - qui veut de ça ? – . ça va, pas mal et toi ? C’est pourquoi Petit-Keller s’écarte de le plus possible des humains. Exaspérante et sotte manie de bonne femme – de râper d’un trait de gomme toute différence sexuelle cela ne te gêne pas d’être creuse ? - Absolument pas (rire), tellement ça les frustre d’être creuses ? - Non. - Ah bon ». Plus tard il apprend que l’amitié s’accommode très bien de l’amour physique – ah bon.
jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
D3. Lazarus, après combien d’autres, s’imagine avoir tout découvert de nos susceptibilités névrotiques : il dit à Djanem, que j’aime, que je suis une lavette, que j’ai « tout choisi », que je ne peux rien « vouloir vraiment », ce qui révèle un parti-pris contradictoire : on reconnaît qu’on a vraiment voulu… à ce qu’on l’a obtenu – dialectique hasardeuse… (de mon côté cependant, jeter le discrédit sur les témoins est un bon vieux truc stalinien). Mais j’ai entendu si souvent cette dialectique foireuse ! « où il y a volonté, se trouve un chemin » - comme tout est simple ! Simpliste ! Simplet !
Et chacun de répéter sentencieusement cette ineptie : Wer will, der kann – qui veut, peu – c’était le titre de cette excellente méthode d’allemand, dont j’ai tiré grand profit.
D 4
Au comptoir où je la vois trôner Djanem accomplit son rite. Je lis sur elle tous les âges comme si nous avions vécu en vérité ensemble sans excepter un seul jour.
Trois femmes craignant le corps démontent leur jouet.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
MANQUE D 5
F V A / B
Olegario et Fedora se sont connus lorsque lui, deux pieds sur quatre planches et les dix doigts sur ses six cordes, se mit à déclamer ses couplets éraillés de militant. « Viens chez moi » lui dit-elle. Chez Fedora la mère vit déjà Léna, de fleuve non loin duquel fut déporté en Sibérie Oulianov Lénine.
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Les femmes se vantent de leur frigidité.
Dans un bar place de la Victoire. C’était en 72, 2019 nouveau style (n.s.). J’étais avec Hervé, petit merdeux vibrionnant, toujours optimiste, réussissant toujours tout, à l’en croire. Je le prenais pour modèle et pour confident, espérant acquérir moi aussi cette insolence assurance. Le café archicomble bruissait autour de nous, Assise en face de nous se tenait, par le plus grand des hasardsHervé, Marie et moi n’a, Marie, magnifique brune majestueuse comme elles le sont toutes, pour exprimer leur timidité, ce qui est un comble. Mais très impressionnante, très intimidante. Il faut savoir que plus une femme se montre arrogante, plus elle est timide. C’est très mal imité. De même un violeur exprime sa grande tendresse.
Les femmes ne violent pas. Non, mais elles castrent. Les viols sont matériels, la castration symboliste – passons : comparaison n’est pas raison. Et poursuivons : « Hervé, Marie et moi n’avions rien à nous dire. Comme il arrive en ce cas très souvent, la conversation roula sur le cul. Marie s’étatn montrée très dédaigneuse vis-à-vis de ce dernier, je voulus clore le bec à cette grande timide. « Il y a une chose, commençai-je, que je n’ai jamais pu comprendre chez les bonnes femmes. C’est que plus elles sont frigo, plus elles éprouvent le besoin de s’en vanter » -(« eul Besoin d’s’en Vanter », phrasé meusien pur jus. Et comme Hervé, infernal, s’esclaffait (« hein ! su’est-ce que tu dis de ça ? ») la grande perche brune me fixait fixement, répétant « Ton visage… ton visage... » et comme j’insistais « quoi mon visage ? », elle disait encore « ron vcelé ... » Et moi de tomber dans le piège, dévoré de narcissieme : quelle tare avait-elle décelé sur mon image - ayant ainsi dévié la botte, d’un bond donné le change aux meutes de Narcisse.Mais j’avais frappé juste, fort, et définitif.
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F V B
Indications de repères
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Scène entre nous et Lydia, qui place nos mains l'une dans l'autre.
Scène perdue. Nous nous sommes perdus à trois, Lenny, Lydia et moi. Lydia petite fille. En pleine innocence. Marchant dans la noirceur la plus complète au bout de ce sentier montant Lenny s’épanchant dans mon cœur inconnu d’elle-même Lydia a u retour dansant de joie dans les flaques de lune levée, courant, revenant débordante d’éphémère bonheur et plaçant nos mains l’une dans l’autre. Mais cela ne se pouvait pas. Il suffit de cinq cents kilomètres de large. Que cette scène dure éternellement.
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Ancien schéma
VI
Lydia jamais perdue de vue par sa mère et sa grand-mère. Obsédantes. Il suffit de quitter son enfant des yeux une seconde, et hop ! le Pédophile Criminel. Le petit vieux et son âne. J’étais gêné. Mortifié pour lui. Le petit vieux, pas l’âne.
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« C'est scientifique ! » Tu parles. Tu présentes cette chaise à un psychiatre. Il lui trouve immédiatement un diagnostic. Bayle autodidacte et le populo définitivement indécrottable – passé un certain âge, la machine à apprendre s’enraye. Suppression du calmant pour enfant. Fedora estimée par les prédélinquants. « Toi Mohammed tu fais ce que tu sais faire dans ton petit coin
llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ».,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,
D7
Confidence au bar l’Arbalète (café, liqueurs, sorbets). Mon flirt à coups de promesses immenses. À la Chorale (?)
Le caractère sacré de ce que nous avons dit.
Nous nous jetons nos mots d’amour à la tête : « Après de tels serments (« après cela ») nous ne pourrons plus nous séparer ».
Comme un chien ventre à l’air à jamais vulnérable.
Ce suicide au Lexomil, découverte affalér sur le tableau de bord par un voisin qui depuis s’autorise à te draguer - tu as oublié le nom de l’hôpital ? Depuis quand oublie-t-on le nom d’un hôpital ? J’aurai souvent soupçonné Djanem d’affabulation. Pour sa bonne cause.
Maîtrise et perversion
Kirsch, épouse et double de Lazarus, m’a révélé d’autres recoupements. Puis elle s’est reprise ; je n’ai jaùais pu l’en faire démordre, jusqu’à sa mort incluse.
.Le type même de la manœuvre manipulatrice : j’ai failli me persuader d’avoir tout dit moi-même, douter se ma propre découverte. Ainsi : Djanem évoque l’ivrognerie de son mari, le Nils. Pressée de questions, elle avoue qu’il ne tient pas le vin et qu’elle s’exerce à le haïr, par ses bobards, pour mieux s’enfuir de lui.
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MANQUE F 7/19
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D. 9
Aimer, c’est, en permanence, doubler le cap Horn. Ma conférence au centre Yavné. L’illusion du « désir » féminin. Les hommes vont donc aux putes.
Faire mon alya, mais crever dans un fossé. Lazare et Te-Anaa se parlent malgré eux au téléphone !
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D 13
13
C'était donc là cet infini connu de tous qui se foutaient de ma gueule.. Je devenais inexact, réclamant des libertés jusqu'ici insolites. Notre histoire ne peut trouver ici la moindre précision chronologique. Il faut tout raconter d'un coup, surimprimer. Ainsi se retrouve l’état des souvenirs d’avant, lorsqu’ils n’étaient pas encore classés dans l’ordre.
La vie de Lazare bien meilleure que jamais ! « Tu as gâché quelque chose entre nous ! » (???) - me dit-il - à propos de Te-Anaa – qu’y avait-il donc à « gâcher » ?
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D 13
Djanem ne me résiste jamais - elle montre son désir ! Cela change de façon bouleversante d’avec toutes ces pontifiasses qui font fine bouche, fin cul. Désir des femmes, bien plus faible que celui des hommes. À 40 balais la femme désire comme un homme à 60. « Vous auriez dû comme nous » disent-elles « apprendre à "maîtriser vos pulsions" comme nous avons fait des nôtres à travers les siècles » ! » -vous n’avez jamais eu à « maîtriser vos pulsions »/ Pour l’excellente raison que vous n’en avez pas eu. Vous n’en avez jamais eu. Vous n’en aurez jamais - Quand les femmes auront commis autant de viols que nous, elles pourront parler.
Védovi : « Mes besoins sexuels, je m’en débarrasse comme de besoins naturels » -je chie, je tire la chasse et je me branle » Ça, oui, c’est véridique. Ça, je le crois.
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D. 15
Je rêve que je rencontre un autre juif. Mais nous ne trouvons rien à nous dire. Épisode du prêtre et des musulmans dans le compartiment de chemin de fer : les trois religions monothéistes en vase clos. Djanem annonce encore son départ définitif. Ce sera bientôt notre seule conversation. Ma sieste aux Terres Fermes (« Bord de l’Eau ») : je m’allonge, à même le sol, dans la réserve. D. ne veut pas finir comme Te-Anaa, victime de ma lâcheté… Te-Anaa a épousé un homme qu’elle n’aimait pas, mais qui la faisait jouir. . Je suppose que Djanem est tunisienne.
D16
La photo des parents de Djanem. Les pommettes de son père à contre-jour, astiquées comme celles d’un nègre ; pourquoi s’est-elle rendue à La Réunion ? ça je ne te le dirai jamais. Ce serait notre secret. Je les invite. « Nous ne sommes pas du même milieu ». dit Nils. Djanem seule visite notre « Château du Bois Dormant » . Estime Arielle et ne peut pas « lui faire ça ». Délivre-nous de tes commandements. Poussière des spirales à baldaquin.
Les « Cas sociaux » (« Cassosses ») ont renoncé à vivre. On se croirait chez la Belle au bois dormant.
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D17
Similitudes
Trop de similitudes à vrai dire entre les façons de penser de Djanem et la daube Lazare… (« on se choisit son caractère ») Les « fréquentations profitables » et le « suivi relationnel » (Françoise F.)
Lazarus dit aussi : « C’est bien pour toi, ça, La Fontaine ».
« Bouddhisme » souriant d’Arielle.
Racine, le café, la Sévigné (je la déteste).
. Enfin, je suis parvenu à vivre ce que les gens « normaux » ont vécu.
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D 17 bis
Les rêves d’Arielle et mon théâtre fantôme. Jamais elle ne me révèle ses rêves. Comme si je baisais du blanc de poulet. Te-Anaa et son unique carotide, où palpite la caféine. Baise comme on pisse, accroupie sur moi. Je trouve cela d’une extrême vulgarité. Appris ailleurs. Elle ressemble à Higelin.
X
J’obtiens en prime d’achat, Dieu sait de quoi, la peluche d un lémurien stylisé, aux deux grands yeux globuleux et fondants, plaintifs, qui donnent envie de consoler, de dorloter la pauvre bête. Je la garderais pour moi . Je la serrerais contre moi en la couvrant de baisers comme un gosse qui s’attendrit sur lui-même par peluche interposée. Je vais l’offrir à Djanem, en témoignage de profond amour. Mais son magasin ferme, elle en a la clef. Je cale la peluche dans un angle de l’entrée, pour qu’elle la trouve en rouvrant la porte. Et je me poste en vis-à-vis, de l’autre côté du boulevard Camille-Pelletan, très passant dans les deux sens. Hélas, une Maghrébine et sa fillette passent juste devant, poussant une ...poussette. De mon côté, je ne dois pas intervenir. Les deux individus féminins repèrent le beau cadeau, s’extasient, et l’embarquent. Il aurait suffit que j’agite les bras en braillant, elles se seraient abstenues. Elles repartent avec leur butin, qui n’appartenait à personne, en se congratulant. Deux minutes trente après, Djanem revient, flanquée d’une grosse potiche qui se demande comme elle fait pour draguer efficacement.
Djanem patiemment explique la vie à sa collègue collante, ni l’une ni l’autre n’ont évidemment pu se rendre compte de rien. J’ai donc agi de cette façon pour souffrir de mon sacrifice, d’autant plus noblement que la Bien-Aimée n’en aura jamais rien soupçonné. Quand on est con, on est con.
IL MANQUE F 20
D. 21 : Mon père et le rouleau encreur de la machine à écrire. Il me regardait de ses yeux glauques. Ma justification de voyeurisme devant Fleur-de-Pipe Leduc : « En te branlant devant eux, tu purifies les hommes ».
Transfert de péché. Bique émissaire.
Lazare a des opinions de goche ; "des logements pour les Roms !" - oui, mais pas sur mon palier.
D. 20 :
Je ne pourrais donc jouir qu'après Lazare ? Djanem, si jamais tu retournes à cet homme… (Petit-Keller se découvre à l’armée très bon sous-chef : il transmet à la troupe les désirs du chef. Il éclaire et soutient. Joie de la chaîne quand meurt le maître-chien. P.K. redécouvre la rue coudée menant sans être vu jusqu’à Djanem. Suivre, dans la fange. la trace du maître
Djanem trottait près de Lazare j’ai conservé tes coordonnées. Je ne savais pas que les femmes, elles aussi…
Petit-Keller a conservé Anaa la Maorie. Aussi érotique elle aussi qu’un réveil dans un frigidaire. Vieille Maîtresse façon Barbey.
D 21 ???
Dans mes couloirs le silence et la mort me poursuivent dit.elle. Tous les adolescents sont poursuivis par la mort dans leurs couloirs.
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D’ABORD LE DOUBLON DE CE QUI SUIT SUR DEUX §§
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« Je ne sais pas ce qui me prend de vous raconter tout ça », et pour la première et dernière fois nous sommes allés ensemble au cinéma, au sortir duquel nous nous sommes tutoyés. C'était une comédie policière, et pyrénéenne, où frétillaient Dussollier en Bélisaire et l’Exaspérante Azéma.
Il avait un jour aussi jeté un chaton vivant sur l’autoroute. Cela n’existe pas, Djanem, cela n’exisdte pas. Dix ans à se débarrasser de ce premier homme, les couples névrotiques étant les plus soudés. De Nils, elle disait «Je ne peux pas lui faire revivre cela” “Il est gentil” « Je ne sais pas ce qui me prend de vous raconter tout ça » Il avait déploré ; “J’aurai été cocu toute ma vie” “Je ne peux donc jamais plus te faire confiance ?” “Je vais le déboîter” qu’est-ce qu’il t’aimait, ce con… “Figurez-vous que je vis, aussi, ici” “Et vous aviez déjà… ah l’enculé” « ‘Qu’est-ce qu’on serait bien ici, pour un pique-nique”. Désignant l’endroit où Djanem et moi flirtions à portières ouvertes ; de façon à former les deux écales d’une moule à l’abri desquelles je lui tâtais la sienne.
L’endroit rêvé pour se payer une dînette en plein air. « J’étais gênée ! j’étais gênée ! » J’imagine. Dix ans de plus pour se débarrasser de ce deuxième.
. Serais-je aussi nocif.
Llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll
D. 14
Les promesses implicites, à ne pas tenir. Djanem ne rit qu’avec moi. Arielle devine où je vais. Je conserve toutes les femmes pour le plaisir d’être enfin normal.
14
Mais nous n’avons pas suivi le film. Les ongles de Djanem raclaient ma paumz ; les miens montaient jusqu’à ce creux du bras que les médecins nomment saignée.
Je devenais, depuis, bien inexact en mes horaires si réglés, revendiquant des libertés nouvelles. Ainsi notre histoire d’amour ne peut-elle rencontrer de succession chronologique. Elle ne peut se ranimer que d'un coup, par surimpressions. Nos souvenirs au naturel d’enfance, si nous avons omis de les classer à mesure, se présentenr de la sorte,
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbD 15
Déclarations d’amour de Nils désespéré. Manque de dignité. J’aurai vu ce Nils trois fois en tout. Fruste et couillon. Mais bon défouineur de messages : « Viens », lui dit-il, « les lire avec moi ». Proposition de rustre, cruauté reptilienne.
DJANEM refuse l’abaissement qui lui est proposé.
Toute plongée dans le prolétariat recèle de semblables miasmes. Nils refusait notre invitation : « Ce n’est pas notre milieu ».
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D18
Panique de la solitude chez Djanem. La mort me suit dans les couloirs. Impression fréquente lorsqu’on n’a plus derrière soi que les pas ramollis de celui que l’on a cessé d’aimer. « Mais que faites-vous donc à la fin devant de tableau de bord ? »...eh bien nous discutons ». Il ne le croit pas. Nul autre n’avait encore distillé à ton oreille semblables litanies d’amour. Les deux tiers du reste portant essentiellement sur nos estimait-elle indispensablesséparations et autre clarifications de bons élèves. Ainsi s’était confié l’idiot Mnychkine.
Pour détourner le sort nous avions élaboré l’affabulation de mon homosexualité
Nils n’ajusta pas la moindre pièce à cet échafaudage. Il n’aurait pas mordu davantage à l’hameçon d’on ne sait quel troll ou pirate informatiques. « Culture et Vieillesse - fais ton choix » - tel était sans mofification le second terme de l’ultimatum.
D19
« Je ne peux plus suppliait-elle faire ça à Nils ». Rogojine soulève d’un coup Mnouchkine par les rabats de son manteau ne te rends-tu pas compte lui jette-t-il au visage que t’entretenir de la sorte avec elle est bien plus grave encore que si tu couchais avec elle ? J’avais devant moi vingt-cinq disciples, tant hommes que femmes répartis
sur
Lui parler c’est baiser. « J’ai l’impression de te connaître depuis toujours ». Me dit enfin, elle aussi, qu’elle ne peut rompre son couple. Vivre tous ces instants d’avant, où nous n’étions pas ensemble.
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D.22 Le harnachement grotesque de Béatrice Dalle : sur une moto à l’arrêt, la cuisse échancrée jusqu’à l’aine :« Crois-tu vraiment qu’elle désire ? » Elle désire se branler devant la glace, oui, sans doute, on n ‘a jamais vu une femme se gêner pour ça, mais te désirer toi, désirer quelque homme que ce soit, tu rêves ! Elle est grotesque, ta Béatrice, pitoyable, pathétique ! Surtout quand on pense à l’intérêt qu’elle porte aux hommes ! » - (zéro pour cent) - je la renverrais se rhabiller chez elle à grands coups de pied au cul. Il rage sur ma « vision de la femme » - laquelle ? Celle de la petite fleur timide et bien élevée ?
Péremptoire : “Tu ne connais rien aux femmes, rien aux hommes, rien à la vie” – erreur : je les connais différemment de toi. Chiant, non ?
D 20 :
Je ne peux plus donc jouir, en quoi que ce soit, qu'après Lazarus ? ...portes ouvertes, amours, éditions, que sais-je ? Je chercherai - dût-il m’en coûter la vie. Djanem, si tu retournes à cet homme... ad vomitum suum « comme le chien à son vomi » - c’est donc ainsi que les femmes désirent. Il me précède en tout lieu, et je le suis. Il débourre la bête, que je monte en second. Klein-Keller découvre à l’armée qu’il est un excellent sous-chef. Il explique à la troupe les intentions du chef, et soutient le moral.
Gaston-Dragon passait derrière les ouvriers, pour donner de la voix, exhorter, pousser la cadence : le contremaître, « l’adjudant » ; « le garde-chiourme ». Joie de la chaîne quand creva le Maître-Chien) Il faut des répétiteurs. Dans le pire des cas. Des entraîneurs. Klein-Keller suit la trace. . Cela s’est passé voici trois ans.
Trois ans sont peu de chose.
Hier est peu de chose.
P.K. à son tour découvre la rue coudée menant sans être vu jusqu’à Djanem.
Je suis certain qu’il se l’est sautée.
La chose est répugnante
Klein-Keller suit la trace du maître comme on marche dans la merde. .Suivre, dans la fange. la trace de son maître ou prédécesseur.
Djanem trottait dans la rue près de lui pourquoi, sinon pour renouer ? Dans la rue, Djanem trottait près de Lazarus j’ai conservé tes coordonnées sais-tu ?
Il choisira de ne pas s’en souvenir.
-Hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
(Klein-Keller avait aussi jadis une maîtresse. Il ne prenait plus garde à elle (il a fait d’elle un un grand Tchèque à moustaches), elle s’appelle Te-Anaa, Maorie. Elle vit désormais avec Rudi, mon successeur, agile et prévenant. Keller pour sa part avait conservé Anaa la Maorie. Le kiwi pour la soif. (mihouli, « poire des singes »).
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D. 21 : Mon père et le rouleau encreur de la machine à écrire. J’y avais écrit en tapant très fort je veux voir une jeune fille se masturber. Les lettres luisaient sur l’enduit. Il me regardait de ses yeux glauques. Ne pouvant faire mieux. Avait-il obtenu cette faveur ? ...en 1930, trouvait-on des femmes qui s’exhibaient en le faisant ? Il existe sur ce sujet toute une mythologie, les uns prétendant que oui, les autres que non, tous pétrifiés dans la rigidité de leurs convictions respectives.
Ma justification de voyeurisme devant Fleur-de-Pipe : « En te branlant devant leurs yeux tu purifies les hommes ». Ou bien tu les convaincs d’une vulgarité au moins semblable à la leur. C’est une autre façon de voir les choses. Transfert du péché.
Trois moi pour un amour. Pas plus. « Je cherche juste un petit plan cul. » Alas, poor Lazarus. Les femmes s’attachent. Quand deux hommes viennent de s’enculer, ils se disent ciao. La femme dit mi amor, et c’est l’enchaînement sans fin des merdes en collier. La femme d’autre part a toujours cet argument qui leur est propre : la Branlette. L’homme évitera cela le plus possible. La femme est capable de se le trimballer toute la vie, à l’exclusion de toute autre pratique. Les deux sexes, comme on le voit, ne jouent donc pas à armes égales.
D.22 Le harnachement grotesque de Béatrice Dalle : pied à terre à moto, lippe farouche, œil féroce. « Crois-tu vraiment qu’elle désire ? »
Elle désire se le faire devant la glace. À grands coups d’index et de majeur. Certainement pas avec ou pour un homme. Madame a tant de charmes qu’elle s’en frotte jusqu’à inflammation des phalanges.
Je te la renverrais se reloquer chez elle à grands coups de pied dans le cul. Il rage sur ma « vision de la femme ».
“Tu ne connais rien aux femmes, rien aux hommes, rien à la vie”. Tu ne connais rien de la même façon que moi, qui suis la Vérité et la Vie.
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D. 22
Trois mois pour un amour. Pas plus.
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PLANIFICATION
D.22 Le harnachement grotesque de Béatrice Dalle : « Crois-tu vraiment qu’elle désire ? »
Je la renverrais chez elles à grands coups de pied au cul. Il rage à mi voix sur ma « vision de la femme ». Péremptoire : “Tu ne connais rien aux femmes, rien aux hommes, rien à la vie”.
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F. XXXIX
Torture jusqu’à totake destruction.
Le psychiatre te trouve toujours un traitement.
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D. 23
Le cours du fleuve nous a séparés Lazare et moi comme les branches d'un delta.
De la même façon, un colonel fut invité chez Marie-Pascale, femme du monde épaisse comme la Suisse. Mais, en l’occurrence, subtile. Ce militaire déclara : « Ce n’est pas du tout comme ça, Mesdames, que ça se passe. Un coup de Mars, et ça repart ! ». Comme elle te l’a remis en place, le colonel, Marie-Pascale ! « Vous avez ici des femmes, qui ont une autre expérience de la vie que vous. Elles ont souffert l’abandon, l’avortement, la dépression. Vous comprendrez qu’elles puissent avoir une autre perspective que la vôtre ».
Le Colonel galamment s’inclina, ou pour mieux dire obtempéra, et ne fut plus invité.
Consultons Belle du Seigneur, que les irrévérencieux nomment Celle du baigneur : « La morale de l’histoire, dit Albert Cohen, c’est qu’il faut agir. Seul compte l’acte » - mon Dieu, nous sommes tous agis. Lorsque nous croyons faire, qui suivons-nous ?
La connerie de mon choix conjugal. Dit Lazare. « On a toujours le choix » nous a toujours semblé particulièrement inepte. « Impertinent » dit le philosophe. Non pertinet.
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D. 24 : J'ai tenté une fausse piste avec Elena la Mexicaine. Debout je m’appuie sur son siège et le tourne face à face. Alors, à ce qu’il paraît, les femmes prennent des airs de forteresses offensées, tu dois vaincre ta peur et foncer dans les fringues, les parures et les airs dédaigneux - il paraît bien que je l’aie impressionnée. Je parodie l’émission de disques dédicacés, Radio Tanger – Sawt u – Maghreb. La mano de mi hermana entre los calzones de un zouave, agitada con movimientos verticales tan freneticos … Elle gueule, en bon français : Ça va pas non ? vole en éclat la prétention d’avoir fui le Chiapas du Sous-Commandant Marcos ; c’est une bonne Bordelaise des Chartrons…
Je me suis laissé surprendre en compagnie de mon épouse légitime. Curieux comme les femmes laissent spontanément tomber si peu qu’elles entraperçoivent la silhouette d’une autre femme. Les hommes, ça insiste, ça bat de la queue contre la porte. Siete tutti cani.
KJKJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ
« Je ne ris qu'avec toi » dit Djanem. Il est vrai que ma personne joue à la perfection le bouffon. Souvent je fais rire. Souvent c’est de moi. Djanem ne s’est jamais moquée de moi. Je lui fais confiance.
Hölderlin ne voyait son amour qu’à la dérobée, se promenant avec son mari. Ils se dissimulaient de petits mots adroitement glissés dans les brindilles d’une haie. Hölderlin précepteur à Bordeaux épiait son petit beau-frère pendant la nuit. Il n’en dormait plus. Il en devint fou. L’enfant aussi.
La fosse à radio vide, sous le tableau de bord, est hérissée de filins, comme un cœur arraché. Son coup de téléphone "pour épuiser un forfait" – elle est bien bonne… La peluche de lémurien à gros yeux, abandonnée sous un porche. Des Nord-Africaines la ramassent sur les marches. Je n’ai pas pu crier de l’autre rive.
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D. 25 : J'apporte à la caisse des friandises orientales.
Le temps est un long désert. Il suffirait que je connaisse toutes tes activités ,et leurs localisations.. Pour t’épier. Pour nous fondre (aucune réflexion sur la société contemporaine). TOUT CE QUI FUT UNE FOIS DEMEURE. C’est la théorie de la demi-droite ; qui commence et ne finit pas. Ainsi la vie de l’homme. Il contemple assis le mur de sa cellule - et soudain cinq années se sont écoulées.
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Si Katy, Arielle, et sans se connaître, me mentent et me trompent comme j’ai fait d’elles, où m’appuyer désormais, au-dessus, ou près de moi ? (adieu la saveur de ton cul, espèce de conne) Négligeant celles qui m'aiment au profit d’illusions. Ainsi confiance accordée n'est-elle signe de rien. La femme n'est pas meilleure. Ce peut être un homme. J'ai voulu que ma vie s'arrête. Un torrent désormais nous sépare.
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Le désir d’une femme de 40 ans équivaut à celui d’un homme de 60. Et ceci à tout âge de la femme. C’est commode. Et j’ai peur.
La culpabilité de Djanem. Je me suis toujours pris pour un écrivain. Ce costume déborde de partout. "Ils peuvent toujours venir me chercher, avec leur Goncourt !" crie-t-il au pied de sa tour.
Son porte-clé de métal ajouré figure la main de Fatma. Son beau-frère dit-elle épousa une Oranaise. Son collègue est libyen. Elle aime que son neveu ait rompu parce que son premier mec lui interdisait de parler à un Arabe ; Djanem acquiert en mûrissant les traits des vieilles marocaines au marché de Tanger. Djanem possède un fils blond de son Normand blême et rougeaud, qu’elle ;supporte depuis vingt ans. Le définit tantôt « ivrogne » tantôt “gentil”. Gentilis, « de noble famille». » L'ivrognerie est fausse.
Cet homme l'a « réconciliée avec elle-même ». Je suis allé le trouver. Il s'exprime sans accent et dira de moi “quelle pipelette” (pouvais-je donc afficher mon silence rongé de franchise?) Plus tard, Djanem prétend s'être fait vertement réprimander. Elle m'a caché que Nils m'aurait volontiers revu, pour savoir qui se cachait. Sur mes insistances elle précise qu'elle veut me garder pour elle sans lui. Quand j'étais encore innocent, il m'avait trouvé sympathique. Tous deux nous nous serions alliés ; face à elle : deux alcools et c’était dans la poche. Pour deux femmes, c’est le cul.
X
42 ans plus tôt j'interrogeais Première Épouse : pourquoi n'avait-elle pas voulu me céder tout de suite ? ah mais tu comprends... Devant cet argument on ne peut plus solide j’avais calé comme un mulet au bord de la falaise arrête tu vas me donner envie. - P- Où est le problème ? Elle s'est rengorgée ah mais quand même argument sans réplique et moi bras ballants, les femmes désirent quand elles veulent. C’est dans La ville et les chiens de Vargas.
...Non Lazarus, je ne fait pas « exprès ». Psychologue à deux pesos, éthique en pantoufles. Il se fait incendier sur son « Blog Civique » par Prince Nils (« pas le même » glapit-il « pas le même ! » Une anonyme (c’est Djanem! ) abonde dans son sens ; Prince Nils contredit vigoureusement, pour pimenter la législative.
D. 25 :
J’apporte à la caisse des pâtisseries orientales.
Nils pressent tout dans sa rusticité : "elle est amoureuse". Ce que l'autre souhaite importe peu à l'amant. Je ne peux plus désirer que cette femme. Se refuse un an. Règle sa calculette à sexe.
Rue Hugla. Dans un renfoncement de porte nous sommes prises pour deux femmes. Enfin tu peux faire l'amour de femme à femme. Je voudrais bien rentrer chez moi - pardon mesdames comment peut-on habiter ici. Derrière cette porte même où nous étions ancrées.
D. 26
« Les femmes disciplinent leurs pulsions » Mais qu’elles parlent de leurs « pulsions » est une ineptie. L’homme , et lui seul, sait de quoi il parle. De 35 à 40 ans, elles désirent à peu près comme un homme à 60. Nous aurions dû apprendre à "maîtriser nos pulsions" à travers les siècles « comme nous l’avons toutes fait » - ...!!! Lorsque les femmes auront perpétré autant de viols que les hommes, nous pourrons parler ?
Peu importe à l’amant ce que l'autre a souhaité.
D. 26
Lazare, à Cerisole : "Tu as mangé ton pain blanc ». On fait plus distingué.
Plus tard : « Il n’y a rien de plus répugnant que l'acte sexuel ».
Tiens donc.
Mon épouse se nomme Arielle. L'infirmière et elle se ressemblent : fébriles, ou léthargiques.
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F XXVI
Mon arrivée à Montpellier, le trimballage de la valise à roulettes. Dérisoire précaution des autorités : maitenir des années l’« alerte attentat », quand plus rien ne la justifie. Les gares privées de leur consigne. Le signe partout répandu de ce roulis grelottant des roulettes sur le pavé. Cette naïveté du bon consommateur qui longuement parcourt et lit son Canard Enchaîné pour exhiber que mon Dieu non, en aucun cas, il ne saurait quémander le mondre service au barman. Certainement chez Fier-Cloporte ces coups d’œil parfaitement repérables pour contrôler sa ruse, et l’« chec ^p combien prévisible de sa tentative : « Pourriez-vous me garder cette valise ? » Non, assurément non, et si vous demandez pourquoi, et que le barman vous répond qu’ « autrement, nous serions débordés », même si, comme vous le suggérez humoristiquement, cela serait toujours de l’argent à gagner, téflexion annexe et stérile, vous ne devrez plus envisager autre chose que de traîner comme les autres votre bagage roulant et trépidant sur le revêtement des trottoirs et des avenues de Montpellier.
Méfie-toi de Montpellier. Ils sont aussi cons qu’à Clermont.
Fédora me raccompagne à l'hôtel et baise avec moi. J’aimerais tant ; je culbuterais également sa fille, en la ramenant à leur domicile. « Maman, quand est-ce que je pourrai coucher avec un mec ? » Je réponds : « À 18 ans ». Fédora est « hu-mi-liée » par notre saleté chez nous - « j’aime bien que tout soit propre chez moi ; autrement dit, j’ai des préoccupations de bonniche ».
ExactementFedora, exactement.
Et moi aussi, je suis humilié, par la haine qu'elle déverse sur sa petite-fille. Peut-être suis-je resté trop indifférent à la formation de ma propre fille à moi.
.. Je retrouve chez Fedora exactement la même atmosphère - que chez ma mère.
Massacre
FKlein-Keller avait une maîtresse, d’âme et de cœur : à lui l’âme, et le cœur à Te-Anaa. Elle veillait sur lui. Sans prendre suffisamment garde à elle, il a fait d’elle en son roman un homme, un grand Tchèque, indécelable maîtresse, une Vellini (mâle) de Barbey - morceaux choisis des coucheurs de Te-Anaa, Maorie) (“tu n’as été ni le premier, ni le dernier”) : Robert, son amant actuel, se montre fragile et prévenant.
D. 42
::D’autre part : Lazarus n'est pas Nils, mais se sert de lui ; je ne l'ai jamais surpris en si flagrant mensonge. À quel point mon ami pouvait me calomnier sitôt la porte refermée, je le savais. Je ne peux donc aimer une Femme sans qu’elle soit déjà passée par ses pattes ? (... elle y est retournée depuis - “de même que le chien à ses vomissures » ?).
Je l'aime sans m’y résoudre. N’est-ce pas plutôt d’étiqueter sur chacune de mes angoisses Djanem pour me feindre amoureux ? ...d’aucuns, qui s’agenouillent, s’imaginent croyants.
Lazarus, voilà un homme. Il nous a tous piétiné pour monter. Djanem s’est confiée à ce baltringue. Tout ce qu’il a pu pour s’élever. Une heure d’entretien. Tu t’es couchée si vite. Djanem, si tu retournes à cet homme, “comme un chien à sa vomissure”, je te pourrirai la vie comme tu m’auras pourri l’âme. Dans la rue à mon côté, tu laissais entendre à l’Arménien que tu conservais de lui « adresse et “coordonnées”. - Il te le fera payer » disait-il – le b a ba de la conduite humaine, Djanem, du plus pur produit du comportement humain de base. Qui donc ne fait pas payer ce qu’il a souffert, qui ? Ô analphabète, négation d’anthropologue ! « faire à autrui payer ses incapacités » - oui – plaise à Dieu ! Et plutôt deux fois qu’une ! Où donc, l’ignominie ? Retenez bien ceci petits enfants : quiconque observe les préceptes se fait toujours baiser. La morale est pour les forts, jour et nuit, les adaptés, les rusés. Pendant ce temps les gens de bien se la frottent devant le miroir déformant. Lazarus voit des gens marcher, puis s’aperçoit, découvre, tout ébaubi ! ...qu’ils mettent un pied devant l’autre. Fedora n’a pas la moindre notion du massacre qu’elle perpètre, comme tous les maniaques, tous les sauveurs. Interrogée à ce sujet par Pitt-Kehler, ex-Petit-Keller, au bas de son immeuble, elle déclare que si tel était le cas, elle se suiciderait. En effet, son sauvetage consiste à gueuler le plus possible sur Lydie, quoi qu’elle fasse, afin qu’elle ait une autorité masculine, puisque son père l’a abandonnée. Pour Fedora donc, un homme est celui qui gueule. Pitt comprend alors qu’il est vain d’attendre la moindre modification de comportement : « C’est pour le bien de l’enfant ». Conseil est donné de s’adresser non pas à la grand-mère, mais à la mère : « Ton enfant est en danger ».
Pitt n’est jamais descendu à ce point dans l’intrusion domestique. Preuve que la lâcheté prospère sous tous les prétextes.
Gvggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggg
XXVI
Recherche : « droit de visite »
J'espère en une résilience de Lydie, je suppose un droit de visite d'Olegario.
Olegario a obtenu le droit de visite.
Développement :
Reste à tout reporter sur l’avenir ? Ce qui s’appelle « résilience », notion une fois de plus empruntée à Monsieur Résilience, Boris Cyrulnik.
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XXVII
a) L'acteur noir dans la chapelle.
Figurons-nous de nuit une nef allongée, trop profonde pour s’appeler chapelle. De part et d’autre se tiennent debout les spectateurs, dans l’obscurité la plus totale. S’élève peu à peu une tonalité indistincte, comme une ambiance. Un léger et progressif amoindrissement des ténèbres laisse d’un coup éclater une voix sonore et convaincue, celle d’un acteur noir d’1m90, déclamant un hymner d’amour et d’inquiétude, solennel et retentissant. L’acteur s’adresse à nous debout dans l’ombre de part et d’autre, il nous exhorte : « Mon frère ! »
C’est à la limite de l’excessif. Un grand con à côté de moi murmure très fort à sa dulcinée : « Ce n’est pas mon frère ». Racisme de nase et manifeste, qui nécessiterait un scandale si quiconque d’entre nous, moi en l’occurrene, le mettait en relief dans une intervention ; sans aller jusqu’à l’éclat, un « raciste » bien appuyé dans l’oreille du blasphémateur ? Celui-ci piqué au vif par la proximité de sa gonzesse répliquerait, d’où un mouvement de public des plus irrespectueux, car les individus de cet acabit adorent les sorties virulentes.
Et c’est ainsi que j’aurai justifié ma passivité. À bon escient. Mais que venait-il faire, ce blanc ténébreux, dans une manifestation culturelle par définition ouverte ? Moi non plus je n’aimais pas ce grand noir, ilne me ressemblait pas du tout ni à personne de ma connaissance, et il me sermonnait, il nous sermonnait tous, par sa véhémence. Je ne sais plus ce qu’il a dit ensuite, seul ou en duo avec une femme, en musique ou non, en pleine lumière à la fin ou non. En règle générale, un spectacle ne me touche que s’il s’adresse, que s’il s’intéresse directement à moi. En cela ma personne correspond aux autres, en cela elle s’en distingue.
b)
Lydia recule sur l'escalier ensoleillé.
Sortant de la cuisine, je vois sur l’escalier extérieur Lydia qui joue assise de côté sur une marchen en plein soleil. Elle porte une petite robe d’été. Un des rares moments où Fedora par hasard relâche sa possession. J’ai envie de dire que je ne crois pas à tout le mal dont on l’accuse ; et je le lui dis, en avan_ant la main vers sa jambe. Ekke se rétracte, ce qui est un excellent réflexe quand on a six ans et demi. Mais il me froisse qu’on puisse suspecter mon simple contact. Je réitère mon approche, elle monte plus haut.
Je ne m’intéresse au monde et aux êtres extérieurs que dans la mesue où ils pourraient me flatter ou me remettre en cause. Je cherche partout mon miroir.
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XXVII :
Hargne jusqu’à totale destruction
Les animaux domestiques soigneusement abandonnés.
Lydie n’a aucune possibilité de transposer ses sentiments sur des objets d’amour stable. Déjà deux chats, dont Hermine, de fausse race, qui nous fut confiée jusqu’au tsunami de l’an Quatre, avaient fait les frais de sa mesquinerie. L’animal se roulait sur la moquette en ronronnant de bonheur dans notre direction. Véra s’empressa d’interpréter cette koie animale en comportement prostitutif, traitant Hermine de pute. Un autre chat, nommé Avril, avait été remercié de la sorte. Puis deux chiens, l’un accusé d’être trop gros et niais, l’autre d’être petit roquet ridicule. Voyez la cruauté du caprice. L’essentiel était que nulle bête de compagnie ne pût servir d’échappatoire à Lydie.
Le tout en parfaite absence de lucidité, comme de coutume chez les maniaques. Hermine nous a remplis de joie pendant dix ans, nous étions Arielle et moi très amoureux d’elle.
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F XXVI
XXVII « Arielle n'est pas une vraie amie, elle interrompt toujours les coups de téléphone » - Sais-tu pourquoi ? C’est que ton débit est imbitable. T’écouter revient à recevoir une rafale de kalash en plein tympan. T’accueillir ici ne fût-ce qu’une semaine serait au-dessus de nos forces. Une après-midi suffirait à nous rendre tous dingues. Tu ne parles pas, tu hurles, tu débites. Nous serions comme des bêtes, hébétés, abruties sous les décibels.
Voici un exemple :
J'éclate hors de propos
Fedora ne comprend pas qu’une lumière mette un certain temps à se déplacer. Elle s’impatiente. Soudain j’explose d’un grand coup de poing sur la table. Mais c’est une réaction retardée : peu de temps auparavant, pour quelques gestes de trop sur le canapé, Lydie a reçu dix baffes et s’est enfuie en criant « C’est disproportionné ». C’est le mot qu’on emploie pour qualifier en général les ripostes d’Israël. Sur le moment, je n’ai rien dit. À propos de l’astrophysique, j’éclate, au moment précis où Léna-Pomme apporte ses petits pilafs soigneusement présentés, sanglotant de les voir ainsi parfaitement niés.
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F. XXVIII
A)
Petits appartements, les Puelles, Montpellier. « Je n'aime que les génies. » « Ce que les hommes font pour moi ». Achat du « secret de grand-mère ».
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F XXVIII
B)
Plage de Palavas. Le cri de l'espèce. Maillot de Fedora mordu par-dessous. « C'est de ce vestibule que nous sortons tous ». Photo de moi rougeaud contre Lény écœurée. Fuyez quiconque prétendra vous connaître mieux que vous-même. Cyvthie toujours privée de toute attache, même animale.
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F. XXVIII
C)
XXVIII suite
Plage dePalavas. Le dessous du maillot. Ma photo ventrue enserrant Valeria. Conversations en cris de reconnaissance d’espèce. Les culottes masturbatoires de catalogues. Nous allons à la plage, jamais en montagne. Rejetez tous ceux qui vous connaissent mieux que vous.
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F. XXIX
Repas sur les tonneaux, Lydie trempée, puis dans sa voiture, ne faisant même pas attention à nous. Les kayaks, les canards nourris au bord de l'Hérault, la coupe du monde et sa Marseillaise.
La grand-mère, la petite merdeuse, le perroquet
La guinguette, le match écouté sur la route. La Princesse marocaine sur son assise, j'ai vécu tant d'évènements insignifiants. L'atroce monument aux morts de Lodève.
Suite du monument. Les six mères de famille sur leur banc.
La guinguette et le match transistor à l’oreille. Princesse marocaine en grands atours. Les femmes retiennent leurs désirs. JHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
D 30
Djanem n'est pas mûre. Nous ne le serons jamais. Chez Djanem, le sceau du refus de l'étude, la Marque du prolétaire, demeure à jamais indélébile, indécrottable. Je parle aussi de moi en pleine connaissance de cause ; Arielle et moi déclassés, disqualifiés : caste autoproclamée supérieure, mais caste tout de même. Elle et moi connaissons le dessous des cartes. Nos effusions pourraient s'interrompre, comme une obscénité. L'ironie pourrait mal voiler le mépris, entre nous peut-être, ou de soi à soi ce qui est pire.Entre nous ce millefeuilles indéfiniment remâché : chaque jour, chaque mot, en engendre d'autres, ainsi de suite à l'infini. Arielle devient d'une maigreur et d'une flétrissure effrayantes. Si l'opération n'a pas provoqué chez elle un implacable dépérissement. XXX 63 10 10 XXX
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D 31
Ces résonances, ces échos, étouffent en nous parfois toute communication. D'autre part, comment puis-je écrire une histoire sans en envisager la fin. Incapable de décider quoi que ce soit ; ce que je refuse en particulier, c'est d'endosser la totalité de la responsabilité : après tout, Djanem non plus ne veut pas abandonner Son Malade. Son Couple et sa Demeure, ses seules réussites. Si nous nous quittons, ce qui revient sans cesse en nos conversations, nous sombrerions tous deux dans la morosité agressive envers le monde entier) – je crois en effet que même archifausse, une situation perdure à tout jamais. Je sais, depuis, qu'il n'en est rien.
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F. XXXII :
La grotte des Demoiselles, Arielle enfermée, achat de la petite chauve-souris. Le banc face aux poubelles où j'apprends l'indonésien.
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D 32
Défi irrelevable. Je ne sais pas ce que je veux demander. Si je dois démontrer quoi que ce soit. J'ignorerai toujours qui a bien pu supplier l'autre de rester : de Nils ou d'elle. Toujours à moi de comprendre en quoi je suis coupable. Je ressens de bien puissantes et bien jeunes émotions. Une grande lassitude. Un désir aussi de tirer son coup et de partir. Nils le Légitime, gode bien-aimé. Revoir Caféine. Passer outre ce parcours du combattant, franchir ce tir de barrage qu'elles déclenchent toutes, n'en déplaise à Lazarus et aux femmes elles-mêmes. Le remède est de prendre la femme dans ses bras. En 1927 nous nous aimions bien fort.
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F. XXXIII
(Si seulement Fédora déménageait à Apt... Promenade au Bois des Cèdres. Mon énorme gueulante. Les pauvres pilafs de Lény. J'ai oublié mes Sertralines : ça marche
Un homme est-il obligatoirement un abruti qui gueule ? On morigène sa fille en lui rappelant que c’est bien la fille de son père : charmant… Peu probable que Lydia se précipite au-devant de la caméra pour jouer les martyres.
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F. XXXIV
Grande conversation. Je voudrais voir Olegario. DVD Into the Wild. Fédora me demande de raccrocher, d'envoyer plutôt des courriels. Borine se fait frapper par son fils. Berlusconi reçoit la cathédrale de Milan sur la gueule. Rappel d'aspects d'Apt.
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F. XXXV
Cynthia revient de chez son père, horrifiée par les scènes d'ivrognerie et de baise. Je veux tout recommencer avec Djanem, et je tromperais l'homme. Déploration sur Borine et son fils Nicolas.
Le repas sur les tonneaux, Fedora beugle. Lydia se détachera de tous. Les kayakistes sur l’Hérault. Les canards montant vers nos bancs de ciment. Le ténor qui beugle par la fenêtre ouverte. Match patriotique, on se beugle La Marseillaise les yeux dans les yeux. Je marche, perplexe, toujours trop tard sous le soleil.
Jhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
D 35
Nous arrivions chacun chez nous à des heures indues, sous les prétextes les plus divers.
(pourquoi es-tu passé par là au retour ? disait-elle ; qu’est-ce que tu foutais nom de Dieu ? râlait-il).
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F XXXVI
Connerie de Marie-Christine avec son gamin : « Il perd son temps ! » Le gosse engueulé : « Il te crachera à la gueule ! » Fédora très docte sur mon oubli de médicament. Mon visage de 20 ans dévoré de tics. Fédora surnommée Péderre.
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D 36 :
J'appelle « Djanem » toutes mes angoisses. J’étiquette « Djanem » chacune d’elles afin de me feindre amoureux. « Agenouillez-vous, et vous croirez ». Certains qui s’agenouillent s’imaginent croyants.
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F. XXXVII
Pour Cyndie, tous les vieux seront dégueulasses. Lény infirmière à Bordeaux, pas un instant pour voir Sonia. Olegario mentionné dans mon blog, réactions très vives. Notre location fantôme dans le Lubéron. La détestation des Américains. L'amoureux parisien de Cyndie. Sa voix gourmée de jeune fille au téléphone.
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D 37 :
Premiers cours ; le volet contre la vigne, la naissance de l'amour. Corneille = « histoires de mecs ». Arielle dans le sourire sur son lit. J'accepte de Djanem les doux reproches.
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F. XXXVIII
L’escaladeur descendant en rappel. L’ours défonceur de pucelles. Frau Schulmann en retard enfermé dans la grotte, dernière messe en 44. Chauve-souris en plastique et médaille commémorative. Les bancs publics derrière les poubelles, où j’apprends le hongrois et l’indonésien. Le faux sommeil photographié à Donibane. Plus de basque là-bas que d’occitan ici.
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F. 38
La manière forte engendre plus de sensibilité. Les bons plans si nous avions pu nous rendre à Reillanne. Visite chez McLab-Tokama, écrivain demi-fou. Contrevisite touristique à St-Guilhem. « Ma femme » est devenue énorme.
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D. 38 : la psychiatre passe dans mon dos, puis dénonce mon « horreur du sexe ». Si j'étais ainsi abordé par des femmes, à mon tour je multiplierais les objections. « Mettre une femme dans son lit en 20mn. » - injection – injonction redoutables. Le vagin qui palpite sur la bite.
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F. XXXIX
La scène du frappage de table, où je ne suis pas intervenu. Le psychiatre te trouve toujours un traitement.
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D. 39
La sagesse vient toujours trop tard. "Ceux qui ne veulent pas comprendre". J'ai revu ma psychiatre sur un passage clouté. Leçon particulière en présence du mari de Djanem. Je voulais une infirmière. Ils se parlent l'un de l'autre, donc ils s'aiment. Et moi je crois qu'il ne partira pas.
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De Djanem à moi 17 ans de lacune.
Je prends Nils pour un inculte, c’est mon préjugé de classe. Elle m’en fait doucement le reproche ; il a une culture non pas livresque mais télévisuelle : «Il regarde toujours ARTE ! » Certains écoutent France-Culture ; ils entendent « les français », «les romains », à propos du schisme d’Avignon ; ils en concluent qu’il y avait des Romains, des vrais, des casqués, des cuirassés, à l’antique – dans le Comtat Venaissin au XVe siècle… C’est ça, les autodidactes…
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Plus tard Nils fait pleurer Djanem. Lui arrache les serments. Elle a juré. Promis. Parjuré. Chose physiologiquement invraisemblable, Djanem aime l’acte sexuel. . Inconcevable. Je ne comprends plus rien. Défendre Nils ? renoncer à sa vie… commune ? la voici qui vacille.
Car, lui, il repartirait. Se boissonnerait, roulerait dans tous les fossés. Il préférera crier, harceler - mais il ne partira jamais, rugira, mais s’immiscera en très fine poussière. Ce couple est de ceux qui n’ont jamais cessé de dialoguer. De faire le point, de se redéfinir. Couple impossible à dessouder. Indessoudable. Selon toutes les spécialistes, s’accomplissant dans et malgré la différence, etc.
Ne jamais sous-estimer, ne jamais affadir une idylle prolétaire. La caissière et le vitrier sont des gens comme les autres, ressentent, souffrent autant que moi. N’est-ce pas viscéralement insoutenable ?
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Pour se rendre à Bozel, Mari-Nils emprunte un roman japonais. Le mois suivant, Nils il perdait huit kilos.
Djanem, je te voulais pour infirmière, et non pour partager ta vie.
Te contempler, te serrer très fort dans mes bras, à condition que tu repartes. Good by Mary, Good bye Jane -car nous n’avons rien à nous dire. Je n’ai jamais rien à dire à personne.
Qu’est-ce que l’amour ? pas l’action. Pour certains, pas d’acte. L’acte sexuel est on ne peut plus inapproprié pour pénétrer l’être aimé.
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D. 40 :
L’amour. D. 40
L’amour. Arielle et moi ne le faisons plus. Terrain miné. Nous moi parlons peu. Ne pas creuser trop loin.
Nils épie sa femme comme un Bartolo.
Je m'indigne, tout enfant, de trouver de l'amour dans les chansons, ne reconnais pas l'amour dans un récit de forêt canadienne. .
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Lazarus, voilà un homme. Je piétine por monter. Djanem s’est confiée à lui. Une heure d’entretien. Tu t’es couchée si vite. Si même tu n’es pas revenue à tes coucheries comme un chien à ses vomissures. « Il te le fera payer » disait Lazarus de moi-même, Petit-Keller. - « faire payer » : ce qui est l’abc de la conduite humaine, Djanem ; qui donc ne fait pas payer ce qu’il a souffert ? Ô Lazarus analphabète ! « faire à autrui payer ses incapacités » - et plutôt deux fois qu’une ! Retenez bien ceci petits enfants : quiconque suit observe les préceptes se fait toujours baiser. Pendant ce temps les forts, les gens de bien, se la frottent devant le miroir.
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Lazarus a vu des gens marcher, puis s’est aperçu, tout ébaubi ! ...qu’ils mettent un pied devant l’autre. Et de mépriser ces pauvres cons qui marchent, alors que lui, bien entendu, ne marche pas (et, entre parenthèses, du haut de Sa Modestie, n’a jamais fait payer quoi que ce soit à qui que ce soit). Et à ceux qui s’agitent dans l’ignorance, le même Lazarus, imbu de vérité, laisse tomber de sa lippe : « Mais – doctoral - est-ce qu’ils ne se la racontent pas, là ? Est-ce qu’il ne se la jouent pas ? Ô sommet de philosophie ! Tu ne sais donc pas que tout un chacun se la joue ? toi compris ? Et que ferions-nous donc tous, coupés de la vérité, si nous n’étions pas tous contraints de « nous la péter » ? Ô sublime magicien ! qui vois les autres marcher, mais qui les blâmes hautement, goguenard : « Est-ce qu’ils ne seraient pas tout simplement, ces imbéciles, en train de mettre un pied devant l’autre ? » - ô Grand Maître, ô Sanctissime Cervelle… !
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D. 41
L’homme ne tolère pas d’entendre son sexe sali et brocardé sous prétexte d’avoir ci et là explosé hors de propos. D’avoir tiré un coup de trop.Trois secondes d’un homme avant détumescence. Nous sommes si souvent cela. Le bandeur est un con. Le débandeur pas mieux. . . Et si l’acte est si peu de chose, à quoi sert-il alors de se faire engueuler comme un porc ? À quoi bon s’exposer au blâme, à la condamnation, à l’opprobre systématiques ? Sexe ou non, l’homme, dans tous les cas de figure ou de cul, part perdant, arrive perdant. Parce que c’est un homme, vous comprenez, et que la victime, c’est la femme. Forcément la femme.
Il n'y a que Djanem qui souffre. Emotion sexuelle vaut acte sexuel. Les très imparfaites poires à jus du bas de nos ventres. Un jour les scientifiques trouveront un meilleur moyen de jouir à coup sûr. Plus tu m'insultes et plus tu m'aimes : trop fort
Tu me présentes ces hachoirs comme des manifestations d’aimer : plus te me déchires et plus je dois comprendre que tu m’aimes ? « Ressassements de ta souffrance » - Contorsions indéchiffrables. ?
Mes ironies (dis-tu) ne te concernent pas ; les souffrances que je t’inflige ne sont que la preuve extrême que je t’aime » -
« Se prendre un râteau » se dit d’une séduction ratée. Admettons que tout homme, par nature, soit soit volage -(donna mobile ? à d’autres) - soit coureur - soit. - mais qu’a donc de commun mon ombre de bouffe râteaux en herbe grasse - avec ton Casanova d’arrière- cuisine ?
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D42
Les entrevues que tu m’accordes me démolissent. Tu les appréhendes. Si je dis que je souffre tu ris, ce que je comprends. Il ne faut jamais dire je souffre. Si je suis épuisé de servir de plastron à tes banalités de prolos ; je ne suis pas une bite à pattes, même si je t’ai percée au ventre. Après quoi je serais donc le dernier des plouc, le crasseux du harem toi, toi pourri d’égoïsme. L’amour n’est pas ce pilonage en zone molle, c’est un don mutuel et non pas celle qui offre et monsieur Butor qui touille comme un ours. Même la simple émotion d’amour vaut acte. Le plus honteux est de sentir en soi décroître la haine et la bête.
Un jour assurément les savantes découvriront-elles enfin une extase mesurable bien plus complète que la simple palpitation d’un sale sexe, sans contact et bien plus imparable. En attendant ce jour de glaire, tirons liqueur et parti de ces organes rudimentaires au bas de nos troncs.
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F 43
LES §§ SUIVANTS A DÉVELOPPER PUIS À FONDRE, deux par deux.
Princesse marocaine se prostitue pour payer son voyage (nous ne devons le savoir qu'à la fin).
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F 44
Mais aussi : Fedora, « humiliée » par notre désordre crasseux – à développer.
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D 45
L’écrivain catalan
En haut d'un escadrin de mezzanine dépassent visiblement des draps sales et des empilements de bouquins. Des toiles inachevées couvrent un demi-mur et l'une d'elles, volontairement laissée en suspens, s'inspire de la Leçon d'anatomie. « Mes toiles, je les brûle ». Ainsi l’aquarelliste de La vie, mode d'emploi... D'origine turco-écossaise, McLab–Kirmit s'exprime avec difficulté, pour s’être un soir biseauté la langue « dans un accès d'épilepsie ». Sur le guéridon mal éclairé d'une chandelle, il nous désigne des manuscrits de lui sur chiffon de Mayenne, chargés de lignes sans signification immédiate.
Le fond sonore est celui du Requiem de Campra.
Il prononçait [bloï] Bloy, trahissant ainsi ses failles d'autodidacte, tant il est vrai que toute conversation lettrée n’est souvent qu’un échange sans fin de références. Ses élégies raciniennes, si tant est que Racine en ait composé, n’ont trouvé nulle grâce auprès des éditeurs, mais il s'est fait livrer une plaquette aussi largement rétribuée que mal mise en page, sans marge supérieure. Nous échangeons les déplorations d'usage, et mon autorité de correcteur, au plus près des pratiques éditoriales réelles, m'amène une fois de plus à déplorer à notre grand regret, vous ne faites pas partie de nos réseaux de fournisseurs.
Aussi le petit pot de yaourt délicatement composé que vous amenez, seul, à pied, devant le grand portail du consortium laitier, restera-t-il sans ambiguïté devant les deux batttants insondablement clos ; sans oublier que si les produits en question restent quatre semaines en gondoles, nos élucubrations littéraires n’en dépassent pas douze… Nous nous quittons par conséquent très satisfaits, car j'ai promis au Turco - Écossais d'amener un jour, dans son bouge, l'ami Lazarus
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D 46
Lazarus, manipulateur expérimenté de caméra et d’interrogations subtiles, fera sa gloire sur internet. Opération qui ne manque pas de se tenir, quelques jours plus tard, 26 rue Cissenet, au fond à droite « Attention à la tête ». Djanem a voulu en être : c'est elle qui l'a découvert, c'est à elle de le présenter : un Patient de son Office. Mais pour l'interview, nous ne devrons, ni elle ni moi , ni encombrer le champ, ni parler. McLab s’est révélé courtois, grand prince. Mais frôlant sa table bancale comme par mégarde, je repère, sur papier à en-tête, le nom d'Orak Pacha ; c'est non moins authentiquement, par sa mère, un MacKenzie, château d’Écosse.
La poussière est faite, la table poussée contre l’escalier de mezzanine. La caméra tourne, l'auteur esquive les questions, surtout sur son âge (« deux enfants de 40 et 35 ans ») « J'aime les femmes », dit-il, « sans les toucher ; le respect, vous comprenez ». Nous ne comprenons pas. Il se lit à haute voix, rauque, éraillée. « Si mon sujet ne parle pas, plaisantait Lazarus, je ne fais que le filmer ; même silencieux, il finira bien par faire quelque chose. » En effet, gestes, mimiques et propos anodins parlent bien plus, pour Lazarus, que toutes réponses étudiées.
Pour finir, prenant congé, McLab sort de sa manche un de ces appareils plats qui vous filment à votre insu : l'arroseur arrosé – le poètel jubile, nous nous quittons dans les meilleurs termes et repassons par la chicane d’entrée tout encombrée de plâtriers, qui le murent dans son antre... Lazarus, Djanem et moi nous séparons très vite. Mais je retiens que Djanem a voulu faire croire au caméraman que je n'avais pas son adresse électronique : inversant à son profit la judicieuse injonction de son maître à penser du jour : « ...garde-toi bien de communiquer ton indicatif ! cet homme te harcèlerait ! « Je ne viendrais jamais chez cet homme toute seule ».
Et Lazarus d’en rajouter : « On sent qu'il peut partir en live d'un instant à l'autre »- partir en live » : c'est ainsi, par des expressions qu'ils pensent « à la page », que se trahissent, en dépit qu'ils en aient et de tous leurs efforts, les simples autodidactes... Mais que voulais-tu dire, Djanem, dix semaines plus tard, en me narguant d'être jaloux ? Oui, je joue le fier, l'indifférent, le grand seigneur, l'intellectuel de grande volée. Mais mon langage aussi, m’a-t-elle dit, décèle mon terreau mal filtré : je me suis abaissé à écrire : « SI TU COUCHES avec Lazarus , JE TE TUES » [sic] Depuis, plus rien. Djanem a ouvert d'autres comptes de correspondance. Elle a disparu, comme elle l’avait promis.
« Si tu recouches »...
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D 47 / 48
Naguère Djanem, au temps de sa faiblesse, refusait de descendre de ma voiture et me serrait de toutes ses forces, sans craindre de se mettre en retard Même scène quand je voulais quitter la sienne. Cela ne peut se feindre. Et j'aurai vécu cela. Véritablement. Je n'aurais pensé que cela pût réellement exister. A présent je peux comprendre les films. Des pans entiers de la littérature, de la filmographies, me deviennent accessibles. Rétrospectivement. Pour avoir eu l'amour d'une femme, sincère, enflammé, le temps d’une petite année. Cette fois-ci seulement, à l'âge d'un patriarche, j'ai su décrypter l'amour d'une femme. J’ai obtenu cela de ma vie.
D 48
Lazarus fonctionne à l’amitié. La tyrannie du regard de l'Autre, c'est lui. L’autre vous façonne, l’autre vous dévoile votre vérité. Cet autre dont les sartriens vous rebattent les oreilles, car tout est bon dans l’autre. La privauté de l’amitié, c’est de vous engueuler : le mode d’expression spécifique de l’amitié, c’est l’humiliation. Ce qui n'embarrasse nullement la conviction que chaque individu doit "se trouver », « se rendre compte par lui-même». . À qui fait observer cette contradiction, Lazarus immanquablement rétorque : « Tu fais exprès de ne pas comprendre".
Plusieurs femmes. Le cœur au bord des lèvres et de la queue.
Je pensais pouvoir, même impuissant, satisfaire mes partenaire autrement que par la loi du piston. Je pensais pourvoir aux plaisirs de toutes, même impuissant. Bien loin d’imaginer que le congé viendrait de l’âme elle-même. Subsisteraient seules ces fougueux serrages de corps, sans érection. Draps immaculés, baisers sans fin ni sens.
Arielle ignore à quel point je vis sous d’autres yeux. Malgré l’espacement de mes rencontres.
L’une me pense acquis, l’autre se défie.
48
Qu’ils procèdent comme suit : NILS, poteau solide, sous elle sur le dos. Les femmes, parfaitement Lazare ! sont redevenues aussi connes que naguère, dénigrant l’Acte mais l’exigeant Parfait. Tant et si bien que les hommes se rabattent sur les bordels - bravo la «sororité » : que d’autres soient putes, qu’importe, pourvu que je sois pure, ou, bien servie.De plus, l’abstinence des femmes, toujours soigneusement calculée, ce rejet du jet de sexe par le raisonnement rationnel, leur permet de jouer l’innocence : « Tu comprends, c'est plus facile pour moi si on ne va pas jusqu'au bout. » Que voilà une enviable équation. Quelle vertu. Tout s’incline.« Tu comprends : formule piège, sésame ouvrant à deux battants le portail manipulateur de l'enculage Tu comprends. Je ne comprends pas. Non entiendo. ne jamais permettre qu'on vous le serve. Si vous l’entendez c’est trop tard. Ne pas baiser sans le vouloir. Certains hommes s’obstinent à le vouloir. Atavisme ? Veulerie ? Le corps de femme impose son alternative. Mais sa bite veut toujours. De belles et jeunes femmes. Cette claire alternative est interdite aux hommes, parce qu'ils le veulent de toute façon. Il leur faut, impérativement, qu’ils pensent : « Cause toujours, je t'aurai ». L'homme ne refuse de baiser que par orgueil. Noter que le déclin de la misogynie va de pair avec la baisse de testostérone. L’idéal serait que l’hormone se stabilise au niveau du Je veux des femmes. Leur but a toujours été de baisser le taux de testostérone chez l'homme, afin qu'il ne bande plus –du moins, exceptionnellement.
49
L’ombre de Te-Anaa, supplémentaire, plane au dessus de nous - situation vécue par Ludwig van 1805 à 8, mais qui voudrait être Beethoven ? « Tu te voyais Don Juan ; mais, Tzvetan, tu n'as pas l'envergure » Fedora. - « Connais une seule femme : tu les connaîtras toutes ; connais toutes les femmes : tu n’en connaîtras aucune » Casanova – tu te débats comme un insecte sous la loupe.
Selon Lazarus, j’avais en Djanem une occasion inespérée de « grandir », « me trouver », « prendre conscience » - flagorneries pour puceaux de village - mieux encore : il me fait l’honneur de se déclarer « fournisseur de déclic » : je lui ai succédé dans la couche d’Anaa, de Djanem à présent – après tampon d’estampillage. Ne va-t-il pas bientôt me retourner du bout de sa pince, comme merguez sur le gril ?
D. 50
Même au fond d’elle j’ai peur. Pour la première fois de ma vie une femme sur moi me dit les yeux dans les yeux “même en moi tu as peur de moi », « des femmes » dit-elle et croyant se reprendre.
C’est de toi que j’ai peur.
Je joue notre vie
Ce que je donne, et si je le donne – je l’ignore.
Nous n’avons plus couché ensemble.
Ce que je donne, et si je le donne – je l’ignore.
Ce que nous donnons.
La Pucelle indique à Lancelot la sépulture ouverte qui l’engloutira si la dalle retombe.
Djanem est la seule dont je puis fixer les yeux face à face et fronts joints (fixer ainsi Te-Anaa front à front serait mensonge ; ses rampes montent trop droit, trop haut - trop de vent – mes vérités choisies, ajournée - repoussées) - depuis Djanem et moi n’avons plus fait l’amour. Moi non plus.
bnbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
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...Lazarus : « Il faut s'en donner les moyens...» - se retrousser les manches, "mettre ses mains dans le cambouis" - « moi je m'en suis donné les moyens, pas vous » - que sais-tu de nous ? "J'ai feuilleté les revues obscures et trouvé en bas de pages les horaires de films d'horreur, je m'en étais donné les moyens" ô boursouflures, ô queues molles... Vieux et livré à l’énergie du désespoir..
...Poèmes foulés aux pieds par Lazarus conseiller d’amour tu ne les écris plus - depuis qu'elle m'a connu, "la souffrance d'écrire" dit-elle "n'a plus lieu d'être"
Les mêmes inflexions depuis tes seize ans dis-tu - tel peintre se fit serment à 23 de toujours peindre désormais comme ses voix le lui avaient prescrit ? Nec plus ultra ibis Délivrez-moi de sauver le monde Tu n’iras pas plus loin. N'ai-je pas moi-même juré à genoux sur le rebord coupant du tombeau d'Antoine de Patagonie de toujours conserver la "précieuse immaturité" ?
La souffrance l’inspirait. Trop de souffrance a tari la source.
D 51.
DJANEM me nettoie, patiente, funèbre. Même à supposer que j’aie trouvé ma double appartenance il restera d’elle en moi l’essentiel, qui me ramènera plus tard. Ou jamais ? Trois femmes émettant des craintes.
D 48 BIS
D. 48
Qu’ils procèdent comme suit : NILS, poteau solide, sous elle et sur le dos. Des femmes, - n’en déplaise aux Lazarus – aussi stupides que naguère, dénigrant l’Acte mais l’exigeant Parfait. Tant et si bien que ces messsieurs, rebutés, se rabattent sur les bordels. Applaudissons la solidarité féminine : que d’autres soient putes, pourvu que je reste pure, ou « bien servie ». L’abstinence de tant d e femmes, soigneusement calculée, ce rejet qu’elles ont du jet, leur permet de surjouer l’innocence : « Tu comprends, c’est plus facile pour moi si on ne va pas jusqu’au bout ». Que voilà une enviable adéquation. Que de vertu. On s’incline
Ô formule. Ô sésame verrouilleur de braguette fumante.
Cffgvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv
D 51
TE-ANAA recomposant nos vies passées, drames et rédemption clés en mains - fais-moi la mort heureuse- accroupie pompant au-dessus de mon ventre et les yeux gauchement clos dans un clapotis de succions comme il convient entre tout homme ou femme qui se respectent et se reconstruisent, soit, successivement, asphyxie, lassitude, abandon. Me nettoie, patiemment, funèbre. Même à supposer que j’aie décrypté ma double appartenance restera d’elle en moi l’essentiel ou jamais. C’est une immense crainte et plainte.
D. 53
Je ne lâche plus Djanem. Son rire et sa voix m'ont poursuivi sans que j’en aie jamais voulu cacher - Je riais de bien-être dit-elle.
Et que m'importait d'être « son ami » ? - quel intérêt aux relations sans chair ni sexe d’homme ni de femme - ça va ? pas mal et toi ?
Il faut pourtant que je retrouve figure humaine. Je veux dire : face à face – front tout contre front quand ne reste plus que ventre au-dessous des sourcils en l’étroit couloir gris de nos étreintes pressenties.
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Te-Anaa, Maorie d’Auckland, décelait en moi cet homme infiniment meilleur, ce potentiel que j'entravais de lourdes chaînes. En ce temps-là, elle-même et Lazarus formaient le plus uni des couples. « Pure apparence » m’affirma-t-elle - mais sur le moment, vachement bien imitée. L’un commençait-il une phrase que l’autre la complétait. Mais pour peu que je m’enquisse à demander la voie de cette perfection, dont visiblement ils tenaient l’accès, les deux prophètes, la bave aux lèvres, décochaient à l’unisson un péremptoire ce n’est tout de même pas à nous de faire ton boulot !
Vous connaissez cela.
Première conclusion : la plus juste fable de La Fontaine est encore Le meunier, son fils et l'âne. Deuxième conclusion : les Espagnols appellent les autres los demás, « ceux qui sont de trop » - en vérité, langue admirable que ce castillan.
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Il lui révèle mes prétendues perversions – comment seraient-ils descendus si profond dans mon âme si Djanem depuis longtemps ne s’était elle-même confiée en détail à cet homme ? « Je ne connais pas cet homme ! » - par saint Mathieu, tu en auras menti. « Mais il te fera, dit-il, payer le fait que tu es une femme ! » - Lazarus, Lazarus, n’en est-il pas ainsi depuis que le monde est monde ?
…N’est-ce pas la nature même, de faire injustement porter à l ‘autre tout le poids de ce qu’on a subi soi-même ? Que de formules graves, péremptoires et condamnatrices, n’ont-elles pas été déversées (gare l’eau!) dans nos oreilles du haut des plus incompétentes sagesses à deux balles ?
- Mais à quoi riment, dites-vous, tant d’expressions hargneuses et plates ?
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D 53
D 53
Et que m’importe, Djanem, d’être ton ami ? (“camarade”, “copain de régiment” ?) - Dénégation de l’homme et de la femme – déni des sexes. Cette exaspérante et sotte manie qu’elles ont de gommer le sexe - (rires « Non ». - Ah bon).
...Quel intérêt à des relations sans drames ni marécages ? Nous nous recroiserions un jour Salut ça va ? Pas mal et toi ? C’est pourquoi je m’écarte de tous et toutes. Plus tard j’apprends que l’amitié s’accommode très bien de l’amour physique - s’il avait su, s’il avait su !
GROS BISOUS ignoble roture.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Pour la première et terrible fois de ma vie, une femme sur moi me dit les yeux dans les yeux même en moi - tu as peur des femmes. » J'ai peur que mes échafaudages vacillent. Que tu puisses lire en moi. « Le moi ? une attitude d'adolescent » - masque plus vrai que l’homme. Qui mieux que le Moi sait ce qu’il perds si le masque vient à manquer même au fond de moi tu as peur des femmes (se reprenant) « de moi » - ( de démolir d’un coup cet échafaudage « ...de ne pas être à la hauteur », à la bonne hauteur. Sur ce tréteau où je me suis hissé. Sans même savoir ce que je donne ou reçois – où je joue. Ainsi la Pucelle montre à Lancelot sa juste sépulture ouverte. Peur des femmes, peur de moi. ucelle montre à Lancelot sa sépulture ouverte. Ainsi apprend-il son nom, gravé sur la dalle.
Nous n’avons plus refait l’amour.
Quatre-vingt quinze fois sur cent / La femme s’emmerde en baisant.
Peur de Djanem et de toutes.
Nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
Mais alors, il va falloir que j’agisse, moi ? - plutôt la peur. Paresse et Peur. Peur de blesser. Quitte à sauter sa vie. Mais nager à toute force. À l’envers incommensurable du monde. Sans confident. Le confident des tragédies est essentiel ; sans nom ni contours. Cependant quelle femme s’est autant approchée de moi (à fronts touchants (si je fixais ainsi quelque autre femme que ce soit nous éclaterions de rire).
Bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
D 54
Je marche à son pas. Mais je souffre au sortir de là de ne pouvoir confier ce qui n’a pas de nom ; le confident des tragédies est essentiel, sans nom ni contours précis. Djanem seul décèle ma juste complexion ; Cependant quelle femme s’est autant approchée de moi (à fronts touchants (si je fixais ainsi quelque autre femme que ce soit nous éclaterions de rire).
D. 55
Je vis en coulisses. S’arranger surtout pour qu'il soit toujours trop tard. De quoi se punit-on ? « Jusqu'à ce niveau ; plus haut je ne saurais » -
Je n'oublierai jamais l'illumination de ce trimestre où nous avons vécu. Nous ne supportions plus ce trou de la radio de bord arrachée dont les fils orphelins sinuaient comme des vers dans une caisse creuse.
Nous restions silencieux, tendus et rêvant de nuits libres tout entières. Puis tu me chargeais de reproches. Nos vies se sont poursuivies et j’imagine à présent tout cela. Telle est la seule vérité.
njjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj D 56 :
L’apparence est tout. "Peut-on paraître ce qu'on est ?" Pour moi qui m’en barricade, oui. Mais ce jeu de bouffon m’épuise – j'ai brûlé ses dernières défroques. J’entrepose tous mes vieux objets dans la maison basse (« je l’aurais parié » dit Djanem). Le vieil homme mourra dépouillé, pari fou. Qu'au moins survienne cette ultime dignité. Juste un peu avant de mourir.
Le pitre saisira le roi.
Ne plus tout expliquer.
Malgré les gestes fous du singe.
Les larmes bruyantes sont-elles insincères...
Mon histrion passé ne peut pas plus mourir qu’un travestissement – je porte désormais sur moi les oripeaux indélébiles du bonheur.
Peut-être nous faut-il des statues pour les aimer.
Toute femme reste humaine, humeurs et sécrétions. Mes théories vont donc au diable.
Que trouve-t-elle en moi. Elle crie je t’aime et tout rate. J’aurai du moins vécu cela. Tout défile à marée descendante. Certains dès leurs premiers soupirs en sont déjà au point d’évolution où je m’étais hissé. Djanem est forte. J’avais pensé m’appuyer sur elle.
bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
D. 57
. J’aime au-delà, ou en deçà .
Les femmes sont des entités, pures conventions littérature et de longs métrages, inaptes aux rôles assignés par les cinéastes et les poètes, impuissantes à la souffrance, mais, jusqu'au bout des ongles, organiquement, viscéralement, victimes, dont le seul souci était le bonheur bon marché,
- L'enfant lâché du ventre dans les pattes rétractées du mâle. La femme sanglotante, je n'y crois pas - une crise, une grêle : incapable d’entamer tant soit peu sa propre capacité de récupération. Mais quand on a ce sexe entre ses jambes, on porte à même le corps le sceau, la certitude, quoi qu’il arrive, de toujours retomber sur ses pieds. La femme règne par son sexe jusqu’à un certain âge, paralysant à point nommé par le victimat sacré le porc masculin dont le plaisir – l’aura souillée.
Le départ de Djanem éclaire désormais les films revus, les romans relus, de la lumière suivante : la femme ressent, souffre, désire, sans nécessairement s’engloutir dans je ne sais quel dessein de revanche. vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv
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D. 58
Quel effroi de dévoiler son abîme. D’avoir à ce point différé le vrai, alors qu’on est vieux, qu’on est impuissant. Au profit stérile d’épaisses plâtrées de ruminescences (tout restait construit, conquis, franchi ; cendres, abstinences, J'apprenais de nouveaux chemins du corps. Nous avions sous le pare-brise jusqu’à des rires de bonheur. Djanem croyait aux vrais projets, poussait sous mes yeux la vignette d’un pavillon surélevé, au grand escalier oblique en façade, où nous aurions vécu vers Médarée à frais communs, où disait-elle je ne viendrais jamais.
Je persistai à croire pour ma part qu'elle vivrait mieux seule. Pourquoi m’obstiner à ces femmes réelles où se confirme mon aversion du concret. Il m'est venu pr écouteur portable de merveilleuses nouvelles, courriers de l'amante à l'épouse, qui en sourit, afin que rien n'implose. Tu serais capable dit-elle de différer l'espoir jusqu'au bout de ta vie.
Ainsi soit-il.
Nous lisons chez L'Idiot de telles missives admiratives entre femmes, témoignant des plus grandes détestations. Il n'est jusqu'à mon rival qui ne doive concourir à ma négation du vrai, à mon déni. Qu'il cesse donc de perdre son poids et sa dignité (vingt livres en six semaines) ; c’est à lui, Nils, de forger dans l'urgence : roulé à terre et criant sa fidélité, « indigne de vivre » après vingt années préservées. J'ai supplié Djanem d’apaiser ses plaies.
Lkkjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
F. LIX
La scène du frappage de table, où je ne suis pas intervenu.
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D. 59
J’ai retenu le nom de sa mère : FRANCE P. X
(Nils : Nous viderions nos verres et nos querelles. Nous nous casserions la gueule et nous finirions par le "tu". Nous nous réconcilierions sur son dos, comme les femmes entre elles sur le dos des hommes. Le plus souvent, elles couchent ensemble.)
Je ne suis que le maître des mots. Tu me déjoueras toujours en actes, mais ce sont les mots qui l'emportent. Je t'ai contactée par téléphone. "Je suis pincé. Quand j'aime c'est pour toujours." Et tu ne l'as pas cru, Djanem, par matérialisme. Mais tu me réponds toujours. Jamais tu n'aurais fait le tour de moi, ni moi le tien. J'aurai toujours mieux à t’imposer, car les mots sont inépuisables, quand tu n'as pour toi que le vrai. Tu reviendras jouer le rodéo ; mais le lasso t’encerclera.
C’est notre pas de deux. Elle apprends déjà le vice et le plaisir dissimulé des marécages. X
Les pratiquants de l’Analyse n'ont rien de commun avec les réfractaires, pas plus que tête et queue, homme et reptile. « Je sais très bien ce que j’ai ». Comme si cela se pouvait. Les cimes restent dans leur brume, Djanem n’y accède pas, je m’en suis écarté, renonçant aux lueurs souterraines, la caverne à flanc d’abîme et autres. Mais parcourant, explorant mes propriétés. Djanem s'est cantonnée dans ses brumes du piémont, où je n’ai pas accès. Fortifiant ses premiers remparts.
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D. 61
...Faut-il compter avec l’inconscience ? ...l’inculture ? le détachement (la sottise?) de Djanem qui se risque à déclarer « Lazarus, lui, au moins ! a « laissé tomber » sa femme » - omettant qu'il était revenu vers Cerise, puis reparti vers Gette, puis revenu, oscillant, viré tout vacillanter d’un vertige à l’autre. Jamais dit-il n’ayant auparavant subi si forte balançoire - qu'il est doux de traquer chez l’ami ce roulis permanent où se berce et se propulse sa vie - notre parangon de rectitude et maître à penser n'avait-il pas naguère un jour déclaré à Cerise, exquise bourde ! qu'il me rejoignait « en ville » alors que je me trouvais à Gap, 500km ?
D 62
D. 62
Lazarus agresse Frau Kirsch, réservant à d’autres que lui l'Évangile sartrien : elle s'est fabriqué de toutes pièces une sclérose en plaques : – toute maladie est une punition, toute mort un suicide - quand on ne sait que faire de sa vie, on se fabrique une sclérose. Borgès, Grodeck. Afin de se faire plaindre ; j’appris par la suite, d'insistances en déductions, que ton adultère, Lazarus, grenouillait depuis dix ans.
Voici Djanem devant moi. Nous parlons politique, une table de quatre tibias entre nous deux, au petit restaurant : construisant par omission une amitié de toutes pièces. Ne plus jamais souffrir, n'avoir jamais souffert. Désir réciproque. Toute femme impose son parcours du combattant. Sous tir de barrage. Rien ne changé depuis le bac à sable ; les filles faciles n'existent que dans les journaux . Exemple : ce serait plus facile pour moi, dit-elle, si on ne le faisait pas.
Observons que la loi distingue soigneusement, d’emblée, l'assassinat du meurtre, et réserve encore la «mise à mort sans intention de la donner ». L’épouse qui claqua son mari sur le mur du garage par confusion de l'accélérateur avec le frein fut acquittée ; « l'acte manqué » doit se manipuler avec parcimonie - jamais un enfant ni moi n'accepterons d'être condamnés « sans intention de nuire ». Ou bien le juge est hors la loi. Je répugnais à Lazarus, disait-il, pour avoir rejeté les torts sur lui. Je lui répugnait moi-même.
A
Cyzique a bien connu pourtant ce couple avant le nôtre : « Nous les avons reçus plusieurs fois à dîner » me dit-elle.
Depuis l’enfance j'aime tous ceux qui me trahissent. J'aime la trahison. Mon ami révèle au lycée tout entier à tous mes secrets fantasmes : je le conserve ; c'est lui, ou rien ; tel autre me laisse couvrir d’insultes et de menace au fond d’un fossé par un automobiliste fou de rage : conservé. Je ne connais l'amitié qu'à travers la trahison. C’était mon ami qui l’avait injurié, pas moi. Tel autre me dépouille au jeu - mais sans lui, j’étais seul.
« On est responsable de ceux qu’on rencontre »
TA GUEULE. TA GUEULE. TA GUEULE.
L’ unique femme qui m'ait aimé, sans trahison aucune, c’est Te-Anaa, la Maorie.
J’ai peur. Nous sommes des millions.
nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
D. 65
Je l'invite à l'un de nos cours. Il écoute, attentif, amusé. Djanem hésite. “Ce n'est pas vers lui qu'il faut vous tourner, mais vers moi”.
Plus tard, quand il reviendra tout en larmes, elle reconnaîtra qu'il était, lui aussi, cultivé : "Je le vois toujours vautré devant la chaîne Arte ».
Nils découvre notre liaison. Nous n'avons pris aucune précaution. Ne te dessèche pas à vérifier dans toute la suite de ce fichier, à mon avis en vain.
« Ne te dessèche pas pendant le week-end.” Ainsi que tout un historique de courriels qu'elle n'a pas songé à effacer. Une maladresse partout, une d'elle, une de moi. Elle avoue qu'elle me connaît bien, que nous ne faisons que discuter devant le tableau de bord, côte à côte sous un pare-brise. Comme il n'en croit rien, elle prétend que je suis homo, ce qu’il ne croit pas davantage – la bite me répugne.
Nous échafaudons un troll imaginaire qui, sous mon nom, répandrait ses insanités. Mais Nils, féru d’informatique, déjouerait ce piètre subterfuge.
Il dit à Djanem : « « Culture et vieillesse : tu fais ton choix ».Nils déroule son numéro, se jette à ses pieds. Ou l'inverse ? « Sans toi je n'aurai plus de but. J'irai crever au fond d’un fossé. » Huit kilos perdus dans le mois.
Djanem entre deux quémandeurs.
D. 66
Djanem craint plus que tout de se retrouver seule. Nils la serre de près sitôt qu'elle approche l'ordinateur, C'est moins de moi qu'il est jaloux, que d'elle : « possessif ». Il ne me casse pas la gueule. Ce couple s'entend, car il s'entretient de lui-même («Vous devez faire parfois le point sur l'état de vos relations. » Forte partie.
« Je n'ai plus l'intention de lui faire à nouveau traverser l’enfer » dit-elle
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D. 67
Premières étreintes. Longtemps si proches, si mal dissimulées - bancs publics, bancs publics. « Tu te rends compte du caractère sacré des paroles que nous avons échangées, là ? » Un torrent de mots d'amour, tout ce que je n'ai pu dire, à celles dont je réclamais la tendresse comme un chien roulé sur le dos ventre à l'air, à toutes celles dont je tombais au premier coup d'oeil, d'office, amoureux (risible et sans défense). Les mots dévalent de ma bouche presque indépendamment de ma volonté comment veux-tu qu'après avoir dit tout cela nous puissions le profaner - il se peut, Djanem, il se peut.
Revenue à toi tu m'abreuves de lucidités, tu m’objectes mon inaction, ce que les femmes appellent lâcheté – quand tu m'interdis toute initiative, jusqu'au sexe. sur mon inaction ; mon métier ; jusqu'à mon sexe masculin. Ce sont des souffrances, des doutes injustifiés me dis-tu, à moi de déchiffrer - escalade du double jeu ? « Plus je t'engueule et plus je t'aime ? » Insoutenable.
Jamais l’homme n’avorte.
Les lois naturelles sont intransposables.
hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Rattaché à D 67
t’a parlé de
« Te-Anaa ?
- Il t'a parlé de Te-Anaa ? » - oui, ce qui fut une grossière erreur – de qui n'ai-je pas parlé ? S’il me venait un jour l’idée de mettre fin à mes jours, ce serait pour me recroqueviller au fond d’une impasse, ou plonger dans le fleuve depuis un poste de pêche bien dissimulé, ou encore me glisser dans l’eau, sous l’herbe, à proximité de son domicile. On me découvrirait alors, et je rouvrirais un œil. Variante : je partirais à pied pour Jérusalem, vers ce même fossé t’a parlé de - il faut savoir ce que l'on veut
Dans la vie, on ne fait pas ce qu’on veut !
Répétait ma mère.
K,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,
ne saurais ajouter foi
D. 68
Je ne saurais ajouter foi au prétendu "désir" de celles qui peuvent ainsi s'abstenir extérieurement de toute vile et grossière pratique - qu'est-ce donc qu'un désir qui se retient, semaine après semaine, mois après mois et jusqu’au bout de l’an ? réponse : désir de femme... « Tu as déjà quelqu'un » - ô ineptie des inepties ! Ne sommes-nous donc pas tous et toujours, de la naissance à la mort, en couple ?
Toute femme qui s'est tant soit peu branlée comme une malade - s’en tient quitte à ce compte.
Me trouver d'urgence deux grands-mères juives.
me charrier tant qu’elle veut
D. 69
Djanem peut me charrier tant qu'elle veut. Elle est seule à pouvoir le faire. Sur l’herbe à l'abri des quatre portières ouvertes elle prenait les traits d’une Rifaine si souvent vue dans les souks à Tanger. Ses parents se nomment France et Louis, prénoms d’ assoiffés d’assimilation ’il en fût. La photo du père montre un homme très jeune, luisant, frisé, joufflu, cravaté, sympathique. Sa mère est d'une gracilité de
porcelaine.
D. 70
s’enfuit à Maurice
Un jour, avant notre existence, Djanem s'enfuit à Maurice avec son enfant – sans me révéler pourquoi. Un grand-père sorcier. Dont elle aurait du sang noir, dont elle se défend. Elle s’est confiée à sa mère, tolérante sur les confidents et plus si affinités. J’entrerais dans ta chambre et me coucherais près de toi pour dormir. Djanem, ayant vu et estimé Première Epouse, pensa qu'elle “ne saurait pas lui faire ça”, une occasion de plus de s’abstenir. La femme légitime ne saurait qu’épuiser. Vingt-deux éjaculations par mois protègent d'un cancer de la prostate, vaut-il mieux tirer 22 coups dans le mois, ou passer 10 ans à crever de chimio ?
Exposition
Arielle, première épouse, expose : la troupe du Pont-Levis lui ouvre son bar. Qui viendrait contempler cela, dans un foyer de banlieue ? ...sans éclairage ? « Croit savoir peindre et ne sait pas » - c’est bien de toi, Matathias ? Qui me drague ?
D. 71
Crises de Djanem, tentatives d'abandon à tous nos entretiens. Récriminations infondées, jérémiades d'autant plus cruelles quand on sait que les femmes, pour moi, n'ont pas de désirs ; plus précisément, n'en ont pas pour moi. Plus encore, ne l'extériorisent pas. ni pour moi ni pour d’autres. Plus précisément, ne l'expriment pas. Voyez Caféine : elle me repousserait aussi, du haut de son statut d'Employée à la Sécu, et je n'ai pas envie de reprendre le parcours du combattant depuis le début. Les femmes “que je connais” se figurent toutes, sans exception, affables, d'accès facile, abordables, fraîches et disposes. Revêches en fait, oui, et rébarbatives. L'une d'elles n'a-t-elle pas osé écrire : « Il faudrait libérer les hommes de leur addiction au sexe » - par exemple, en leur coupant les couilles.
Jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj
D. 72
Bonsoir Katy
J’ai besoin de te parler. Longuement.
Il ne s’agit pas de revivre le passé. Ni de « récupérer » quoi que ce soit.
Je viens de voir Indochine à la télévision, pour la troisième fois depuis sa sortie en 1994.
Les deux premières, je trouvais les acteurs détestables, l’intrigue incompréhensible, le film invraisemblable.
Il me semblait absolument inconcevable qu’une femme puisse aimer un homme à ce point, et je rejetais tout avec le plus total aveuglement.
Ce soir j’ai tout compris, intrigue parfaitement claire et réaliste.
Romanesque mais juste.
J’ai compris qu’une femme pouvait tout risquer pour un homme, et aimer sans conditions, absolument.
C’est grâce à toi, et sur ton dos, que j’en ai eu la seule véritable et irréfutable conviction, pour le reste de ma vie. Il est anéantissant de se rendre compte si tardivement à quel point toute son existence a pu être faussée par des idées de fou.
Je devrais tout relire et tout revivre. Je sais désormais de source sûre, de sensations sûres, personnelles, irréfutables, que mes sentiments ont pu être, ont été véritables .
Plus encore : des femmes désirent des hommes. Au même titre que des hommes. Se font rebuter. Tout comme nous. Et tout cela, je l’ignorais. Ne voulais pas le savoir. Et ne pas vouloir, c’est ne pas pouvoir. À l’opposé de ce qu’on vous serine d’un bout à l’autre de la vie - la mauvaise foi est en vérité la plus inaltérable des sources, de loin la plus inattaquable et la plus pure. « Va voir ailleurs » : physiquement, physiologiquement impossible. Ineptes représentations de ceux « qui n'en sont pas », « qui n'y sont pas ». Il n'y a définitivement de personne que celle qui vous repousse ou vous ignore - un seul et même sol pour tous, homme ou femme, implacable et même révoltante impitoyable équivalence.
Un seul et même insecte qui brûle et tombe.
Tu as payé très cher mes élucubrations et je me rends compte à présent combien je dois t’en demander pardon, sans humiliation, mais parce que je te le dois. Si tu veux traduire cette lettre, y répondre, ou non, tu es la seule à pouvoir en décider. Tu es la seule qui m’aies aimé ainsi, et je te l’ai si imparfaitement rendu.
B.
24 4 206.
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmD 76
D 76
Djanem rompt enfin avec Nils. Ne me veut pas, ne me veut plus. Prétexte : je n'ai pas eu de compassion pendant son congé de maladie. Je lui parle idéal, elle répond “poux dans la tête”. J'avais pourtant choisi mes grands mots un par un. Tant de sottise m'atterre (la sienne, la mienne...) Je n'ai rien fait pour elle, qu'a-t-elle fait pour moi ? mesure-t-elle à sa juste valeur ce marasme où me plongent à longueur d’après-midi les interminables assoupissements d’Arielle ? - tout le monde se fout de moi - qui va s’en apitoyer ?
Moi-même.
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77
Tu me demandes ce que je veux. Car je t'ai bien touchée dans mon dernier message. Ce que je voudrais ne m'est venu que par lente capillarité. : je ne veux que te voir, te contempler, nous aimer et souffrir, de quoi bien rire en vérité. Nul ne déclencherait le moindre mouvement, Tu serais en mon cœur et parfois dans mon lit sans doute, puis nous reprendrions chacun nos chemins sous la glace jusqu’au relais suivant de reprise du souffle à de plus ou moins longs intervalles. . C'est cette souffrance voluptueuse et sans projet que je nous convierais, en désirable avant-goût de la vie posthume. Tu es ce quel’on voit après la mort.
Juge après cela s'il conviendrait encore de nous fasciner ainsi. Ce n'est pas que je ne t'aime pas : c'est que je ne vis plus.. Ce monde n'était qu’en nous. Cela ne fait pas ton affaire. Tu t’es éloignée, vis à présent. Et qui peut dire avoir conservé la plus belle image.
N’ayant plus rien à perdre Djanem révèle : qu’elle s'était vautrée sur la bite à Lazare. Une fois. À la fois. Que leurs ménages s'étaient bel et bien fréquentés ; que j'étais bien borgne de tout ignorer. L'embarras de Kirsch esquivant mes questions prouve sans s’y tromper qu’elle a juré de se taire. Et que vertement reprise par Lazarus elle clabaude à présent vite fait sur sa fréquence et se viande sur son rattrapage. Toute affabulation ne montre qu’un vide de l’existence. Djanem ajoute qu'à mon âge, « le pauvre », parlant de moi, « il ne peut plus faire grand-chose » - un mauvais coup ? (« tu parles trop ; il faut tout de même se concentrer pour ces choses-là »
Étant donné son âge, nos amours sont plutôt platoniques.
Espèce de conne, c’est toi qui m’empêche de baiser.
D’autres recoupements se sont produits. Je n’ai pu l’en faire démordre en dépit de sa mort.
J’ai failli me persuader d’avoir tout dit moi-même.
Très influençable.
Noter que mon infarctus ne semble pas l’avoir affectée outre mesure. Je suis d’extrême droite. Elle défend les monstres inhumains qui ont massacré en bandant et en filmant. Elle leur trouve des circonstances atténuantes. Elle a disparu, bien disparu.
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